‹ Histoire nationale des Gaulois sus VercingétorixChapitre 107 sur 190 · Bell Gall, VII, xxxvii · texte numérisé non relu

Bell Gall, VII, xxxvii

décider les Vinàiieurs dn ver g obreith? Om, sans doute. Il est vrai que César, qui toute sa vie aspire à donner des chaînes à sa patrie, ne peut comprendre quelle magique influence ont sur les âmes bien trempées les appels aux armes en vue de sauver Tindépendance. Lui dont le cœur est si bas, il veut voir partout de la corruption, c'est-à-dire l'emploi de son moyen favori.

Les amis de Litavic et du vergobreith furent d'avis qu'on ne devait pas tarder à commencer les hostilités. Il ne fallait pas permettre aux partisans de César de tramer de sourdes iutrigues pour empêcher la Confédération de se soulever. Ils voulaient au contraire compromettre le pays tout entier par une action prompte et hardie.

Nous venons de dire que César avait encore des partisans à Bibracte. Quels étaient-ils? Quelques nobles sans doute, et beaucoup de druides. Les prêtres, oui, les prêtres, furent toujours pour la cause romaine. Nous verrons dans la suite de cette histoire des colliers d'or se rattacher plus ou moins sincèremeat au grand parti qui voulait sauver les Gaules. Divitiac fut toujours avec César, et nous pensons qu'on peut dire ep parlant de lui :

Ab uno ditce omnes.

Par lui seul, on peut les juger tous!

Après tout, peut-être que cette hostilité qui ne prenait point la peine de se dissimuler valait encore mieux que les perpétuelles fluctuations de la noblesse.

Il fut donc décidé que Litavic prendrait le commandement d'un corps de 10000 hommes pour aller renforcer l'armée romaine sous les murs de Gergovia^ tandis que ses frères se rendraient au camp de César. Il fallait endormir la vigilance du proconsul. Rien ne pouvait plus y contribuer en effet que la présence à Gondole des jeunes Eduens dont les Commentaires nous parlent.

Lorsque Litavic ne fut plus avec ses troupes, et le convoi de vivres qu'elles escortaient, qu'à une dizaine de lieues de

Gergovia, il rassembla tous ses guerriers et leur dit en répandant des larmes ambres :

€ Où allons-nous? Toute notre cavalerie, toute notre noblesse ont péri? Nos principaux citoyens Eporédorix et Viridomare ont été, sous prétexte de trahison, égorgés par les Romains, sans autre forme de procès. Écoutez ceux qui ont échappé au massacre, car pour moi, après avoir perdu mes frères et tous mes proches, la douleur m'empêche de vous en faire le récit. »

Litavic faisait allusion aux troupes éduennes qui étaient parties de Decetia avec César quand il avait formé le dessein de porter la guerre chez les Arvernes .

Alors parurent des hommes qui étaient fort au courant du rôle qu'ils devaient jouer. Ils répétèrent que César avait égorgé tous les cavaliers auxiliaires éduens et qu'eux-mêmes ne s'étaient sauvés du carnage qu'en se cachant au milieu de la multitude des soldats ^ !

Tous les guerriers du corps d'armée de Litavic poussèrent de grands cris en entendant ces paroles et conjurèrent leur chef de prendre toutes les mesures que la situation commandait.

Y a-t-il à délibérer? leur dit-il. « Avons-nous autre chose à faire que d'aller vers Gergovia pour nous joindre aux Arvernes? Doutons-nous qu'après un pareil forfait, les Romains n'accourent déjà pour nous égorger? S'il nous reste quelque courage, vengeons Un meurtre si indigne, et exterminons ces brigands. y>

La foule des guerriers, sur un gesle de Litavic, s'empara des citoyens romains qui se croyaient en sûreté au milieu des Éduens et les fit périr. Le convoi de vivres fut pillé. Surle-champ des messagers partirent pour Bibracte avec l'ordre de propager partout la terrible nouvelle du massacre des cavaliers et des colliers d'or, et d'encourager leurs compatriotes, ainsi abusés, à se lever en masse pour venger les malheureux lâchement égorgés au camp de Gondole.

Pour que la fable imaginée par Litavic ait pu si aisément

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