‹ Histoire nationale des Gaulois sus VercingétorixChapitre 72 sur 190 · L. Bonnemère, Voyage à travers les Gaules · texte numérisé non relu

L. Bonnemère, Voyage à travers les Gaules

dans l'Ardëche. C'est là que se dressent les cimes les plus hautes et les plus dan^i^ereuses à franchir de toute la chaîne des Cévennes. f Cette chaîne court, on le sait, sous différents noms, immense épine dorsale de la France*, des Pyrénées aux Vosges. En face d'Aps, la contrée se hérisse de hautes montagnes abruptes, et sombres, tourmentées plus qu'ailleurs par l'action des anciens volcans, qui, avant Tapparilion de l'homme dans celte contrée, l'ont soulevée avec une violence extrême, déchirée par d'affreux précipices et d'énormes rochers basaltiques, et sillonnée de grandes coulées de laves. C'est là pourtant que César voulut franchir ces montagnes, et cela, pour deux raisons : la première, c'est qu'il menaçait Gergovie et forçait Vercingélorix à venir la défendre*; la seconde, c'est qu'il y avait en effet un sentier, le plus souvent suivi par les voyageurs, et qui, passant par le col de Saint- Cirgues, conduisait directement sur le versant occidental des montagnes dans la vallée de TAUier ^. »

L'irruption subite de César ne tarda pas à être connue au loin. La nouvelle se propagea en effet avec une rapidité inouïe dans tout le pays des Arvernes, qui dépêchèrent aussitôt des courriers au Pen-Tiern, alors chez les Bituriges, comme nous l'avons dit.

César avait tout intérêt à ce que les Gaulois ne connussent point quel était l'état numérique de ses troupes. Il couvrit donc le front de sa petite armée d'un cordon de cavaliers. Il en envoya d'autres par faibles détachements pousser des reconnaissances assez lointaines, afm de donner le change à l'ennemi et le contenir. Ceux des brenns Arvernes que le Pen-Tiern avait laissés dans leur pays, passaient l'hiver dans leurs demeures situées sur des hauteurs pour dominer les plaines et compléter le système défensif dont Voppidum ou place forte était le centre. Il convient ici de rendre à ces sortes de burgs leur véritable nom celtique. On les appelait des duns^ d'où les Romains ont fait

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