Suétone, Vie de César, § LIV
1 Dion Gassius.
donner, les mêmes procédés que s'il eût exigé le payement d'une dette.
On peut dire, à la décharge de César, comme à celle de ses compatriotes, qu'il n'avait peut-être pas bien conscience de l'infamie de sa conduite. Le peuple romain avait élevé des temples à Jupiter Prœdatofy à Jupiter Voleur!
Cet homme, qui au besoin savait se contenter de peu, lorsqu'il était à la lête de son armée, et qui s'était refait une santé, était fou de luxe. Nous avons vu ce qu'il fit pour Servilie, mère de Brutus, qu'il voulait s'attacher. Il y avait là calcul de sa part. Les dépenses qu'il faisait pour lui n'étaient pas moins extrêmes. On rapporte qu'il fit un jour démolir une maison de campagne qu'il venait d'élever à grands frais sur le territoire d'Aricie, parce qu'elle ne répondait pas complètement à son attente*. Ses plus grandes dépenses provenaient de l'énorme clientèle qu'il avait. Il gorgeait de biens tous ses amis et tous ses partisans. Certains de ses affranchis avaient amassé, grâce à lui, des fortunes scandaleuses. Pour n'en citer qu'un seul, nous nommerons ce Licinusqui, sous Auguste, devint procurateur ou gouverneur des Gaules. Cet homme menait un train de roi. Le tombeau qu'il se fit élever, était, par sa splendeur, une insulte à la morale publique'. De plus, on peut dire sans craindre d'être taxé d'exagération que César avait acheté presque tous les fonctionnaires. Quand il devait quitter l'Italie pour entrer en campagne, il ne se contentait pas toujours d'une promesse d'obéissance passive ; dans certains cas, paraît-il, César osa exiger de ses créatures une promesse par écrit ^.
Ce misérable était profondément sceptique en matière de religion et n'avait foi que dans une seule divinité d'origine purement romaine. ForSy FortunUy sont de la même famille que le Jupiter Prœdator^. Il croyait aussi à son étoile, à l'étoile des Jules.