‹ Histoire nationale des Gaulois sus VercingétorixChapitre 166 sur 190 · Bell, gall., Vil, lxxxiii · texte numérisé non relu

Bell, gall., Vil, lxxxiii

gioos , mais grâce à la perfidie de trois brenns, dç trois traîtres que nous avons déjà nommés. On n'accuse d'ordinaire que les deux chefs Éduens du désastre d'Alésia, mais certainement l'Alrebate Comm est aussi coupable qu'eux. En effet, pourquoi lui, qui commandait un quart de l'armée, n'at-il pas porté secours à Vergasillaune ? Et puis, pouvons-nous oublier que jadis il avait été comblé de bienfaits par César?

L'auteur des Commentaires nous apprend que du haut de la citadelle d'Alésitty Vercingétorix vit qu'une action décisive cette fois s'engageait. Nous ne pensons pas que le plateau du Fossard ait porté d'autres fortifications que les remparts de Voppidum, et il faut, suivant nous, traduire simplement « eœ arce Alesiœ » par la partie la plus élevée de la ville. Nous nous fondons sur ce qu'à Bibracte, dont on connaît les moindres détails, grâce aux récentes fouilles, de même qu'à Gergovia, il n'y a point de citadelles.

Le Pen-Tiern sortit de la place avec tout ce qu'il avait encore de guerriers. Il leur avait enjoint d'emporter avec eux de longues perches, des galeries couvertes, des faux, enfin tout ce qui avait été préparé pour l'attaque.

La bataille s'engagea bientôt avec acharnement. César nous affirme que ce fut sur tous les points à la fois : pugnatur uno tempore omnibus locis acriter atque omnia tentantur *. Il y a là une imposture évidente, puisque la lutte était circonscrite en deux endroits seulement. Ce qui est vrai, c'est que les légionnaires devaient être fort inquiets. Ils devaient penser que l'attaque des Gaulois allait bientôt être générale.

Le proconsul s'était posté dans un lieu d'où il pouvait aisément voir tout ce qui se passait sur le champ de bataille. Comme on le conçoit bien, ce fut surtout contre Vergasillaune que les Romains dirigèrent tous leurs efforts. Les guerriers que le vaillant Arverne commandait se relevaient sans cesse. Tandis que les uns lançaient des grêles de traits, les autres se couvrant de leurs immenses boucliers pouvaient arriver jusqu'au pied du retranchement. — La

Page 1