Bell. GaïL, VII, xx
du blé OU quelque pièce de bétail. La disette la plus terrible sévit dans l'armée de César. Les soldats, épuisés par les privations, n'ont plus d,e force pour se livrer aux rudes labeurs que nécessite un long siège. Aussi le proconsul a-t-il décidé qu'il renoncerait à prendre Avaricum si au bout de trois jours la place ne se rendait pas d'elle-même ^
César oublie, quand il affirme que les prisonniers étaient des imposteurs, qu'il nous a parlé au commencement du livre VII des souffrances inouïes qu'enduraient ses troupes. Il est vrai qu'au début de l'investissement de l'opptdtim des Bituriges, la constance dont ses légions donnaient chaque jour des preuves était admirable. Elles avaient alors une foi absolue dans la victoire. Leur misère, avec le temps, était devenue sans doute intolérable. De plus, les chances de succès étaient nulles. Nous avons vu quel avait été le résultat de l'attaque du camp gaulois conduite par le proconsul en personne. Cet échec ne fut pas le seul que les assiégeants éprouvèrent. L'auteur des Commentaires se contente de faire dire à Vercingétorix que la cavalerie qu'il avait emmenée avec lui loin du camp, où elle ne pouvait rendre aucun service, avait été utile là où il l'avait conduite. Que ce mot utile est admirable! César l'emploie pour masquer un fait qu'il ne peut pas omettre complètement, mais qu'il veut faire passer inaperçu. Nous savons que Vercingétorix n'a pas trouvé les troupes du proconsul dans l'endroit où il les guettait, et pourtant son expédition n'a pas été inutile. Peut-on penser que c'est uniquement parce que les chevaux ont pu se repaître à leur aise et que leurs maîtres ont pu rapporter avec eux quelques bottes de fourrages? Non! certes! Il dut y avoir, disons plus, il y a eu quelque rencontre heureuse pour les Gaulois. On ne saurait trop admirer le grand talent de César pour cacher et dire tout à la fois la vérité !
S'il nous fallait apporter une preuve du fait que nous venons d'avancer, nous citerions une phrase d'Eutrope qui nous semble typique. Il y est dit, qn'Avaricumy après un