Builiot, Bibracte. — Garenne, Bibracte
par Marius, les légions se recrulaient par voix d'enrôlement. Il n'y avait plus d*appel des citoyens. Les troupes que levait la République étaient donc en grande partie composées de prolétaires et de gens nonchalants et sans travail. Elles devaient avoir plus d*un point de ressemblance avec les lansquenets du connétable de Bourbon i.
A l'appui de ce que nous venons de dire, nous ferons remarquer que César appréciait beaucoup les services que les espions savent rendre. Il en entretenait auprès de Dumnorix, après lui avoir fait grâce de la vie, à la prière de son frère Divitiac». Le proconsul nous semble avoir toujours été si bien au courant de ce qui se passait à Alésia, qu'il est certain qu'il avait des intelligences dans la place.
Quelques chefs pourtant se montrèrent ou meilleurs patriotes que les autres, ou comprirent qu'ils avaient intérêt à appuyer le mouvement de transformation qui, depuis un siècle environ, se remarquait en Gaule. A la tète de ce parti, qu'on peut justement qualifier d'antiromain, se trouvait Keltil ou Keltillos. L'œuvre entreprise par lui n'était pas nouvelle. Deux fois déjà l'Arvernie, notre Auvergne actuelle, avait obtenu le premier rang parmi toutes les confédératious de la Gaule. Cette suprématie est exprimée par les auteurs latins par le mot principatum, principat ou primauté.
L'Arvernie formait un contraste complet avec le pays des Eduens. Elle avait conservé toute la pureté des mœurs antiques. Sa population se composait exclusivement de Galls ou Kelts (élément blond) mêlés à des Ligures (élément brun)^. Les Kymris, cet élément gaulois des dernières invasions, n'avaient point pénétré jusque dans cette région montagneuse. Sur les hauts plateaux {Ar fearann)^ les hautes terres, les guerriers étaient restés en dehors de toute influence étrangère. Les marchands romains ne s'aven- ^turaient pas en efi'et dans cette contrée sauvage.