‹ Histoire nationale des Gaulois sus VercingétorixChapitre 82 sur 190 · Maury, Les forêts de la Gaule · texte numérisé non relu

Maury, Les forêts de la Gaule

que les Gaulois avaient subis. Il comprit qu'il devait inaugurer une tactique nouvelle et convoqua un grand conseil de guerre. Il expliqua qu'il ne fallait plus faire la guerre comme par le passé et qu'on devait avant tout s'appliquer à priver les Romains de vivres et de fourrages. La nombreuse cavalerie que possédait l'armée, la saison même, qui était fort rigoureuse, devait singulièrement leur faciliter cette tâche.

« L'ennemi, leur dit-il, ne trouvant plus d'herbe à couper, sera contraint de s'écarter pojur chercher du fourrage dans les maisons, et pourra chaque jour être détruit par la cavalerie. Le salut commun doit faire oublier les intérêts particuliers. Il faut incendier les habitations et les bourgs dans le pays du côté des Boïens aussi loin que l'ennemi peut s'étendre pour trouver des fourrajjes. Pour eux, ils auront de tout en abondance, sûrs d'être secourus par les peuples voisins. Les Romains seront pressés par la disette ou quitteront^ leur camp avec de grands périls. Qu'on les tue, ou qu'on enlève leurs bagages, peu importe, si cette perte leur rend la guerre impossible. Il faut encore brûler les places que leur position ou la faiblesse des forlifications ne préservent pas de tout péril, de peur qu'elles ne servent de refuge aux traîtres ou que les Romains n'en tirent des vivres. De pareils moyens peuvent paraître durs et violents, mais ne serait-il pas encore plus terrible de voir vos femmes et vos enfants traînés en esclavage, et d'être vous-mêmes égorgés, sort inévitable des vaincus ^ »

Ce discours enflamma tous les courages. L'auteur des Commentaires nous apprend qu'en un seul jour plus de vingt villes ( {ir6&5 ) situées sur le territoire des Bituriges furent incendiées. Les peuplades voisines, ajoute-t-il, suivirent cet exemple, si bien que de tous les côtés on n'apercevait dans les campagnes que d'immenses brasiers.

11 ne faut point prendre à la lettre le mot <c urbes ». Nous croyons qu'il faut le traduire simplement par centres de population. Ces centres livrés aux flammes étaient, la plupart du

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