‹ Histoire nationale des Gaulois sus VercingétorixChapitre 35 sur 190 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

LVl gaulois. — Le» Gaulais n'oni pas d'archileclure. — Le» types d'ornemenlation gauloise. — Sjmbalisine de la lune el du loleil. — Lu fougère. — L'émailleria gauloise; lea fabriques de Bibracle. — L'ur' nemeotation gauloise reproduite par les broderies bretonnes. — Les casques d'origine orienlale et les casques gaulois proprement dits. — Ce qu'on trouve dans les sépultures gauloises. — Silex, os, céramique, bromes, fers, verreries, tinaux, monnaies. — Poinçons, pointes de floches el de javelots, grattoirs et couteaux en silex. — Aiguilles, outils, euiUières, narpons en os, — Les différentes formes des poteries gauloises. — Armes, épées. glaives, poignards ; fibules, couteaux, rasoirs et torques en bronze. — Bossettes. uocaides fronleaux, boucles, iigrafes aiguilles cure-donts, cuillières en bronze. — ^Objelsde brome érnaill es. — Numismatique gauloise. — Coupe d'argent d'Alise Sainte-Reine. — Bracelet en or massif. — Art gallo-romain. — Quel sens devons-nous attacher à cette dénomination. — Quelques monuments gallo-ro-

Les Gaulois n'ont pas d'architecture ; en clfet, on ne peut

considérer comme monuments de cet art la cabane gauloise ainsi que les constructions celtiques ou druidiques. Mais si

S ancêtres n'ont pas d'architecture, l'ensemble de leurs u

tensiles, de leurs bijouï, de leurs armes, de leur poterie, tout cela constitue un art véritable dont les traces n'ont pas

entièrement disparu de notre pays, puisque l'ornementation gauloise se retrouve en partie reproduite sur les broderies

bretonnes modernes. Nous aurons bientôt l'occasion d'établir un parallèle entre ces deux genres d'ornementation. Les Gaulois emptojaient dans leurs dessins un certain nombre de signes, d'ornements, qui se reproduisent sans cesse. Parmi les plus usuels nous en trouvons deux qu'ils affectionnaient plus pvticulièrement : l'un se compose d'une li^e droite,

l'autre d'une ligne brisée qui forme ce qu'on nomme dents de loup. (fig. 24.)

On peut dire que ces deux motifs sont la base de l'ornementation gauloise et dérivent d'une idée religieuse. Lorsque des tribus cbassées de l'Orient vinrent se fixer en Europe, elles avaient pour divinités principales le soleil et la lune; or le soleil était représenté par une ligne droite qui rappelait sans doute la forme de ses rayons; mais la lune était plus

dirGcileà (igurer; les Gaulois, du reste, u'admettaient pas la reproduction matérielle de la divinité, ils ne pouvaient donc songer à peindre ou à sculpter un croissant ; ils eurent alors recours à un expédient. Dans les bois, surtout te soir, dans les vallées, s'élèvent des vapeurs que le jourchasse et dissipe ; la lune a de plus une action sur les marées. L'astre des nuits devint en tjuelque sorte le principe aqueux, de même que le soleil fut le principe igné. Le soleil étant le feu, la

lune fut l'eau ; c'est pourquoi le symbole de celle-ci fut la ligne brisée, une suite deîlents deloupetde Hgnesondulées qui rappellent la forme des vagues. Ce genre d'ornementation l'ut même employé pendant le moyen âge; on le retrouve sur un grand nombre de sculptures de cathédrales et sur divers au^s monuments. La religion se perfectionnant, les Gaulois comprirent que le soleil et la lune n'étaient pas les dieux suprêmes ; Eusus le terrible apparut; on lui chercha un emblème, ce fut le cercle, et ce signe qui symbolisait le maître de l'univers passa dans l'ornementation générale; on grava des cercles sur des poteries (fig. 2S), on en broda sur la tu-

HISTOIRK MA.TIO.tALE L

nique des chefs. Les Gaulois, qui ne reproduisaient point les êtres animés, s'emparèrent cependant du règne végétal pour leur ornementation. C'est à celui-ci qu'ils ont emprunté le galbe de la plupart de leurs vases, soit que ceux-ci affectent

la forme du bouton qui s'entr'ouvre en dilatant ses pétales (fig, 23), 'soit qu'ils s'épiinouissent en forme de coupe renversée comme le lotus. Cette ressemblance cherchée avec les fleurs moiive, selon nous, la forme des premiers vases qui n'avaient point de pied, leur base reposant sur une couronne de terre cuite mobile'.

Parmi les motifs d'ornementation favoris des Gaulois,nous trouvons la fougère, dont la tige terminée en crosse est devenue le tjpe du bâton îles druides, de même que le bAton pastoral des évoques primilifs de l'Irlande. Nous voyons souvent la fougère représentée sur divers objets gaulois; on retrouve cette plante gravée sur les monuments celtiques et elle étale encore ses gracieuses volutes sur le costume de nos paysans bretons (lig. 24).

Tels sont les seuls éléments décoratifs employés par nos

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