‹ Histoire nationale des Gaulois sus VercingétorixChapitre 109 sur 190 · Bell, GalL, VU, xlv · texte numérisé non relu

Bell, GalL, VU, xlv

bien véritablement ordonné Tassant de la place et qu'il avait promis à ses soldats avec le pillage d'autres récompenses encore. La tentative ayant échoué, le proconsul, qui n'admettait pas, étant de race divine, qu'il pût éprouver un échec, a dénaturé les faits comme à plaisir. Il nous dit qu'après la prise des trois camps, il ût donner le signal de la retraite, mais que, par malheur, il ne fut entendu que de la dizième légion qui était la plus rapprochée de lui. Il prétend que c'est à cause d'une assez grande vallée qui existe en cet endroit. Cette vallée, nous avons le regret de le dire aux admirateurs des CommentaireSy n'a jamais existé que dans l'imagination de leur auteur.

Nous savons de plus que depuis, son arrivée sous les murs de GergoviUy César avait toujours pensé emporter la place d'assaut, grâce à quelque surprise. Son récit est donc de tout point mensonger.

D'ailleurs^ les preuves surabondent, même en négligeant celle que nous fournit le proconsul lui-môme dans les paroles qu'il prête au centurion Fabius. Puisqu'il était maître de tout l'espace compris entre la Roche- Blanche et les murs mêmes de Voppiduniy pourquoi n'a-t-il pas fait répéter son signal plus près des légions rendues jusqu'aux abords de Gergovia? Rien ne lui était pourtant si facile s'il voulait véritablement les voir battre en retraite. Et puis, on ne comprend pas bien pourquoi le proconsul se fût contenté de la possession des trois camps enlevés par ses troupes, quand surtout il savait qu'une panique extrême régnait dans la ville.

Les Gaulois qui s'étaient portés vers la crête qui du côté du nord protégeait l'oppt^ftim, ne tardèrent pas à comprendre qu'ils avaient été le jouet d'une ruse de guerre. Cette crête formée de rochers en basalte, ils la croyaient menacée par les trbupes auxiliaires éduennes. Aux premiers cris qui frappèrent leurs oreilles, ils abandonnèrent les forliQcations qu'ils élevaient à la hâte pour renforcer certains endroits, et se reportèrent vers le côté opposé. Ils chargèrent les Romains avec furie. Les légions, qui se préparaient à tenter Tescalade et à rejoindre sur le rempart Fabius et les trois légionnaires, eurent bientôt à lutter contre des forces sans

cesse croissantes. Les femmes, qui naguère échevelées et les seins nus, suppliaient les guerriers de César d'avoir pitié d'elles, se voyant secourues, reprirent courage. Elles leur montraient leurs jeunes enfants qu'ils devaient par une victoire sauver de la honte d'être esclaves.

Vercingélorix que des messagers avaient averti de ce qui se passait à la porte du sud accourut de l'autre extrémité de la défense, où il se trouvait, c'est-à-dire des environs du Puy de Jussat. Il était à la tête de toute sa cavalerie, qui mit aussitôt pied à terre pour venir en aide aux troupes engagées. Les légions qui combattaient étaient au nombre de deux seulement; puisque César avait arrêté la dixième dans sa marche en avant et que trois étaient occupées soit à garder la Roche-Blanche soit à donner le change au Pen-Tiern par la fausse attaque contre Jussat. Elles eurent à supporter tout le choc de l'armée gauloise.

César comprit bien vite que les siens allaient être écrasés. Il ordonna à F. Sextius, qu'il avait laissé au petit camp, d'en sortir promptement avec toutes ses cohortes et de les placer au pied de la colline (la Roche-Blanche) sur la droite des assaillants, afin que $Hl voyait nos soldats repoussés, il intimidât l'ennemi et ralentit sa poursuite. » Le proconsul avait avec lui sa fameuse dixième légion. On ne s'explique pas qu'il ne l'ait pas lancée au secours de ses troupes, qui, au dire de l'auteur des Commentaires lui-même, fatiguées de la marche et d'une lutte prolongée, se soutenaient à peine contre des troupes toutes fraîches^, t^ La dixième légion était en effet la meilleure de toutes celles que le proconsul avait sous ses ordres, et elle n'avait point encore donné de toute la journée. Son apparition sur le champ de bataille aurait pu changer la face des choses. César ne semble pas avoir songé à ce moyen. Il se contente de s*avancer un peu avec elle et d'attendre l'issue du combat.

Que dire d'un général qui laisse écraser une partie de son armée quand il pourrait la dégager, et qui attend, im-

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