Vegèce, IV, xv
3. E. Bosc, Dtcttonn. de Varehéologie, et des antiquités y v* Vinea.
IISTOIHIi NATIUNALE DES GAULOIS.
I désigner des Iranchées des lignes, comme nous «lisons
aujourd'hui, et que la terre retirée de ces tranchées servait même à construire Vagger.
Motre figure 141 montre une tour à bélier servant à battre
les murs en brèche, et notre figure 142, ud onagre ou Tundtbale qui était employé à lancer de fortes pierres sur les défenseurs d'une place.
Étudions maintenant la construction des murailles que menaçaient les deuY tours de César. Les Gaulois, pour élever leurs remparts commençaient par placer sur le sol et en longueur de fortes poutres d'une seule pièce. Elles étaienl d'équerre avec la direction des remparts et à la distance de deux pieds l'une de l'autre. Elles étaient reliées dans œuvre par des traverses recouvertes de terre et assujetties par de longues pointes en métal. Tout le revêtement exlérieur était
Formé par un parement de pierres qui garnissait tous les intervalles laissés entre les pièces de bois. On élevait de nouvelles couches successives jusqu'à ce que le mur eiit atteint la hauteur jugée nécessaire. A l'intérieur des fortifications, il existait un chemin rie ronde bien entretenu. Au dehors, quand la place n'était pas naturellement entourée d'e%u, souvent régnait un fossé qui s'ajoutait aux moyens de défense. Telles sont les fortifications gauloises dont nous parle César; telles aussi elles se présentent encore à nous sur bien des points du sol français où le temps a respecté leur masse inébraaiable. QuelqueFols les murailles qui
entouraient les opptda gaulois nous présentent un curieux aspect. Elles ont leurs parements vitriliés et dans certains endroits sur une grande étendue présentent souvent une masse homogène qui a fait surnommer ces murs : murailles de verre. Ce genre de murs a soulevé autrefois d'asseï longues discussions parmi les archéologues, mais aujourd'hui tous admetlenl généralement que les murs d'un oppidum une Tois construits étaient vitrifiés au mojen d'un feu
Fto. m. — OuEru (fundibalui),
violent qui léchait les surfaces des pierres. Le feu était allumé au pied du mur par les constructeurs qui rendaient par cette vitrification le parement extérieur insensible aux intempéries de l'air, ce qui assurait sa conservation ; ou bien encore cetlevitrification aurait été produite par le feu allumé par des assiégeants dans le but de détruire les murs d'une place forte.
Dans l'ouest delà France on trouve plusieurs murailles de ce genre, la plus célèbre est celle qui entoure te camp de Péran à quelques Jieues de Saint-Brieuc. Il en existe aussi à Sainte-Suzanne près du Mans.
Le camp vitrifié de Péran est assis sur un plateau assez élevé situé entre les vallées du Gouët et de l'Urne ; i! est de forme elliptique et mesure 134 mètres 50 de longueur. Le
rempart entourant le camp comporte un revêtement extérieur en terre haut de 2",40, à sa base, il mesure 2 mètres de largeur et seulement 2",95 au sommet, ensuite un chemin couvert et un fossé extérieur, mais peu profond. Vers 1866 ou 4867 les fouilles pratiquées au camp de Péran ont amené la découverte de deux murs de pierre séparés par une agglomération des scories et des matières vitrifiées. Une autre partie du rempart eèt également couverte de vitrifications plus ou moins épaisses, suivant que le feu a eu plus on moins d'intensité sur telle ou telle autre partie du rempart.
A Sainte-Suzanne l'enceinte fortifiée montre aussi quelques parties vitrifiées, principalement du côté sud près de la poterne. Enfin, on retrouve encore des murs vitrifiés en Normandie, à Château-Gontier près d'Argentan et dans certaines hautes terres d'Ecosse.
Mais revenons aux Romains et à leur situation en face d'Avaricum.
Pendant la durée du siège, mais surtout pendant les premiers temps, les Romains souffraient seuls du manque de vivres. Il vint un moment où l'approvisionnement devint aussi assez difficile pour les Gaulois. Sans doute les guerriers avaient encore de quoi soutenir à peu près leurs forces, mais il n'en était pas de même des chevaux dont le bon état et la vigueur importaient beaucoup au Pen-Tiern. Celui-ci crut devoir un jour lever son camp pour le rapprocher d'Avaricum et tenter de frapper un grand coup.
L'investissement de la place se prolongeait trop à son gré, et sa cavalerie dont il appréciait de plus en plus les services commentait à être cruellement éprouvée. Sur ces entrefaites, il apprit que César devait envoyer aux fourrages une partie de ses troupes. Les Romains ne pouvaient sortir de leurs retranchements qu'en nombre assez considérable. Le Pen- Tiern crut que l'occasion qu'il recherchait se présentait à lui. Il partit donc avec tous ses cavaliers et son infanterie légère qui était accoutumée à combattre entre les rangs des chevaux. Par malheur pour nos pères qui comptaient sur une heureuse journée, quelques prisonniers apprirent à César le dessein de Vercingétorix. Au milieu de la nuit, le pro-
consul sortit de ses lignes dans le plus grand silence et arriva le matin très près du camp des Gaulois. Il voulait mettre à proGt l'absence de Vercingétorix. Les soldats de rîndépendance ne furent pas pris à Timproviste, comme les Romains le pensaient. Depuis le commencement de la campagne une sévère discipline régnait dans l'armée natio- . nale. Le Pen-Tiern ne voulait plus que ses troupes se fiassent à leur fougue, à leur bravoure désordonnée. Leurs mouvements étaient toujours couverts par des éclaireurs, tes camps précédés d'avant-postes. C'est ce qui sans doute en cette circonstance sauva l'armée. En effet, ayant été avertis de l'approche de l'ennemi, quand il en était temps encore, tous les brenns firent prendre les armes aux hommes de leurs clans et les rangèrent en bataille autour d'eux sur un lieu élevé et découvert. Les bagages et les chariots furent cachés dans l'épaisseur des bois. ^
Devant les troupes gauloises s'étendait un marais de cinquante pieds de large, alimenté par les eaux de l'Auron et du Tasseau. César avait cru, sans doute, que sa marche avait été si secrète, qu'il pourrait attaquer les guerriers restés au camp avant qu'ils aient eu le temps de couper les passerelles en bois qu'ils avaient établies sur les terrains inondés. Il n'en fut rien. Le proconsul, qui avait ordonné à tous ses officiers de faire préparer leurs hommes pour le combat, tourna vainement autour des marécages qui presque de tous les côtés bordaient les positions des Gaulois, il ne trouva aucun pont, aucunes passerelles; il chercha donc un gué pour lancer ses troupes.
Les Romains étaient furieux. Ils entendaient les plaisanteries de leurs adversaires; ils voyaient leurs gestes de mépris. César ne devait pas être moins courroucé que ses légionnaires. C'est à lui sans doute que s'adressaient les railleries les plus dures, et nous savons que sa susceptibilité était extrême. Au surplus, nous devons avouer qu'elle était en ce moment bien excusable, car les soldats de l'indépendance, retranchés dans une position inexpugnable contre laquelle il était venu follement se heurter, lui faisaient jouer un singulier rôle. La mauvaise humeur du proconsul éclate d'une
façon bien visible dans le récit atténué qu'il nous a
laissé de cet épisode. Il dit que c la contenance des Gaulois n'était qu'une vaine parade* ». Francis Honnier réfute de la façon suivante la mauvaise raison donnée par César : « Il n'y a pas forfanterie, il y a science à bien choisir l'emplacement d'un camp retranché, comme à bien choisir un champ de bataille. » On peut s'étonner qu'emporté par la rage, le descendant des rois et des dieux n'ait pas fini par se départir de sa prudence et, se fiant encore une fois à sa fortune, n'ait pas donné le signal de l'attaque.
Pour peu qu'on réfléchisse, on comprendra que pour rien au monde il n'ait voulu engager l'action. Ce qui faisait surtout ta supériorité du soldat romain, était son armement. Les légionnaires avaient des boucliers d'une solidité à toute épreuve, des javelots et des glaives fort pointus. Les boucliers des Gaulois étaient, par contre, très peu résistants, leurs lances incommodes; de plus, avec leurs épéesils ne pouvaient donner que des coups de taille, puisque le plus généralement elles n'étaient pas pointues. Or Végèce nous dit « que les recrues apprenaient à porter des coups, non de taille, mais de pointe, car les peuples qui dans le combat portaient des coups de taille, non seulement furent aisément battus par les Romains, mais encore ce ne fut qu'un jeu véritable de les vaincre. En effet, un coup de taille, quelle que soit sa violence, ne tue pas souvent, les organes essentiels de iavie se trouvant protégés et par les armures et par les os. Mais, au contraire, un coup de pointe, enfoncé de deux pouces, est mortel, toute la partie de l'arme qu'on plonge dans le corps pénétrant infailliblement dans les organes essentiels à la vie. Et puis, pendant qu'on porte un coup de taille, le bras droit et le flanc sont à découvert, tandis que, en frappant de pointe, on ne découvre pas le corps et l'on blesse l'adversaire àl'improviste'. »
Engagés dans le marais, les légionnaires étaient obligés de baisser les yeux pour regarder où ils posaient le pied et