Albert Réville, Revue des deusmondes, i" sept- tB7T, p. t
as HISTOIRE NATIONALE DES GAULOIS.
En ce moment Vercîngétorix dut renirec en lui-même et dans une de ces rêveries si fréquentes chez les hommes de sa race, l'avenir se déroula devant lui comme un océan aux
vagues énormes et soulevées par la tempête. II dut voir sur cet océan sa frêle barque guidée par une druidesse, son Egérie, et ce frêle esquif portail cependant non sa l'ortune,
mais celle des Gaules (fig. 14Q). Au nord comme au midi, partout enfin, l'aigle romaine laissait s'échapper de ses serres de rouges éclairs qui menaçaientle sommet desonder-
nier oppidum. L'orage grondait, la foudre et l'éclair illuminaient les nues sombres. Et cependant jamais un seul instant Vercingétorix ne désespéra. C'est que notre héros voyait à ces clartés passer dans le ciel l'image de la sainte Patrie qui soutenait son cœur et lui enjoignait de poursuivre malgré tout sa route. ^
(Aléiia) (FniMlic-Coinlii).
Enfin un jour Comm, qui commandait peut-étrç l'avantgarde de l'armée de secours, parut devant Alésia. A la vue de ces frères et de ces amis qui accouraient pour les délivrer, les guerriers de Vercingétorix oublièrent toutes leurs souffrances passées. Une immense acclamation s'éleva vers le ciel. Us se crurent sauvés, ne pouvant pas se douter que toute cette multitude dont ils voyaient reluire les boucliers émaillés et les saies aux couleurs éclatantes étaient conduite par des traîtres.
Notre ligure 150 montre un chef gaulois, il tient à sa main droite la hampe de sa lance, dans la gauche un bouclier, à sa ceinture est attachée une hache simple; mais les Gaulois
avaient aussi des haches à deux tranchauts, comme le
Pis. t5(, — Plan d'ua» dei lombci du lumului ii r«tt«u]-l»-M>«iiii>n.
Fifl. 155. — CDDpe de ta dgiat 151.
montre notre ligure 151 qui représente une de ces armes
d'après un bas relief de Tare de triomphe d'Orange. Un autre bas-relief du même monument (fig. 152) représente un Gau-^ lois combattant un Romain, on y voit un bouclier de forme ovale ; souvent ceux-ci étaient couverts de dessins émaillés ; d'autres fois leur ornementation élait gravée et perforée dans le métal, comme peut en témoigner notre figure 153, qui montre un bouclier restauré d'après les fragments retrouvés à Alaise (Alésia) la fausse Alaise de la Franche-Comté.
Les dolmens de forme élevée nous ont souvent conservé des armes et des ustensiles divers des Gaulois, surtout ceux qui présentent une sorte de grande chambre sépulcrale, comme l'une des tombes du tumulus de Fonlenay-le- Marmion que représentent nos figures. 154 et 155 en plan et en coupe.