Bello Gall.y VII, viii
Nous ne savons pas combien de temps César resta dans son camp, au pied des Cévennes. Nous n'ajoutons guère foi à ce qu'il nous dit. Il est évident pour nous qu'il demeura avec ses troupes jusqu'au moment où il eut la preuve que son stratagème avait réussi. Il laissa le commandement au jeune Brutus, un de ses meilleurs lieutenants. Sa conduite pendant la guerre contre les Vénètes l'avait fait remarquer de son général. Brutus reçut l'ordre de faire battre au loin la campagne. Le proconsul, pour ne point effrayer ses soldats, leur dit en les quittant qu'il ne serait absent que trois jours et que son départ n'avait d'autre but que d'aller chercher des renforts et de la cavalerie. Avec quelques Germains de sa garde, il se dirigea sur Vienne, franchissant au galop les défilés des montagnes du Velay, vers la Chaise-Dieu, et les montagnes du Forez et du Vivarais, par la route actuelle de la Chaise-Dieu, de Terrenoire et de Condrieu *. » Il rallia un corps de cavalerie qu'il avait en dépôt dans la capitale des Allobroges, et s'engagea sur le territoire des Éduens. La conduite de ce peuple, depuis tant d'années l'ami officiel de la République, ne lui inspirait plus confiance. Il savait que les troupes envoyées au secours du parti séparatiste bîturige avaient battu en retraite avant même d'avoir franchi la Loire. Il fut donc sans cesse forcé de cacher sa marche. C'est ainsi qu'il gagna le pays des Lingons (Langres) ou deux de ses légions hivernaient. Quelques jours plus tard Labiénus vint opérer sa jonction avec lui à Agendincum.
A propos d'Agendicum, nous nous trouvons en présence de deux systèmes qu'il faut examiner successivement. Cette ville est-elle Sens? est-elle Provins ? L'opinion du plus grand nombre penche en faveur de la première de ces localités, qui toutes les deux au surplus se trouvaient dans le territoire de Sénans.
M. LefèYre (de Provins) a soutenu les intérêts de sa ville avec un talent remarquable, dans une note communiquée à M.Artaud, le savant traducteur des Commentaires de César. Nous nous borneroas à la résumer ici. Au livre VI, César