‹ Histoire nationale des Gaulois sus VercingétorixChapitre 4 sur 190 · Suétone, Vie de César ^ xxv. — Dion Cassius, XL, xliii · texte numérisé non relu

Suétone, Vie de César ^ xxv. — Dion Cassius, XL, xliii

XII IWTRODUCTIOW.

sauf celles deTaiinéeSS, toutes les guerres de César ne sont qu'une suite d'attaques crirainelles et d'attentals contre la vie et les biens de multitudes innombrables et inofiensives, honnêtes et paisibles.

Pline donne un nombre de morts plus considérable encore. Velleius Paterculus ne précise point. Au lieu de citer des chiffres, il dit simplement que les Gaulois, tués ou réduits en esclavage par César étaient innombrables ^

Lee Romains, ajoute-t-on encore, ouvrirent le Panthéon aux dieux de la Gaule, comme à tous ceux du monde entier. Mais la religion de nos pères ne pouvait pas être pratiquée entre les murailles d'un temple, fussent-elles de marbre. Ce n'était point respecter Ëusus que de l'assimiler à Jupiter^.

Les Druides (ceux que César a connus) et pour lesquels nous ne nous sentons qu'une médiocre sympathie, parce que poussés par l'intérêt, ils ne prêchèrent point la guerre sainte contre l'envahisseur, ne furent point d'abord persécutés, car au début de la conquête ils furent utiles à César. Plus tard il put s'en passer, ils furent alors traqués de la façon la plus cruelle.

Ce que les Romains apportèrent dans la Gaule, ce fut l'amour des places, ce fut la courtisanerie. Jamais nos pères n'avaient élevé leurs grands hommes au rang des dieux» En l'an XII avant l'ère vulgaire, ils purent voir les Romains accomplir cet acte ridicule : à Lyon (Lugdunum), on construisit en effet un temple en l'honneur de Rome et d'Auguste. Cette déification d'un

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INTRODUCTION. XHl

empereur, importée sur le sol gaulois, est-ce un progrès?

Les écoles bardiques furent fermées et remplacées par d'autres. Qu'ont-elles produit? Trogue Pompée, Petronius Arbiter, et Cornélius Gallus comme écrivains. Nous ne parlons ici que du siècle qui suivit la conquête. Pendant la même époque, les Gaulois Valerius Asiaticus de Vienne et Domitius Afer de Nîmes se firent remarquer aussi comme orateurs.

Excepté Trogue Pompée, lequel de tous ces hommes qui avaient abandonné l'usage de leur langue maternelle pour écrire ou pour parler en latin, est véritablement connu?

11 nous est permis de penser que les œuvres des bardes qui vivaient au temps de l'indépendance, valaient mieux que les travaux des auteurs que nous avons précédemment cités. Par malheur, nous n'avons pas conservé de poésies remontant à une époque aussi ancienne, mais quelques fragments qui nous sont restés de bardes vivant au vi® siècle de l'ère vulgaire et qui écrivaient en dehors de toute influence romaine, nous donnent une idée de ce qu'étaient les chants que les Gaulois nos pères aimaient à répéter*. Au surplus le lecteur pourra juger par notre chapitre III de la littérature et de la poésie gauloises.

Nos ancêtres avaient l'esprit ouvert à toute chose nouvelle. Ils avaient le sentiment des arts, et si avant la conquête ils ne s'y étaient pas adonnés d'une manière plus exclusive, c'est que leur religion, les né-

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