‹ Histoire nationale des Gaulois sus VercingétorixChapitre 89 sur 190 · Tite-Live, V · texte numérisé non relu

Tite-Live, V

3. D*Arbois de Jubainville, Revue ardieo2o(/içtte, juillet 1875, nouvelle série, t. XXX, p. 1-18.

 Vellaunodunnmyh, Cenabum,\es Romains, nousTavons vu, éprouvèrent peu de résistance* A Noviodunum la victoire fut déjà plus chaudement disputée. A Ataricum la lutte sera longue et acharnée. Les défenseurs de la place qui, nous l'avons dit, étaient tous des guerriers d'élite, savaient qu'ils combattaient presque sous les yeux du Pen- Tiern campé avec toutes ses forces à seize mille pas de la place, dans un lieu défendu par des bois et des marécages. A cinq lieues en arrière de Bourges, quand on descend à Dun-le-Roi, on trouve à la hauteur du hameau de Sainte- Radegonde, € un endroit où le terrain s'enfonce tout à coup et s'affaisse en forme circulaire en se perdant à l'horizon. Un long marais alimenté par les eaux de TAuron et du Tasseau qui s'y réunissent, entoure et protège une colline très basse, ou plutôt une plaine doucement inclinée et dont les dernières ondulations se perdent dans les eaux du marais. )> C'est là, nous dit Francis Monnier, que Vercingétorix s'établit solidement avec son armée. Bien que dans les environs de cet emplacement, on ait découvert des tombeaux avec des armes celtiques, certains savants d'outre-Rhin veulent que le Pen-Tiern ait campé dans un autre endroit. Certes, les raisons qu'ils mettent en avant ne sont pas sans valeur. Ce qui nous fait nous rattacher complètement à l'opinion de Francis Monnier, c'est que les paysans du Berry vénèrent toujours la colline que nous avons décrite. Malgré l'œuvre incessante du temps, elle a subi peu de modifications. Si les bois ont été abattus, elle est du moins toujours protégée par un marais qu'il faut franchir sur des passerelles en bois semblables à celles dont nous parle le proconsul. Les habitants de toute la région appellent encore le camp de Sainte- Radegonde, camp de Vercingétorix.

Sous prétexte qu'ils n'ont rien de scientifique, il ne faut pas dédaigner, comme source de renseignements, les souvenirs du peuple. Ils sont parfois singulièrement fidèles. Vercingétorix est précisément un de ces hommes dont il aime à garder la mémoire, parce que Vercingétorix combattit et mourut, non seulement au service de la cause nationale, mais surtout pour la cause populaire.

La position (ÏAvaricum rendait un investissement impossible. César nous apprend que le Pen-Tiern fut toujours en communication avec lesassiégés.Seséclaireurssavaient aussi se frayer des routes à travers les marécages et pénétraient à toute heure dans la ville. C'est par eux qu'il était instruit de tout ce qui s'y passait; par eux qu'il y faisait parvenir ses ordres. Ce fut donc, par le fait, Vercingétorix qui dirigea tous les travaux de la défense. Ce fut son enthousiasme, sa foi dans l'avenir des Gaules, qui soutinrent le courage des guerriers enfermés à Avaricum et leur fil accomplir ces actes d'héroïsme que César ne put s'empêcher d'admirer.

Nous allons nous efforcer de reconstituer ici le journal du siège à* Avaricum. César écrivait, dit-on, au jour le jour ce qu'il avait fait, c'étaient là ses éphémérides. Par malheur ces notes se sont perdues ou mieux, quand il n'en eut plus besoin, ont été détruites par leur auteur, or ces notes devaient être beaucoup plus sincères que ne sont les Commentaires écrits après coup et à tète très reposée.

Nous nous efforcerons donc de donner aussi exactement que possible les éphémérides du proconsul, telles qu'il dut les rédiger pendant son long séjour devant Avaricum, Cette reconstitution nous demandera beaucoup de soins, beaucoup de recherches et d'études, mais enfin nous pourrons certainement l'établir en analysant le plus minutieusement possible tous les faits accomplis pendant ce siège mémorable.

En premier lieu nous nous occuperons de la position de la place qui n'est pas telle que César l'a décrite. Le proconsul nous dit, en effet, que la ville était protégée par des marais et une rivière ^ Il en existe trois qui sont l'Auron, l'Yvre et rYvrette;il est probable qu'elles existaient du temps de César et que deux cours d'eau ne se sont pas formés depuis. Le coteau sur le double versant duquel s'élève la ville actuelle de Bourges a dû porter le vieil oppidum ^amlois, et nous ne comprenons pas que César n'ait pas donné une description plus exacte de sa topographie. Avait-il intérêt à cacher la vérité? Nous rignorons. En tout cas nous aimons mieux supposer

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