Vegëce» in Maissiat, Jules César en Gaule
Wi HISTOIRE NATIONALE DES GAULOIS.
les boucliers s'éloiguaient du corps. Sur un terraia déclive le jeu du gladius est aussi paralysé. Il devient également presque impossible de se servir de ces fameux pila qui, lancés en plaine, traversaient plusieurs boucliers gaulois et les clouaient ensemble.
César n*avait qu'un seul parti à prendre, c'était de battre en retraite, quelle que fût l'humiliation qui dût en résulter pour lui ! C'est ce qu'il fit. Appien nous apprend qu'il était fort habile dans l'art de l'hypocrisie. Nous ne pouvons pas douter que cette appréciation du caractère di^ proconsul ne soit absolument juste. En effet que voyons-nous dans les Commentaires ? Il doit se replier vaincu par l'habileté stratégique de Vercingétorix et il lui faut une excuse. Voici quelle raison il donna à ses soldats. Il leur fit entendre qu'il faudrait acheter la victoire par la mort de trop de braves, et que, les voyant prêts à s'exposer à tous les périls pour sa gloire, il serait lui-même ingrat si leur salut ne lui était pas plus cher que le sien propre*. »
Ce sont là des paroles touchantes? César parle d'une victoire qu'il faudrait payer de trop de sang versé, quand il est sûr d'une défaite ! Et qu'entend-il par le salut de ses soldats qui lui est plus cher que le sien propre? En quoi sa vie était-elle plus exposée que la leur? Le rhéteur parait ici; on sent l'homme rompu à toutes les finesses du métier d'orateur, et qui sait qu'on peut se dispenser d'apporter de bonnes raisons aux masses, pourvu que d'abord on les ait émotionnées.
Des mots! des mots! des mots! s'écrie l'Hamlet du grand Shakspeare. C'est avec des mots, souvent creux ou incompréhensibles pour elles, mais sonores, qu'on mène les armées et les foules.
Est-ce que les vétérans de Bonaparte pouvaient comprendre quand il leur dit: fn Soldats ! du haut de ces pyramides quarante siècles vous contemplent? » Non, mais la phrase était belle, cela suffisait.
Les phrases de César étaient aussi bien belles. Leur beauté