Bello GalL, VII, xi
doute parce qu'elle était prise au dépourvu. Nous rôpon* drons qu'elle pouvait espérer n'être pas investie. Le proconsul aurait pu en effet la laisser sur sa droite et continuer sa marche sur Cenabum. Nous avons indiqué, les motifs qui guidèrent César en cette occasion. Il laissa dans la place conquise son lieutenant C. Trébonius pour faire exécuter toutes les clauses du traité.
Après cet exploit qui ne lui avait pas coûté un homme, l'armée se remit en marche et parut à Timproviste devant Cenabum (Orléans).
Il paraîtrait que les habitants de cette ville € ne faisaient que d'apprendre le siège de Vellaunodunum, croyant qu'il durerait plus longtemps, ils se disposaient à y envoyer des secours* ».
Il n'avait fallu au proconsul que deux jours pour franchir la distance qui existe entre Vellaunodunum et Cenabum. Ce fut à la tombée de la nuit qu'il arriva devant cette dernière ville, ce qui le força à remettre son attaque au lendemain. Il était présumable que les habitants tenteraient de mettre à profit les ténèbres pour franchir la Loire sur le pont qui existait en cet endroit et pour se jeter dans le pays des Bituriges. César le fit garder par deux légions;* l'événement prouva que ses prévisions étaient fondées. Vers minuit, en effet, les Carnutes sortirent de la ville dans le plus profond silence et se préparèrent à traverser le fleuve. Les troupes qui veillaient avertirent leur général, qui avec tout le reste de ses forces entourait les remparts. Le feu fut mis aux portes, et les Romains entrèrent bientôt dans la ville. Les malheureux Gaulois furent pris entre deux corps également désireux de carnage. Le proconsul nous apprend que bien peu d'ennemis s'échappèrent. Les rues étaient trop étroites pour que les fuyards, gênés les uns par les autres, pussent se retourner et faire tête à leurs ennemis. Tous ceux qui s'engageaient sur le pont furent pris ou massacrés. César pilla d'abord la ville et la brûla ensuite, abandonnant le butin à la soldatesque effrénée ; il s'est fait l'historien du