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VercingétoriXf p

ÂHa HISTOIRE NATIONALE DES GAULOIS.

César dut être en rapport constant avec les principaux chefs des Eduens, qui, nous Tavons vu, à partir du jour où le commandement suprême fut confirmé à Vercingétorix, regrettèrent d'avoir poussé leur pays à un soulèvement.

Si avec J. Maissiat et bon nombre d'auteurs, on admet que Vercingétorix avait bien avec lui 80 000 hommes, il semble difficile que Tarmée de secours ait .pu être réunie en un laps de temps aussi peu considérable ; tout devient naturel, au contraire, si on ne lui donne qu'un corps de cavalerie. Les troupes qui étaient déjà réunies à Blbracte quand le Pen-Tiern en partit avec ses 5000 hommes seulement pour se lancer à la poursuite de son terrible adversaire, formèrent le noyau autour duquel vinrent se réunir successivement les guerriers des autres nations.

Nous avons dit que les Bellovakes n'envoyèrent que 2000 hommes, au lieu de /l 0000 qu'on leur demandait, et encore ils ne consentirent à le faire qu'à la prière de l'Atrébate Comm, qui était leur allié. — «Ce Comm, quelques années auparavant, avait servi utilement César; en reconnaissance de ses services, celui-ci avait affranchi sa nation de tout tribu, lui avait rendu ses privilèges et ses droits, et même lui avait assujetti le territoire des Morins. » Le proconsul, auquel nous venons d'emprunter ces détails, ajoute « que l'empressement universel des Gaulois pour recouvrer leur liberté et la gloire antique de leurs armes fut tel, que tout sentiment de reconnaissance et d'amitié disparut de leur souvenir*.»

Nous pensons que César nous cache quelque chose \ Comm ne dut pas cesser d'être à sa dévotion.

L'armée de secours fut passée en revue sur le territoire éduen. Il n'eût fallu qu'un seul chef à sa tête. On en npmma quatre. Le choix tomba sur Comm, Viridomare, Eporédorix et Vergasillaune, un Arverne, cousin de Vercingétorix.

Sur ces quatre brenns, trois étaient dans la main de César c'est-à-dire traîtres à la patrie.

i. BelL GalL, VU, lxxvi.

HISTOIRE NATIONALE DES GAULOIS. iU

L'esprit particulariste des chefs gaulois éclate encore ici dans tout son jour. Nous voyons dans les Commentaires qu'on choisit dans chaque cité un conseil pour diriger la guerre.

Retournons maintenant sous les murs d'Alésia.

César ne se fia pas seulement aux intrigues qu'il avait nouées à Bibracte. Dans le terrain le plus uni qu'il put trouver, et dans un circuit de quatorze jnille pas, il fit tirer une contrevallation tournée contre les attaques du dehors ; afin que, si la cavalerie envoyée par Vercingétorix ramenait avec elle de nombreux secours, la foule même des ennemis en pût investir les retranchements; voulant encore épargner à ses soldats le danger de sortir du camp, il ordonna que chacun d'eux se pourvût de vivres et de fourrages pour trente jours.

Les assiégés, de leur côté, ne restaient point inactifs. Ils tournèrent tous leurs efforts à rendre inutiles les pièges dont le proconsul avait semé les abords de la circonvallation. Ils voulaient que, lorsque apparaîtrait l'armée de secours, rien ne s'opposât à l'attaque des retranchements romains. C'est pour cela qu'ils s'avisèrent, par exemple, de remplir de terre des quantités de sacs qu'ils jetèrent à profusion devant la circonvallation de César.

L'inquiétude était grande à Alésia. L'époque oûlessecours devaient arriver était passée; il n'y avait plus de vivres. Les assiégés ne savaient rien de ce qui avait été 4écidé à Bibracte. Il fallut convoquer un conseil de guerre pour délibérer sur ce qu'on devait faire. La séance fut très tumultueuse, et les avis se partagèrent. Les uns voulaient se rendre, d'autres conseillaient de faire une sortie, tandis qu'il leur restait encore assez de forces.

Critognat, un guerrier arverne d'une haute naissance et d'une bravoure qui commandait le respect, se leva au milieu de ^l'assemblée et dit :

<c Je ne parlerai point de l'opinion de ceux qui donnent le nom de capitulation au plus honteux esclavage; ils ne méritent point d'être comptés au nombre des citoyens, ni admis à ce conseil. Je m'adresse à ceux qui proposent une sortie,

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et dont l'avis, comme vous le reconnaissez tous, consen-^e ou moins la trace de notre ancienne valeur. N'y a-t-il pas plus de*faiblesse que de courage à ne pouvoir supporter quelques instants de disette? N'est-il pas moins rare d'affronter la mort que de savoir endurer la douleur? Et encore, je me rendrais à cet avis, tant l'honneur a d'empire sur moi, si je n'y voyais de péril que pour nous-mêmes ; mais, dans notre résolution, il faut envisager la Gaule tout entière, que nous avons appelée à notre défense. Lorsque 80 000 hommes auront péri dans cette plaine ^ quel sera, pensez-vous, le courage de nos parents et de nos proches, s'ils sont forcés de combattre sur nos cadavres ? Ne privez point de votre secours ceux qui s'oublient eux-mêmes pour nous sauver la vie ; n'allez point, par imprudence, par témérité ou par faiblesse, perdre toute la Gaule et la livrer à une éternelle servitude. Quoi ! parce qu'ils ne sont pas arrivés au jour fixé, vous douteriez de leur foi et de leur constance ! Pensez- vous donc que les Romains travaillent chaque jour, sans de bonnes raisons, à de nouveaux retranchements? Si les messages des Gaulois ne peuvent se faire jour jusqu'à vous, croyez-en pour témoignage de leur approche ces travaux assidus des Romains épouvantés.

» Quel est donc mon avis? de faire ce que firent nos an^ cêtres dans la guerre bien moins dangereuse des Cimbres et des Teutons. Renfermés dans leurs places, également pressés par la disette, ils soutinrent leur existence avec le corps de ceux que leur âge rendait inutiles à la guerre, et ils ne se rendirent point. Si cet exemple nous manquait, il nous faudrait, en faveur de la liberté, le donner et le transmettre à nos descendants. Jamais guerre ressemblât-elle moins à celle-ci ? Les Cimbres au moins, quand ils eurent ravagé la Gaule et désolé notre contrée, s'éloignèrent enfin de nos frontièreset cherchèrent d'autres pays; ils nous laissèrent nos droits, nos lois, nos champs, notre liberté. Mais les Romains^ que demandent-ils? que veulent-ils? Jaloux de tous ceux qui se distinguent par leur puissance ou par leurs armes, ils ne

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