‹ Histoire nationale des Gaulois sus VercingétorixChapitre 52 sur 190 · Duruy, Histoire des Romains, I, 6il · texte numérisé non relu

Duruy, Histoire des Romains, I, 6il

HISTOIRE NATIONALE DES GAULOIS. i95

Ce livre étant, dans son ensemble, un long parallèle entre César et Vercingétorix, qui à nos yeux symbolisent admirablement Rome et la Gaule, nous croyons que le moment est Tenu de les comparer l'un à l'autre au sujet de leurs idées philosophiques. César ne croyait point à l'immortalité de l'âme, ce qui scandalisait fort le vertueux Caton. A propos des partisans de Catilina, que le Sénat voulait condamner à la peine capitale. César dit clairement et en pleine séance que la mort met fin à tous nos biens et à tous nos maux ^

Sa doctrine était celle que devait suivre plus tard le roi Louis XY. a Après moi le déluge! >

Vercingétorix, lui, avait une foi profonde dans la divinité, maîtresse du monde, dont les pères de sa race avaient apporté le culte en Gaule des hauts plateaux de TAsie. Il croyait que tout ne finit pas avec la vie, et que l'âme va revivre ailleurs. Vercingétorix n^avait pas d'étoile. Il avait, par contre, une règle de conduite : le devoir; un idéal sublime : la grandeur et la liberté de la patrie.

César n'agissait que dans son intérêt personnel. Vercingétorix ne songeait qu'à la nation tout entière. Il eut, sans contredit, cédé le commandement suprême à un plus digne que Iniy s'il se fût rencontré.

César dans une bataille qu'il croyait perdue, et où le sort, vers la lia de la journée, tourna eu sa faveur, eut un moment la pensée de se tuer. Certes il ne songea pas un seul instant qu'il pourrait peut-être, en se livrant, fléchir son vainqueur. Le lendemain de la prise d'Alésia, Vercingétorix fut trouver César dans son camp, sachant qu'en agissant de la sorte il servait encore tes Gaules. Il supporta avec une constance admirable un martyre de six années que César n'eût jamais pu endurer. Notre héros^ en mourant, avait la ferme espérance de renaître, et de renaître sans doute pour venger sa patiûe.

L'historien Mommsen, en parlant de la prise d'Alésia, s'écrie qu'elle marqua la chute définitive de la Gaule. Elle fut : Finis Galliœ. Le brenn des Arvemes ne crut jamais

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