Edu*, en breton, signifie blé
la patrie courait à sa perte. La multiîudey c'est-à-dire le peuple, fut appelé à se prononcer, et le peuple ordonna à tous les chefs assemblés de confirmer Vercingélorix dans le commandement suprême : MuUitudinis suffragiis res permittitur\ ad unum omnes Vercingetorigem probant imperatorem.
Nous avons eu soin de bien montrer quelle position occupait àdLïïsV oppidum le lieu de réunion des sénateurs éduens qui servait aux séances des députés de toute la Gaule. Nous avons dit qu'il était en quelque sorte isolé. Et pourtant nous voyons d'après le texte des Commentaires^ qu'il y eut une intervention du peuple. Nos ancêtres avaient, du reste, l'habitude, dans toutes les parties du pays, d'être admis à ce qu'on appelait des Concilia annota. Il y en avait au commencement de toutes les campagnes. Ces hommes, venus de tous les points du pays pour servir d'escorte aux députés, s'indignèrent un jour d'être dépossédés d'un des droits les plus chers à leur race. Peu leur importait à eux tous, qui ne souhaitaient qu'une chose, l'affranchissement de la patrie, toutes ces petites compétitions d'amour-propre. Vercingétorix avait défait les Romains sous les murs de Gergovia, Vercingétorix n'était pas Arverne à leurs yeux ; c'était l'homme de la nation tout entière.
Les Eduens, nous entendons parler ici des chefs seulement, ne s'inclinèrent qu'à regret devant les décisions prises. Eporédorix et Viridomare surtout, qui avaient compté l'emporter sur le Pen-Tiern, durent commencer bien vite à lui faire une sourde opposition. Us déplorèrent amèrement le changement de leur fortune, et regrettèrent les bontés de César.
La prudence leur fit garder secret leur ressentiment, qui tous les jours alla en augmentant. Ils saisirent la première occasion qui se présenta à eux d'implorer le pardon du pro- . consul, qui, comme on le pense bien,accueiHit favorablement leurs ouvertures. Eporédorix et Viridomare, ces traîtres^ après avoir négocié avec l'ennemi de leur patrie, continuèrent à jouer leur rôle infâme en paraissant toujours dévoués à la cause nationale.
Vercingétorix savait que les Éduens, désireux d'obtenir le
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principat, n'avaient rien épargné pDur attirer à eux les tribus gauloises. César nous dit qu'ils y dépensèrent beaucoup d'argent ; qu'ils usèrent dans ce but de tout leur crédit, de toute leur autorité : quantum gratiây auctoritate pecunia, valent ad solicitandos civitates nituntur. Le Pen-Tiern eut donc grandement raison d'exiger des otages., tout au moins des tribus qu'il croyait avoir été gagnées par Eporédorix et Viridomare. Il fixa le jour où ils devraient lui être livrés et ordonna la levée immédiate d'un corps de 15000 cavaliers. L'infanterie dont il disposait était, selon lui, assez nombreuse.
« Je ne veux pas, se plaisait-il à répéter, m'exposer aux hasards d'une bataille rangée. Avec une puissante cavalerie il me sera facile de couper les vivres aux Romains et de gêner leurs fourrageurs. Consentez seulement à détruire vos récoltes, à brûler vos maisons, et à ne voir dans ces pertes domestiques qu'un sûr moyen d'assurer à jamais l'indépendance de la patrie*. »
Vercingétorix veut donc qu'on reprenne le plan qui lui aurait réussi certainement, si au commencement de la campagne les Bituriges l'avaient strictement suivi en brûlant Avaricum.
Il résolut d'attaquer la Province pendant qu'avec le gros de ses forces il se porterait contre César. C'est pourquoi il demanda aux Éduens et aux Ségusîens, dont les descendants occupent de nos jours une partie du département du Rhône, de lui fournir 10000 fantassins, auxquels il joignit 800 chevaux. Ce corps de troupes devait se porter contre les AUobroges. Les contingents des Gabales, habitants du Gévaudan, et des autres peuplades dont le territoire touchait à celui des Arvernes, durent marcher contre les Helviens, habitants du Vivarai«, tandis que les Rutènes, habitants du Rouergue, et les Cadurques, habitants du Quercy, agiraient contre les Volskes ArécomiqueSy habitants du Bas-Languedoc. La Narbonnaise était de la sorte presque entièrement cernée; elle était, de plus, attaquée au nord et à l'euest.