AXsffiocv iro>.iv Mavâuêia>v optcopoéTi; Apovepvoi
et ne fut pas plus heureux. » Alors les choses étant ainsi, il est clair que malgré ce qu*il nous apprend dans les CommentaireSy César n'eut pas d'autre chemin à suivre que celui qui menait aux Cévennes.
Ours de Mandajors ne manqua pas de citer des lieux-dits pour étayer sa théorie. Il fallait qu'il plaçât les Lingons et les Séquanes sur la rive gauche de la Loire. La petite ville de Langogne, sur les confins du Yelay et du Gévaudan, fut à ses yeux la capitale des premiers, et il donna Orange aux seconds comme oppidum. On lit sur la carte des Gaules Arausio Secondanorum. Suivant notre archéologue, Secondanorum n'est là que par la faute d'un copiste. Il faudrait lire : Sequanorum.
Maintenant pour expliquer comment Labiénus a pu passer . la Loire qui, au contraire, présenta à son général une barrière presque infranchissable, il nie qu*Agendicum soit Sens ou Provins. Il veut que ce nom désigne Angers. Il est donc facile de comprendre qu'il ait pu la travercer aux Ponts-de-Cé, où nous savons que de toute antiquité un pont a existé.
Un ami des arts, Thiéron (de l'Aube), a repris cette thèse, et l'a appuyée d'un texte de Florus, d'après lequel il serait évident que toute la guerre a eu l'Arvernie pour théâtre.
Nous ne pensons pas qu'il faille attacher la moindre importance au texte de Florus, au moins en ce qui concerne la position de la place forte qui nous occupe. Cet auteur, en quelques lignes, entasse les erreurs les plus extraordinaires. Il ne confond pas seulement Alesia et Gergovia, il fait rendre encore cette dernière ville à César.
M. Thiéron voit dans le nom de Monde et dans celui d'Andu^e le souvenir des Mandubiens.
Nous avouons très humblement que cette étymologie ne nous semble pas prouvée*. Nous trouvons aussi que la situa-
1. Voyez pour plus de détails : Réfutation de l'opinion qui tendrait à placer V ancienne A lésia de César près de la ville d*Alais dans le département du Gard, par M. Berlier flls, in Mém. de lacommiss. des antiquités du département de la Côte-d'Or, 1841, in-4o.
HISTOIRE YjATIONALE DES GAULOIS. 373
tion de César établie par le même auteur nous semble bien aventurée. Il cite les paroles de Critognat prononcées pendant le siège et rapportées par le proconsul. Le guerrier héroïque, s'adressant aux défenseurs de la place, leur dit: € Regardez près de vous, voyez la partie de notre patrie qui a été réduite en servitude. Ses lois et coutumes sont changées ; soumise aux haches romaines, elle plie sous le poids d'une servitude qui ne finira points » Selon M. Thiéron, cette phrase indique d'une façon fort claire qu'Alésia est près de la Narbonnaise.
Vingt autres textes du même César contredisent cette opinion et nous donnent la véritable valeur de ce passage.
Nous ne voulons pas pousser plus loin cette discussion qui montre qu'Ours de iMandajors a raison en un point; c'est quand cet auteur veut qu'AIais soit de fondation mandubienne. Seulement il fait remonter trop loin dans l'histoire l'origine de cette ville. Florus^etDiodore de Sicile nous affirment chacun à leur manière que César détruisit Âlésia. De plus, Hirtius au viii® livre des Cammentaires nous montre quelles étaient les craintes des habitants iV Uxellodunum en songeant au malheureux sort d'Alesia.V oppidum des Mandubiens fut donc détruit, probablement^par un incendie, ce moyen rentï*ant dans les habitudes du proconsul. Les restes de la population vaincue émigrèrent. Pline, en nous donnant le nom du municipe romain qu'Ours de Mandajors assimile à l'Âlésia des Commentaires, VsLp^elle Alesia novaMandubiorum -. N'est-il pas naturel que des fugitifs, des exilés, se soient plu à donner à leur nouvel établissement un nom dont le souvenir leur était cher? N'avons-nous pas dans nos temps modernes de nombreux exemples de pareils faits? Qu'est-ce que New-York, New-Jersey, qu'est-ce que la Nouvelle-Orléans, la Nouvelle-Grenade?
Pendant qu'on était sur la pente de rechercher partout
1 Respicite finitiman Galliam, quœ in provincia redueta jure et legibus commutatis, tecurlbut subjecta perpétua premitur aervUute (BeU. GalL, VU, lxxyii, in fine),