Gravot, Etude sur VAlésia de César
2. Ne dit-on pas en latin Ludovicus à la place de Ghlodowig ?
On conçoit que la ville elle-même ait perdu son ûom, puisque les vainqueurs la détruisirent de fond en comble, d'après le témoignage des anciens auteurs. La cité galloromaine qui prit sa place fut appelée différemment. Les Romains n'avaient aucun intérêt à laisser subsister le souvenir d'un oppidum qui avait été le premier milieu sacré des Gaules, et son centre de civilisation. Il valait mieux pour eux que les Gaulois ne songeassent plus au plateau d'Alesia. S'ils purent faire oublier le nom de Voppiduniy ils ne purent changer celui de la forêt qui l'avoisinait et qui peut-être renfermait son sanctuaire. Nos pères à la longue chevelure furent bien contraints d'adopter, pour la ville, la dénomination nouvelle.
Un autre village, entouré de bois, nous parle aussi de la religion de nos pères. Nous voulons parler de Bélignat. Si nous nous reportons aux origines A'Alesia, nous pouvons peut-être avancer que dans les bois de Bélignat, le culte du Baal phénicien précéda celui du Bel ou Belen gaulois.
Revenons maintenant à Vercingétorix.
Son premier soin, en arrivant à Alesia, fut de faire camper ses cavaliers derrière la ville, c'est-à-dire du côté opposé à la plaine par laquelle les Romains devaient déboucher. Le Pen-Tiern trouva une sorte de petit vallon où il se retrancha au moyen d'un fossé et d'un mur de pierres sèches de six pieds de hauteur.
Voppidum était rempli de Mandubiens réfugiés avec leurs troupeaux et leurs provisions.
César, nous l'avons dit, ne tarda pas à paraître devant la place dont sur-le-champ il voulut reconnaître les approches. De cette inspection, il rapporta la certitude qu'il ne pourrait s'en emparer qu'après un longsiège. Aussi fit-il entreprendre tout de suite une ligne de circonvallation qui n'avait guère moins de onze mille pas de circuit. De distance en distance^ on construisit des redoutes dont le nombre s'éleva à 23. Elles étaient solidement occupées par des postes nombreux qui veillaient nuit et jour.
Vercingétorix tenta une sortie vigoureuse pour tâcher d'empêcher l'investissement de la place. Dans la plaine de
trois mille pas qui s'étendait devant Voppidumy il y eut donc une rencontre de cavalerie. De part et d'autre, on combattit avec acharnement. Si véritablement Vercingétorix avait eu les 80 000 hommes d'infanterie que certains auteurs mentionnent, il n*eût pas engagé, à coup sûr, ses cavaliers sur un terrain sillonné déjà de travaux commencés. Surtout, en admettant qu'il l'eût fait, quand César fit sortir les légions de leurs campements pour les ranger en bataille, quand les Germains entrèrent en ligne, il aurait fait appuyer ses troupes engagées par le reste de son armée. Les Germains unis aux cavaliers légionnaires chargèrent les Gaulois, déjà fatigués, (c Ces derniers prirent la fuite, s'embarrassèrent par leur nombre et s'entassèrent aux portes étroites qui leur restaient. Les Germains en firent un grand carnage. Plusieurs, abandonnant leurs chevaux, essayèrent de traverser le fossé et de franchir le mur. César fit avancer un peu les légions qu'il avait placées à la tête du camp : ceux même d'entre les Gaulois qui étaient derrière les retranchements s'effrayent; et, croyant qu'on vient à eux, ils crient aux armes, quelques-uns se jetèrent tout tremblants dans la ville. Vercingétorix fait fermer les portes, de peur que le camp ne soit abandonné. Les Germains se retirèrent après avoir tué beaucoup de monde et pris un grand nombre de chevaux^ »
Celte panique aurait-elle été possible, si Vercingétorix avait eu d'autres fantassins que ceux qui lui étaient fournis parlesMandubiens réfugiésdans Voppidum et qui servaient à garder ses murailles? Tous les chiffres des effectifs cités par César sont, à nos yeux, autant de calomnies et de mensonges. Quand, à tête reposée, il composa ses Commentai^ reSy il voulut que son récit frappât l'imagination des Romains, il voulut se grandir et pour cela il employa des moyens déloyaux, des moyens méprisables que lui suggéra son caractère ambitieux.
Ce récit du premier combat sous les murs {['Alesia est plein de contradictions. Quand on analyse les mots, quand on prend les uns après les autres tous les membres de