César, de Bell. galLy 1, xxxi
2. Henri Zcokke, Préface des contes suisses; trad. de Loëve-Weimar,
3. Albert Réville, Revue des deux mondeSy année 1877, p. 838 etsuiv. 4-. D'Arbois de Jubainville. Les premiers hahitanls de VEurope.
tîment de la patrie. La patrie était toute locale pour eux. C'était le clariy c'était la tribu, un peu aussi la confédération dont ils faisaient partie, eux et les leurs. L'importance de ces confédérations variait sans cesse. Celle quî^ à un moment donné, devenait la plus puissante, retombait à cause de cela bien vite au dernier rang. La peuplade dont la prépondérance avait été un moment acceptée étaitjalousée par toutes les autres et abandonnée par elles:
Les brenns, ou chefs gaulois, étaient donc essentiellement particularistes.Ils n'avaient pas, nous venons de le voir, le sentiment d'une patrie unique. Nous n'en voulons pour preuve que la facilité avec laquelle ils concluaient des alliances avec l'étranger.
Ce morcellement des Gaules explique aussi leur faiblesse. Quand Ariowist ou Œrfest, comme F. Monnier l'appelle, parut à la tête de ses hordes, elles se sentirent incapables de repousser cette invasion, aussi implorèrent-elles le secours de Rome*.
Les tendances du peuple étaient bien différentes. li voulait l'indépendance de la patrie. Il comprenait que pour sauver les Gaules des Germains qui les menaçaient à l'est, et des Romains qui les avaient entamées au sud, il fallait, avant toute chose fonder un puissant corps de nation. Instinctivement il se rendait compte qu'il était entre deux conquérants, qui au besoin feraient cause commune ; c'est ce qui eut lieu en effet.
Le peuple avait perdu toute confiance dans ses chefs. Il les voyait tous les jours à l'œuvre, s'entre-déchirant sans cesse et sans cesse pactisant avec les envahisseurs.
Il tournait souvent avec inquiétude ses regards vers la Gaule Narbonaise. La colonie fondée d'abord par quelques légionnaires, avait pris des accroissements inouïs. Tous les jours la province s'augmentait en silence de quelque lambeau de territoire conquis.
En Russie quelque chose d'analogue se passe maintenant. Tribu par tribu toute l'Asie est conquise sans que la nou-