Arrien, de Venatione
Arverne, avait un instant établi son pouvoir sur toutes les Gaules ; c'est par eux enfin qu'il fut instruit de la tentative plus récente de Bituit.
En Tan 122 avant l'ère vulgaire, Bituit ou Bîteuth, s'étant mis à la tète de presque toutes les peuplades des Gaules, avait voulu expulser l'étranger du sol sacré de la patrie. Cette levée de boucliers n'avait pas été heureuse. En effet, l'armée romaine, forte de cinq légions seulement et commandée par Fabius, tailla en pièces les tribus confédérées. Le chiffre des guerriers gaulois avant l'aclion s'élevait à deux cent mille. Après la bataille, cent cinquante mille hommes, si Ton en croit Paul Orose *, cent vingt mille, si l'on aime mieux s'en rapporter à Tile-Live *, rougirent de leur sang la plaine située au confluent du Rhône et de l'Isère.
Après cette défaite, les Arvernes déchurent du haut rang qu'ils occupaient, et la suprématie, grâce aux Romains, passa aux Ëduens que les Massiliens avaient fait de bonne heure reconnaître pour amis de la grande République.
Keltil reprit donc l'œuvre de Bituit et sut d'abord la mener à bien. Pour montrer qu'il n'agissait pas dans un but personnel, et qu'il n'avait d'autre ambition que de réaliser le progrès qui tenait si fort au cœur du peuple, il fit reconnaître par les chefs qui s'étaient ligués avec lui que la décision des affaires importantes n'appartiendrait plus au sénat de chaque cité. Nous prenons le mot cité dans le sens latin, civitas; c'est l'ensemble de la tribu. Tous les citoyens étaient, par suite de cette réforme, admis aux délibérations du Concilium publicum. C'était le commencement d'une révolution. Un pas de plus en avant, et, à tous ces Concilia, on substituait une grande Assemblée de toute la Gaule, et la patrie était vraiment fondée. Keltil n'avait fait sans doute que généraliser une coutume qu'il avait vu fonctionner au sein de quelques peuplades gauloises.
Nous pensons, avec Francis Monnier, que Vercingétorix