‹ Histoire nationale des Gaulois sus VercingétorixChapitre 124 sur 190 · R. Cortambert, Bibracte, p. 22 et · texte numérisé non relu

R. Cortambert, Bibracte, p. 22 et

les bijoux qu'ils portaient et les objets d'or et d'argent qui servaient dans toutes les cérémonies religieuses.

Il est probable que l'art de travailler l'émail avait été apporté aux haliitants de Bibracte par les Carthaginois qui, à une certaine époque, ont dû non seulement fréquenter cet oppidum aux époques des foires annuelles, mais encore s'y fixer volontiers. Ce qui le prouve, c'est le grand nombre de sépultures évidemment phéniciennes qu'on y a découvertes. Elles sont réunies sur un seul et même point et constituent un véritable cimetière.

A l'extrémité de Voppidum est situé un mamelon triangulaire auquel on arrive par une rampe étroite. Il est rasé en forme de siège et a, pour dépendance, un hémicycle aplani qui n'est séparé de lui que par une levée de terre. C'est sur ce mamelon que se rassemblaient les sénateurs de la confédération éduenne; pendant les séances, leurs chevaux et leurs chars les attendaient, gardés par des soldures et des ambactes.

Non loin de l'emplacement où siégeait le sénat de la confédération éduenne, se trouve une excavation qui d'ordinaire est remplie d'eau pluviale. C'est ïa fontaine des larmes. Elle est située au pied d'un rocher, qui bien évidemment a été travaillé. H. Bulliot pense que nous sommes en présence d'un de ces loci consecrali dont parle César. Ils étaient assez fréquents dans les cités gauloises. Sur le bord de cette fontaine des larmes, on vient encore la nuit déposer des offrandes.

La pierre de la Wivre, un autre rocher, nommé pierre salvée, ou pour parler plus exactement, croyons-nous, pt>rr^ saluée, avec quelques fontaines, sont les seuls endroits où les Éduens de Bibracte se réunissaient pour prier. Les fouilles n'ont amené la découverte d'aucune statuette ayant un caractère religieux. On a trouvé seulement de grossiers amulettes. Encore une fois, c'est au fond des forêts qu'avaient lieu les grandes cérémonies. Nous pensons que sur les flancs du Beuvray,qui étaient recouverts de bois mystérieux, il y avait plusieurs sanctuaires, et nous serions assez disposé à en voir un dans un lieu situé au bord d'une antique

route soigneusement empierrée, et où se dresse un rocher qu'on a évidemment taillé. Il porte le nom de clocher à cause de sa forme singulière ^ Les chemins qui donnaient accès dans Voppidum étaient bordés de tombes, dont un grand nombre ont été fouillées.

Bibracte avait tout un système de forts détachés, s'il nous est permis de nous servir de cette expression. Leurs ruines se remarquent toujours sur le « le mont Glandure au nord, le plat du Gaula, à Test, le Céris et mont Audué, au sud, qui forment une longue et étroite chaussée dominant, d'une part, la vallée de Malvaux, et la route taillée dans le roc qui domine cette vallée, et de l'autre, les voies et passages qui conduisent à Voppidum du cùté du sud-est ^ »

Connaissant maintenant l'endroit où les scènes que nous allons décrire se sont passées, nous reprendrons notre récit.

En entrant à Bibracte, Vercingétorix, du haut de ce plateau qu'on nomme la Chaulmey du latin culmus^ dut jeter un regard sur ses chères montagnes de l'Arvernie, pour puiser dans leur aspect la force de surmonter tous les obstacles qui allaient se dresser devant lui. La ville, avec ses maisons que l'art romain envahissait déjà, avec la splendide habitation du druide Divitiac, Tinquiétait. Il se fût trouvé plus à l'aise au milieu d'un oppidum puremenX gaulois. Il comprenait qu'ici lésâmes n'étaient plus homogènes; elles étaient formées d'un alliage impur.

Certes, la population de la grande cité fit au Pen-Tiern un accueil enthousiaste, mais cette réception même ne dut qu'accroître la jalousie des colliers d'or.

A voir de près le texte de César, il semble que Vercingétorix ait reçu deux fois à son camp une ambassade éduenneJ La seconde vint le trouver après l'incendie de Noviodunum. Si l'on ajouté foi, comme nous croyons qu'il convient de le faire en cette occasion, aux paroles du proconsul, nous voyons que le ton des députés n'avait pas été le même dans les deux cas. Dans le paragraphe lv du VIP livre des Commun-

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