Plutarque, Vie de César ^ trad. Dacier, p
5. Suétone, Vie de César IX. Le vrai nom des Ambrons semble avoir été Am6ra, qui signifie Fai//ani. Cette peuplade d'origine gauloiss faisait partie de la confédération des Helvétiens.
perversion de César. D'ailleurs, on peut tout attendre d'un homme dont la maxime favorite est celle-ci : a S'il faut violer le bon droit, que ce soit pour régner ; pour le reste observons la justice*», et d'un homme qui disait : « 11 ne me manque que 10 raillions de sesterces pour ne rien avoir j, tant le chauve était criblé de dettes.
A l'époque qui nous occupe, Rome était devenu le foyer d'intrigues incessantes de toutes sortes, si bien que César nous semble mal fondé quand il reproche à nos pères de déchirer le sein de toutes leurs confédérations, d'ensanglanter toutes leurs villes par de continuelles discordes *. A Rome, la corruption en était arrivée à un tel point qu'on a peine à la comprendre. Les patriciens ne sortaient guère sans être escortés de bandes armées de gladiateurs ou de clients. Un adversaire politique menaçait-il de l'emporter, on le faisait assassiner. La promulgation de chaque loi nouvelle occasionnait dans les rues de terribles conflits. Tout s'achetait à Rome. Gabinus vendit l'Egypte pour 10 000 lalents. Caïus Memmius osa lire en plein sénat un marché d'élection passé entre lui et son compétiteur Domitius d'un côté et les deux consuls en charge de l'autre. Les clauses de ce honteux contrat sont assez curieuses pour être racontées ici ; il y était dit : A la condition d'être désignés consuls pour l'année suivante, Memmius et Domitius s'engageaient, soit à donner aux consuls 400 000 sesterces, soit à procurer trois augures qui jurassent avoir assisté à la promulgation d'une loi curiale dont l'existence était imaginaire, ou deux personnages consulaires qui consentissent à déclarer qu'ils avaient été présents à une séance de distribution de province consulaire, quand cette séance n'avait pas eu lieu'.
Les sénateurs de la République donnaient l'exemple de tous les vices. Dans son plaidoyer contre Verres, ce patricien que ses mœurs et sa cupidité avaient rendu odieux à la Sicile dont