VAINCUS
i. Pline, Hist. nat.f xxxiv.
INTRODUCTION. XY
V^rcingétorix, au contraire, n'avait aucune ambition personnelle ; il le dit fort bien dans la circonstance de sa vie la plus grave, la plus terrible : € Je n'ai pas entrepris cette guerre pour mes intérêts personnels, mais bien pour la liberté commune*. »
Le héros ne possédait qu'un ardent amour de la patrie et une haine profonde pour les armées étrangères. Yoilà pourquoi nous nous sommes faits les défenseurs du noble et grand Keltil Vercingétorix.
Ce nom du reste semblait le prédestiner ; certains noms obligent, par exemple, le poète breton Brizeux ne pouvait puiser d'autres inspirations que celles relatives aux coutumes de son pays natal, puisque l'étymologie de Brizeux, Breiz, signifie Bretagne. De même le nom de Vercingétorix étudié dans ses racines signifie le grand, Vilhistre celte ou mieux kelte. Or kelte et gaulois sont reconnus aujourd'hui pour deux termes synonvmes.
Après l'exposition des idées générales qui précèdent, le lecteur comprendra sans peine que nous ayons été tentés d'écrire l'histoire du héros de Gergovie et d'Alésia, du jeune brenn auquel on doit cette noble parole :
« Je formerai une seule assemblée de toute la Gaule; et quand elle sera d'accord, le monde entier ne pourra lui résister. »
Nous avons divisé notre histoire en deux parties. La première comprend : la patrie gauloise, c'est-à-dire la vie civile, militaire, politique, religieuse des Gaulois,
1. Postero die, Vercingétorix, concilio convocato, « id sebellum sucepisse, non suorum necessitatum, sed communis libertatis causa, demonstrat. » (Cœsar, Dell, GalL. VU, lxxxix.)
XVI INTRODUCTION
elle doone des détails considérables sur la religion, les mœurs, les us, les coutumes, la législation, la littérature, le théâtre et Tart de nos aïeux. Toutes ces matières sont étudiées en cinq chapitres.
La seconde partie embrasse toute la période de la guerre des Gaules sous Vercingétorix, cette partie n'est pas moins curieuse et intéressante que la première, car elle montre sous un jour nouveau el d'une façon impartiale le caractère des Gaulois el des Romains, les diverses péripéties de la lutte engagée entre ces deux peuples. On y trouve des descriptions de sièges el de batailles; on y voit le courage inouï de nos pères aux prises avec la cruauté astucieuse et l'armement formidable dcb Romains. Cette histoire, vieille de près de vingt siècles, renferme des points de ressemblance frappants avec l'état de la France pendant Tannée maudite de 1870.
Puisse ce livre, écrit surtout pour la jeunesse française, élever les sentiments de nos jeunes compatriotes et leur faire comprendre que rien n'est plus beau, ni plus digne, ni plus noble, que l'amour de la patrie, et que gràc^ à cot amour, on peut surmonter les plus grandes difficultés, vaincre les plus terribles obstacles, et que surtout on ne doit jamais désespérer du salut d*un peuple qui, après avoir subi les défaites les plus ecmsidérableSi s^est toujours relevé, grâce a la noblesse de ses sentiments kam;jinitaii:>e$, grâce à son ardait amour du travail et de 1;ji liberté*