‹ Histoire nationale des Gaulois sus VercingétorixChapitre 34 sur 190 · Fortunat · texte numérisé non relu

Fortunat

2. Dissertation s\ir les instruments de musique employés au moyea âge.

dénommés vielles, tandis que vielle désignait au moyen âge une sorte de violon.

M. de la Villemarqué pense que c'était une sorte de tangulaire et à quatre cordes qui n'avait pas d'échancrure pour laisser passer l'archet '.

Fétis * est d'une opinion différente, il donne le Tac-simile d'une vieille miniature qui, selon lui, représente une rote : elle n'a que trois cordes au lieu de quatre.

Les Gallois appelaient crw'tk la rote que nos Cambriens de l'Armorique désignaient sous le nom de croutk. ou mieux de crouth tkithant. Ces dénominations dérivent du celtique cruisigh, qui a pour racine ftr«*',en sanscrit crier.prodMire des sons puissants. Crusigh veut dire musique. Il fallait k coup sûr tenir en grande estime l'instrument qui nous occupe pour le désigner par un semblable terme.

Abordons ici un autre problème :

Les Gaulois avaientils des instruments de percussion? Nou s ignorons s'ils possédaient des instruments analogues au tambour, mais nous savons fort bien

qu'ils se servaient fig. ib. — Bmiciier eiuiuis (tac).

de leurs boucliers

pour leur faire rendre des sons, lorsqu'ils exécutaient, par exemple, la fameuse (ianse de t'épée; ils rythmaient leurs bonds par les coups frappés sur leurs boucliers.

Les boucliers gaulois (fig. 18 et 19) nous les connaissons.

i. Bariat-Breit, Introduction, p. 31, 5* éd.

i. Hist. géaéi: de la musique, IV, p. 347 .

Ils étaient en bronze et portaienL des bosses, des portions de sphères plus ou moins saillantes ; ces pièces de métal bosselées peuvent nous servir à résoudre la question qui nous occupe.

Dans les poèmes d'Ossian, il est souvent question des boucliers armés de bosses en bronze qui rendaient des sons dilTérents suivant qu'on frappait sur l'une ou l'aulre de ces bosses; celles-ci s'appelaient les voix de la guerre, pditce que, lorsqu'ils étaient en campagne, les chefs se servaient d'elles pour transmettre leurs ordres, et s'il

P,<,. 4«. - Bp.dic,. e.ulpi. |.„vcr.) ^^"* ,''^'''^'' , ""

exemple au milieu

.detousceuïque les œuvres du grand barde nous fournissent, nous citerons le passage suivant du poème appe\é€ La guerre de TemoraK »

« Cathmar prend ses armes et marche vers un endroit où son bouclier était suspendu à un arbre au-dessus des ondes du Lubar. Sept bosses s'élevaient sur son bouclier. Ce sont les sept voix de la guerre que les venls apportent à ses chefs et les chefs distribuent ses ordres à ses tribus... »

Toute la race celtique avait pour ainsi dire dans les divers pays qu'elle a occupés les mêmes mœurs, les mêmes coutumes et les mêmes symboles. On peut voir dans les vitrines du musée de Dublin les mômes petits sangliers en bronze qui servaient d'enseignes aux Gaulois ; de pareils sangliers se voient également dans le musée de Saint-

t. OssUn, trad. )', Christian, Laguerre de Temora, cli. i".

Germain ; nos figures 20 et 21 montrent deux de ces enseignes.

La musique nous fournira une autre preuve de cette invariabilité des coutumes et des mœurs celtiques.

A Cimbris-Hamn, cette localité de la Scandinavie dont le nom fait songer aux Kyraris de notre Bretagne, il existe dans la fameuse chambre sépulcrale de Kiwick des dessins gravés d'une façon barbare. Quelques-uns représentent des hommes sonnant dans des trompes immenses qui rappelent les camix.

Fis. ai. — EniElenc fuloiie (3* Vpt).

Les Gaulois se servaient encore de pierres comme instruments de musique. Près de plusieurs dolmens de la Bretagne, on remarque des pierres qui ne sont point de même

nalure que les roches environnantes. La tradition veut qu'on les frappe encore. Toutes les fois que nous sommes en préseace d'une de ces pierres sonores, notre souvenir peut et doit se reporter vers le passé. Les Gaulois, qui aimaient tant les pierres qu'aucun outil n*avait entamées, durent de bonne heure être frappés du son que pouvaient reiidre ceilaines roches; ils nommaient celles-ci pierres chantantes. Tels sont les principaux renseignements que nous possédons sur les instruments' de musique de la Gaule.

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