‹ Histoire nationale des Gaulois sus VercingétorixChapitre 90 sur 190 · César, de Bello GalL, VII, xvn · texte numérisé non relu

César, de Bello GalL, VII, xvn

qu'en rédigeant ses CommentaireSy il aura été la victime de son peu de mémoire^ ce qui d'ailleurs lui arrivait fréquemment, si nous ajoutons foi à ce que rapportent ses contemporains. Le o^eau d'Avaricum, de Bourges maintenant, est raviné du côté da sud ; au nord, son flanc est doucement incliné et se perd dans les marais et dans la plaine. C'est au nord, à Test et à l'ouest qu'eiîstaient ces marécages dont parle César.

La place ne pouvait donc être efficacement attaquée que du côté du sud qui était escarpé. Il se peut quesur'ce point les remparts fussent d'ailleurs plus faibles, les Gaulois se fiant à la force naturelle que le site donnait à Voppidum. Les travaux du siège, dans les commencements, avancèrent très lentement. Vercingélorix épiait tous les mouvements des Romains. Dès qu'un détachement sortait du camp pour aller fourrager ou chercher des vivres, les cavaliers du Pen-Tiern fondaient surlui à l'improviste et lui faisaient subir de graves pertes. Le proconsul pressait les Eduens et les Bolens de lui envoyer des vivres. Il semble que le parti national ait eu eu ce moment assez de force à Bibracte pour que les demandes du proconsul aient été peu favorablement accueillies. Les Boleas, eux, avaient eu leur pays ravagé par les troupes de Vercingélorix. Ils ne pouvaient donc rien expédier en fait de provisions, car c'est à grand'peine s'ils en avaient assez pour eux-mêmes. La disette fut bientôt extrême au camp romain. César nous assure que, pendant plusieurs jours, le pain manqua. Les soldats ne vécurent que de la chair de bestiaux amenés sans doute de fort loin et exténués de fatigue.

Les légionnaires, il faut le reconnaître, furent admirables en cette occasion, car pas un murmure ne se fit entendre, du moins à ce que prétend César.

Soit habileté de sa part, soit découragement, le proconsul offrit à chacun de ses corps de troupes de lever le siège, s'ils étaient las des privations qu'ils enduraient. Tous ces soldats répondirent qu'il fallait persévérer dans la tâche commencée. Ils ajoutèrent que « depuis nombre d'années qu'ils étaient sous ses ordres, ils avaient appris à n'essuyer aucun affront, et à ne laisser aucune entreprise imparfaite; qu'ils se tien-

(Iraient pour déshonorés s'ils abandonnaient le siège ; qu'ils aimaient mieux tout souffrir plutôt que de ne pas venger les citoyens morts à Cènabum par la perfidie des Gaulois^ i>.

César évidemment arrange ici les propos tenus par ses légionnaires, à moins toutefois que quelques meneurs n'aient ainsi parlé au nom des légions; car César, comme tous les despotes, soignait toujours ses mises en scène. Nous admettrions d'autant mieux celte hypothèse que le massacre de toute la population de Cénabum avait plus que vengé le meurtre des quelques citoyens romains et du fournisseur de vivres que les Carnutes soulevés avaient tués. Les troupes firent, paraît-il, les mêmes protestations de dévouement à leurs chefs respectifs qui les rapportèrent à leur général.

Cette constance dans les épreuves rassura beaucoup César; il comprit pourtant qu'il devait faire tout au monde pour pousser activement les travaux du siège. Il doubla donc le nombre des hommes employés à la construction d'un agger fort large qui devait permeltre de lancer une grêle de traits sur les défenseurs des remparts d'Avaricum. Vagger, au dire de Vegéce, « était élevé avec de la terre et des bois de toute espèce en face des murs pour y lancer des traits». C'est sur ces jetées qu'on établissait des tours en charpente (fig. 139) mobiles et à plusieurs étages. Ces tours étaient souvent pourvues de parapets et de ponts-levis; on les manœuvrait au moyen de rouleaux et de moufles. César en avait fait construire deux pour le siège. L'auteur des Commentaires nous cite encore les vineœ parmi les moyens préparés par lui. Les vinecBy appelées également plus tard causioSy étaient des baraques, des toits protecteurs faits de bois légers recouverts de planches et de peaux d'animaux. On les utilisait dans les travaux d'approche pour protéger les soldats battant un mur en brèche contre les traits des assiégés ^ ». Il en existait sur plan circulaire (fig. 140). Enfin d'autres archéologues prétendent que ce terme de vineœ servait

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