‹ Histoire nationale des Gaulois sus VercingétorixChapitre 83 sur 190 · Bello GalL, VII, xiv · texte numérisé non relu

Bello GalL, VII, xiv

Sil) HISTOIRE NATIONALE DES GAULOIS.

moins, de simples bourgades ou même des Mdificia. Parle mot jÉdificium il faut entendre ces demeures que les chefs gaulois se faisaient construire dans une situation à la fois agréable et d'une défense facile. C'étaient des habitations de campagne qu'ils préféraient à toutes celles qu'ils avaient dans les oppida. Elles s'élevaient au milieu de vastes domaines et toujours ou presque toujours à proximité d'un cours d'eau et de forêts.

Il nous est assez facile de nous faire une idée exacte de ce qu'étaient ces jEdificia. Ils consistaient en une maison de forme ronde faite en pièces de bois et en branches tressées; les interstices étaient comblés avec une sorte de mortier nommé torchis ou bauge composé de terre et de foin haché ^ ; la toiture était en chaume. Le plus ordinairement ces maisons, ou mieux ces cabanes, pour nous servir d'un mot celtique, ne renfermaient qu'une seule pièce. A Bibracte, pourtant, il en existait qui à l'intérieur étaient subdivisées en plusieurs pièces au moyen de cloisons, mais il ne faut pas oublier que l'inûuence romaine se faisait beaucoup sentir dans la capitale des Ëduens.

La demeure d'un brenn opulent était formée d'un grand nombre de maisons. Chacune d'elles avait sa destination particulière. Les Norvégiens modernes ont conservé le goût de pareilles installations. Ils nomment gaard un ensemble de constructions qui ne possèdent chacune qu'une seule pièce. Dans l'une de ces petites malsons couchent tous les membres de la famille, souvent assez nombreuse; dans une autre, ils se réunissent pour manger ; dans une troisième est la cuisine; dans une quatrième la grange; il en est de même pour le grenier commun. En un mot, tout ce qui constitue ordinairement une pièce séparée forme là une cabane à part; un gaard est une maison décomposée. Cette disposition singulière du gaard est particulière à la Norvège, elle y remplace le village: le village est une agglomération de familles: \e gaard est la famille primitive dont les membres habitent,

i. E. Bosc, Traité des constructions rurales, p. 52, 1 vol-in-8 de 509 pages OFDé de 576 Hgures intercalées dans le texte. Paris, 1875.

vivent et possèdent en commun ; il semble que ce soit là Télément le plus simple de la société et qu'en Norvège on en soit resté à son premier degré *.

Il est facile de s'apercevoir que cette peinture des mœurs primitives des Norvégiens s'applique admirablement à nos ancêtres.

Autour des cabanes occupées par le brenn et par les membres de sa famille il en était d'autres qui servaient à loger les ambactes et les soldures, ou dévoués, les colons et leurs bestiaux. Le plus ordinairement un JEdificium était entouré de palissades et de fossés assez larges et toujours remplis d'eau '. Quelquefois la demeure du chef et celles de ses enfants étaient seules fortifiées. Dans ce cas, les cabanes des tenanciers se groupaient confusément autour de l'enceinte, ou des enceintes, car il n'était pas rare qu'il y en eût plusieurs.

Cette coutume d'habiter dans des bâtiments séparés se conserva très longtemps dans certains pays celtiques. Une miniature fort précieuse de la Bibliothèque harléienne nous montre ce qu'était encore au ix® siècle, dans les Iles-Britanniques, la demeure d'un chef. Nous voyons une agglomération de bâtiments distincts qui se soudent les uns aux autres pour se conformer à une mode introduite par les Romains. Mais on sent que l'effort est pénible; on sent que le maître de cette opulente habitation regrette le vieux type de maison cher à ses ancêtres. La pièce principale est restée ronde; comme aux apciens jouï*s*, sa toiture est décorée d'un trophée de chasse. Chacune de ces constructions appuyées les unes contre les autres forme un tout. On ne peut communiquer de l'une à l'autre qu'en sortant dans la cour, car il n'y a point de portes de communication intérieures. — Après ce court aperçu sur VMdificium gaulois, nous devons étudier brièvement quel était le genre de vie d'un brenn gaulois, c'est-à-dire d'un de ces fiers guerriers qui faillirent ruiner la brillante fortune de César, le plus

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