CHAPITRE XII
Situation respective des deux armées. — Force numérique des légions de César. — Subdivision d'une légion romaine, d'une cohorte, d'une centurie. — La première cohorte. — Ce que 90a ancêtres enteodaient par le mot : frontières. — César lève son camp. — Alise Sainte- Reine. — Opinion d'Ours de Mandajors. — Alesia nova-mâ^dubio' rum. — La pierre gravée d'Alise et l'interprétation de Léopol Hugo. — Alaise en Franche-Comté. — Izernore en Bugey. — Examen critique de toutes ces localités. — izernore est la véritable Alésia. — Preuves à Tappui.
Il devient indispensable de déterminer les positions qu'occupaient les deux armées au moment où commença la dernière phase de la lutte gigantesque dont nous nous sommes fait les historiens.
Les Commentaires de César, disons-le tout de suite, ne nous sont d'aucun secours pour la détermination des localités. Il faut que nous cherchions la vérité dans les nombreux auteurs modernes qui ont pris le VU* livre des Commentaires pour sujet de leurs patientes «tudes.
Dans quel endroit César avait-il établi son camp? Nous nous trouvons en présence de nombreuses opinions qui toutes ne nous semblent pas être également soutenables. Parmi elles, nous nous attacherons à en discuter seulement deux qui nous ont plus particulièrement frappé.
M. Léon Faillie* pense que ce fut à Châlons-sur- Marne que le proconsul donna rendez-vous à ses légions victorieuses de Camolugèné. Ce point, ajoute notre auteur, était
1 . Léon Fallue, Sur les mouvements stratégiques de César et de Vercingétorix, avant le siège d* Alésia. 1 broch. in-8°. — Extrait de la Revue archéologique (xv« année) ; ce travail a été lu à l'Académie des inscriptions et belles-lettres (séance du 6 août 1858).
heureusement choisi puisqu'il était situé au milieu d'une peuplade dout Thostilité n'était pas à craindre. « Pour que des cavaliers isolés et mal montés aient pu rejoindre sans obstacle l'armée romaine, il a fallu que de Mayence, par exemple, ils aient traversé les territoires de Trêves et de Reims dont les peuples, ainsi que les Lingons, n'avaient pas voulu entrer dans la confédération gauloise fondée à Bibracte pour la délivrance de la patrie*. »
M. Quicherat, dans sa brochure intitulée la Question d'Alésitty admet, aussi bien que le duc d'Aumale, que César avait son campement à Vitry-le-François. Nous n'avons pas d'autre objection à faire à ce système que la suivante. Le proconsul, à Vitry, était plus près de l'ennemi et nous pensons, au contraire, qu'il avait dû se poster loin de lui pour trouver plus facilement les vivres dont son armée avait besoin, et surtout, nous insistons sur ce point, pour être plus à portée de recevoir promptement la cavalerie germaine qui lui était indispensable pour ses opérations.
D'un autre côté, n'est-il pas naturel d'ajouter que César, en se plaçant un peu plus au nord, s'assurait, le cas échéant, le secours des Rèmes et des ïrévires?
Telles sont à nos yeux les raisons qui militent en faveur de la première opinion.
Ceci dit, nous devons établir les forces respectives des deux armées. Celles du proconsul se composaient de onze légions que nous décomposons de cette manière : dix légions qui étaient celles de ses campagnes précédentes, et une onzième procurée par Hirtius^.
Quel était l'effectif d'une légion? Les auteurs diffèrent beaucoup à cet égard. Sextus Rufus, dans son Breviarium, 6, ne la porterait qu'à environ 4000 hommes : € C. Cœsar cufn decem legionibus quœ quaterna millia militum habuerunt. ^ Dans son Traité de Fart militaire^ Vegèce, qui Aivait, il est vrai, dans la seconde moitié