Géographie de la Gauley II, p
2. Flumen est Arar quod per fines Œduorum et Sequanorum in Rkodanum inftuit, La Saône, qui forme la limite commune des Éduens et des Séquanais, verse ses eaux dans le Khône. {Bell. Gall.y I, xii.)
3. Après la bataille d'Autun (BelL Gall., I, xxvi) : Ea tota nociecontinenter ierunt {Helvètii) : nullam partem noctis itinere intermissOy in fines Lingorum die quarto pervenerunt. (Les Helvètes continuèrent leur route sans faire halte et sans prendre aucun repos même pendant les nuits, et arrivèrent le quatrième jour sur les terres des Lingons.)
A. Nous savons qu'Eporédorix et Viridomare, dans le but de couper aux Romains le passage de la Loire, avaient placé sur les bords de ce fleuve des corps nombreux aux environs de Noviodunum Œduorum* Les Commentaires ajoutent (VII, lvi) : Contra omfUum opinionem ad Ligerim pervenit (Ccesar) ; vadoque per équités invento^ pro rei nécessitât,
opportuno hostibus primo aspectu perturbatis incolumem exercitum
transduxit : frumentum que in agris et eopiam pecoris nactus, repleto iis rébus exercitu, iler in Senones facére instituit. César parvint à la Loire au moment où Ton s'y attendait le moins. Sa cavalerie ayant trouvé
donc. 11 est facile de reconnaître que les Séquanais et les Lingons habitaient côte à côte ^ Donc, dit M. Gravot, dans son Étude sury rAlésia de César. « les pays des Lingons, des Séquanais, des Sénons, des Éduens se coudoyaient les uns les autres ; les uns les autres, ils confondaient leurs bornes ; en sorte qu'entre eus on ne saurait trouver place pour aucun autre, quelque petit qu'il fût. »
11 n'est point surprenant qu'avant César aucun hislorien ne nous ait entretenu des Mandubiens qui formaient un petit peuple perdu au fond des montagnes. Ils étaient à peine Gaulois puisqu'ils habitaient tout à fait sur la frontière. Nous savons que bon nombre de tribus avaient des noms romains ou grecs qui étaient une traduction des mots gaulois qui servaient à les désigner. S'il faut donner ici quelques exemples, rien n'est plus facile. N'avons-nous pas les Tectosages, de tecti sago, couverts de la saie ; les Petrocorëis, peaux de moutons, vêtus ou préparateurs de peaux de moutons; les Sénons, les anciens, dont le nom celtique avait pour racine heu, ou sen^ vieux, et partant, honorable ; les Diablinthes, rusés, dissimulés, de ha. et pXîjTixoç?
Partant de là, ne sommes-nous pas fondés à voir dans le mot : Mandubien, non la racine Duhis, Doubs pour la seconde partie, mais bien plutôt la racine dubius, douteux. La peuplade qui nous occupe n'était-elle pas douteuse comme nationalité, étant sur la frontière? Ce qui nous fait préférer cette version, c'est que les tribus gauloises tiraient assez rarement leur nom des particularités géographiques de la région qu'elles occupaient. Il y en a pourtant des exemples, tels que les Arvernes, les Asturenses, dont le territoire était traversé par TAtur (Adour), etc.
Le Man de Mandubien fait songer à deux solutions. Il
uh gué assez commode, son seul aspect terrifia les ennemis ; aussi iraversa-t-il le fleuve sans encombre. César trouva la campagne couverte de blé et de troupeaux, en fit un ample approvisionnement et se dirigea vers les Sénons .
1. Bell. Gall., VU, Lxvi : Quam Ccuar in SequttnoK pei' extremo» Lingonum fines iter faceret (Au moment où César se dirigeait vers le pays des Séquanes par l'extrême frontière des Lingons).