‹ Histoire nationale des Gaulois sus VercingétorixChapitre 98 sur 190 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

Mesures prises par Yercingétorix après la prise d' A varicum. — Discours du Pen-Tiern. — Levées d*honitnes. — Intrigues nouées avec les différents chefs de tribus. — Troubles dans le pays des Eduens. — César forcé de se rendre à Decetia. — Grande assemblée réunie dans cette ville. — Soulèvements des Sénons et des Parisiens. — César donne à Labiénus le commandement de quatre légions. — La campagne en Arvernie est décidée. '— Coup d'œil sur l'Arvernie. — La communauté rurale. — Une page de Legrand d'Aussy. — Marche de César sur Gergovia. — Description de la ville. — Position du camp romain. — Prise de la Roche-Blanche. — César tente de s'emparer de Gergovia par un assaut général. — Il est repoussé. — Défaite des Romains.

Après la chute à'Avaricuyn, César crut sans doute un instant que cette rude campagne d'hiver allait être finie. Le découragement, en effet, était extrême au camp des Gaulois, malgré toutes les précautions que le Pen-Tiern avait prises d'abord pour éviter que l'arrivée des fugitifs n'amenât de graves désordres. Huit cents guerriers environ échappèrent au massacre ; Yercingétorix les reçut en silence et dans l'obscurité de la nuit ; ils appartenaient à des tribus différentes. Le général en chef avait eu soin d'envoyer à leur rencontre des brenns qui étaient de leurs diverses nationalités.

Chacun d'eux avait pour mission de reconnaître les hommes de son pays et de les conduire vers la partie du camj) occupée par leurs frères.

Lorsque l'aube parut, Yercingétorix réunit toute son armée et chercha à la consoler.

€ Il ne faut, dit-il, ni se laisser abattre ni se troubler par ^ un revers. Les Romains ne doivent point la victoire à leur

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valeur. Ils ne Tont pas emporté sur nous en bataille rangée. Leur succès a pour cause l'habileté qu'ils ont de conduire les travaux d'un siège, ce que nous ne savons pas faire aussi bien qu'eux. On se tromperait si l'on prétendait être toujours heureux à la guerre « erraresi quis in bello omnes secundos rerum proventûs expectentK »

Avant de donner la suite des paroles prononcées par Vercingétorix en cette occasion mémorable, nous voulons attirer d'une manière toute spéciale l'attention de nos lecteurs sur la dernière phrase .rapportée par nous. Ce n'est pas sans intention que nous avons mis à côté de la traduction le texte même de César. Pour relever le courage de ses troupes, Vercingétorix dut évidemment leur ps^ler de ces glorieuses journées des premiers temps du siège où la fortune avait été de leur côté. Il dut les mettre en regard de leur défaite présente. Toutes les expéditions tentées par lui, Vercingétorix, tous les coups de mains contre les troupes de César, quand elles sortaient de leurs retranchements, avaient réussi au gré de leurs désirs. Le proconsul qui nous rapporte le discours du Pen-Tiern glisse encore ici. Il dénature sa harangue, il semble, en lisant le passage des Commentaires qui nous occupe en ce moment, que Vercingétorix ait parlé d'une manière générale. « On se tromperait si l'on prétendait être toujours heureux à la guerre. > Ce n'est point avec une phrase aussi sèche que notre grand héros s'exprima. Ou sent le procédé habituel de César. Errare si quis in bello omnes secondos rerum proventûs expectent, est une habileté de style ; rien de plus.

Le Pen-Tiern ajouta :

« Je n'ai jamais été d'avis qu'on épargnât la ville d'Avaricui/i, tous sont là pour en témoigner. L'imprudence des Bituriges et l'excessive complaisance des autres chefs de l'armée ont causé tout le désastre. De plus grands avantages l'auront bientôt réparé. Grâce aux négociations que j'ai jentamées, les tribus, qui jusqu'à présent se sont tenues éloignées de notre cause, vont se joindre à nous. La Gaule ne

i. Bello GalLy\{\y\x}\,

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fera plus ainsi qu'un seul corps de nation auquel Tunivers entier ne saurait résister. L'heure où cette heureuse union doit être réalisée est proche, mais cependant il faut que toute Tarmée travaille sans retard à fortifier le camp pour le mettre en état de repousser les attaques que César dirigera sans doute à rimproviste contre nous. »

Ce discours plut à la masse des guerriers. Ils surent gré à Vercingétorix — nous dit le proconsul — de n'avoir pas désespéré dans un si grand revers, et de ne s'être ni caché, ni dérobé aux regards.

Nous croyons voir là un indice des mauvaises dispositions qui au premier moment animèrent une partie de l'armée. Il est possible que la vie du Pen-Tiern ait été menacée par ses soldats que la douleur égarait. Nous devons rapprocher du passage que nous venons de citer celui où César nous parle des craintes d'émeute et de sédition que l'arrivée au camp des débris de la garnison i'Avaricum avaient fait nailre dans son cœur. Mais ce qui doit surtout nous frapper dans les paroles de notice héros, c'est que nousy voyons révélé par lui le but qu'il poursuivait, et que, sans la Jtrahison, il se sentait de force à atteindre. Il nous apprend que ce qu'il voulait passionnément, c'était de fonder une puissante Unité nationale, et c'est à cause de celte déclaration formelle qu'il nous est surtout cher.

Le peuple gaulois à partir du moment où cette grande parole eut retenti à son oreille, eut une confiance illimitée dans son Pen-Tiern. Il comprit que Vercingétorix était le chef qu'il lui fallait, puisque ses désirs et les leurs étaient identiques.

L'unité nationale I C'était ce qu'avait recherché aussi Keltil. C'était ce à quoi les nobles avaient voulu tendre, mais par des moyens que réprouvait la partie la plus éclairée de la nation. Nous savons par les Commentaires que les chefs se mariaient avec des jeunes filles appartenant à de riches et puissantes familles. Ces unions, répétées pendant une loogue suite de générations, eussent amené tous le^ clans sous le pouvoir d'un petit nombre de brenns. La monarchie autrichienne ne s'est pas constituée autrement. Les campa-

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gnes pou vaientétre flattées de voir leurs chefs agrandir leurs domaines. Nous savons que les paysans gaulois étaient réduits à une condition qui n'était guère meilleure que celle des esclaves ou plutôt des serfs. Mais dans les villes il y avait une classe plus indépendante, une classe qui vivait du pro* duit de son industrie ou de son art. Les hommes qui la composaient ne séparaient point la cause de Tunité nationale de celle de la liberté. Ce qu'ils voulaient, c'était de vivre libres dans la patrie unie et par cela même si forte, que Tunivers entier ligué contre elle ne pourrait lui résister.

Celte classe d'ouvriers existait à Avaricum; elle existait aussi à Bibracte, et c'est elle (|ui à la un l'emporta sur la noblesse et le clergé qui eux ne demandaient que l'alliance romaine. Avec le temps ces habitants des villes eussent pris une importance considérable. Sans la conquête romaine, ils auraient fini par former pour ainsi dire une bourgeoisie gau. loise amie de tout progrès et dans les rangs de laquelle la patrie eût recruté ses meilleurs défenseurs.

César s'aperçut bientôt que la guerre n'était point finie. Il s'en étonne. Il est presque jaloux de son adversaire. « Ainsi, nous dit-il, tandis que les revers ébranlent le crédit des autres généraux, cet échec ne fit qu'accroître le sien de jour en jour. >

C'est qu'il existe une immense différence entre* presque tous les autres hommes de guerre et Vercingétorix. Les plus grands capitaines n'ont d'ordinaire d'autre but que leur gloire et leurs intérêts personnels. Leurs soldats servent fidèlement, tant qu'ils sont victorieux, parce qu'ils ont un riche butin. Le peuple de la Gaule savait que l'homme qu'il avait mis à sa tête n'avait d'autre guide que l'amour de la patrie. Vercingétorix est un frère aîné, un précurseur de notre sublime Jeanne d'Arc, de cette paysanne inspirée qu'on n'a pas craint de surnommer le Christ-femme. Pas plus qu'elle, il n'est ambitieux. Nous l'avons vu tout prêt à descendre du haut rang où la faveur populaire l'avait placé. Il ne faut pas chercher ailleurs la cause de l'ascendant, qu'après la chute d* Avaricum surtout, Vercingétorix prit sur son armée. Les guerriers à la longue chevelure, pourtant si peu habitués au

travail qui, dans toutes les Gaules, était plutôt le partage des femmes, creusèrent des tranchées autour du camp, devinrent obéissants et furent prêts à tout endurer.

Ne voit-on pas p&rcer à chaque ligne le dépit de César? La victoire, nous Tavons montré, devait, croyait-il, amener la dispersion complète et prompte de la grande armée du Pen- Tiern. Il n'en était rien. Son succès d'Avaricum ne rendait sa situation que plus mauvaise, puisque l'adversité n'avait d'autre résultat que de rendre Vercingétorix plus populaire.

César, quelque fin politique qu'il fût, ne comprenait rien au vent de rénovation qui passait sur le pays qu'il s'était donné la mission de conquérir. Une des plus grandes villes des Gaules, sa plus belle peut-être, Avaricum enfin, vient d'être saccagée, sa population a été massacrée, et le Pen- Tiern a osé dire que les tribus, encore indécises, vont embrasser la cause de l'indépendance nationale ! Mais une semblable assertion n'est-elie point de la folie! Le proconsul aurait pu craindre que si son rival avait remporté un avantage signalé, un soulèvement aurait éclaté, mais le lendemain d'un revers!... Et le héros arverne tint parole. Les principaux chefs des peuplades qu'il voulait gagner furent visités par des hommes dans lesquels il avait mis toute sa confiance.

César nous dit qu'il employa à la fois la persuasion et les présents. Il nous parle aussi de feintes caresses^. Il juge son adversaire d'après ce dont lui-même était capable. Lui, qui avait acheté la conscience de presque tous les fonctionnaires de Rome, cette ville à vendre, suivant la belle expression de Jugurtha, il ne peut comprendre qu'on pût employer d'autres moyens que la corruption et les basses flatteries. Il veut que le Pen-Tiern ait agi comme lui. Il faut avouer que Vercingétorix eût pris singulièrement son temps. Il venait de subir un grave échec. Quels présents assez riches eussent pu déterminer les brenns à s'allier avec lui, au moment même où J'armée envahissante triomphait. Le proconsul nenoussem-

i.Bell. Gall.yWl, xxx .

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ble pas mieux inspiré quand il nous assure que son jeune adversaire sut employer un adroil langage». On sent qu'il prend ici le mot adroit en mauvaise part. L'argument que Vercingétorix mettait toujours en avant était fort simple; il résultait des faits : II exposait avec franchise aux chefs que c'en était fait de l'indépendance de tous les chefs et de leurs peuplades s'ils ne se liguaient point avec lui contre l'envahisseur, contre leur mortel ennemi.

Le général en chef de l'armée gauloise commença par vêtir et par armer les rares habitants d'Avaricum qui avaient échappé au désastre. Nous croyons qu'après la ruine de leur capitale, un certain nombre de Bituriges, au lieu de rejoindre l'armée du Pen-Tiern, quittèrent les campagnes où ils ne se croyaient plus en sûreté, malgré la présence de forces imposantes, et émigrèrent en masse. Les tribus dont ils eurent à traverser le territoire les accueillirent avec le respect dû à leur infortune. Ils allèrent droit devant eux jusqu'à ce que la terre manquât sous leurs pas. Ils arrivèrent ainsi au bord de l'Océan et se fixèrent dans une région que ses premiers possesseurs leur abandonnèrent sans trop de regrets, ne la trouvant pas très fertile.

Pour renforcer son armée, Vercingétorix demanda à chaque peuplade confédérée de lui fournir un certain nombre de guerriers et fixa le jour de leur arrivée au camp. C'étaient sans doute des soldats d'élite appartenant à la trimarchisia, triple cavalerie, ou tout au moins des hommes de condition libre et bien armés. Ce qui nous a suggéré cette idée, c'est que César les distingue absolument des simples archers qui étaient fort nombreux d'ailleurs et dont au surplus le Pen-Tiern faisait grand cas. Dans certaines circonstances, il en rassembla un grand nombre et sut tirer un merveilleux parti de leur adresse. Ces combattants, dont l'armement était des plus simples, étaient vraisemblablement levés parmi les gens des pagi. Leurs arcs étaient en bois d'if. Quoique les propriétés de certains sucs végétaux fussent bien connues de nos pères, il est constant qu'ils n'empoisonnaient pas leurs flèches, du moins celles dont ils se servaient à la guerre. Nous voyons donc que les vides

causés dans les rangs de Tannée par le massacre des 10000 soldats tués dans Avaricum furent promptement comblés, grâce aux sages mesures que sut prendre Vercingétorix.

Un des premiers brenns gaulois qui, avec tous leurs hommes, vinrent se joindre à l'armée du Pen-Tiern, fut Teutomat, fils d'Ollovicon, righ des Nitiobriges. Cet OUovicon avait reçu du sénat romain le titre d'ami. Sa défection fut donc particulièrement sensible à César. Ce renfort se composait de cavalerie levée dans le sein de sa peuplade et aussi en Aquitaine. Ceci nous prouve combien la cause de l'indépendance gagnait du terrain. L'Aquitaine n'était pas une terre purement gauloise, et cependant elle envoyait ses fils combattre sous la bannière du héros Arverne.

Les troupes de César étaient si épuisées, qu'elles ne purent sur-le-champ. poursuivre le cours de leur succès. Le proconsul s'arrêta quelque temps à Avaricum, où il trouva beaucoup de provisions. Il y demeura, avant de l'incendier, jusqu'à ce que le printemps ramenât de beaux jours. Alors il résolut de reprendre l'offensive avec une extrême vigueur. Son inaction favorisait les desseins de Vercingétorix, dont l'armée grossissait sans cesse et gagnait chaque jour en discipline et en confiance dans son chef suprême. César se préparait donc à marcher avec toutes ses forces contre le 'camp des Gaulois, soit pour en commencer le siège, soit plutôt pour attirer hors de leurs retranchements les imprudentes et fougueuses catervœ de son jeune adversaire et les contraindre à se mesurer avec ses légions, quand une députation formée d'hommes choisis parmi les colliers d'or Eduens les plus considérés vint le mettre au courant de ce qui se passait à Bibracte et dans tout leur pays. César renonça aussitôt à ses projets, et partit avec toute son armée après avoir changé ^ï;aricum en un immense brasier. Autre exemple de la clémence dont se vante le proconsul! Nous ne savons en vérité ce qu'il entend par ce mot qui s'accorde bien peu avec ses actes. Partout où il est vainqueur, il sème le meurtre, le pillage et l'incendie. Les seules villes qu'il épargne sont celles qu'il n'a pu prendre. Mais poursuivons notre tâche. L'itinéraire adopté par César le force à

passer à deux lieues environ de Tendroit où les Gaulois sont si fortement retranchés. Il ne semble pas que Vercingétorix ait rien tenté pour harceler les légions ; la raison en est fort simple. Il était au eourant de ce qui se passait chez les Eduens, il pouvait donc compter que César allait se trouver au milieu d'une guerre civile ; c'est ce qu'il attendait pour attaquer les Romains.

Nous avons parlé plusieurs fois déjà des efforts que faisaient les hommes du peuple pour constituer à Bibracte un grand parti national. Nous avons montré que les druides et les colliers d'or, ennemis à l'origine, avaient confondu leurs intérêts et s'étaient unis pour défendre leurs privilèges. Ils étaient en un mot très hostiles à la cause nationale que d'abord ils avaient voulu, mais inutilement, exploiter à leur profit. Pendant toute la durée du siège d^Avaricum^ Vercingctorix avait cherché à faire entrer les Eduens dans sa ligue, et il faut croire que les avantages signalés remportés au début par ses jeunes troupes sur les vieilles légions donnèrent beaucoup d'influence aux guerriers de son parti. La chute même de la capitale des Bituriges ne mit point un terme à ce mouvement. Elle ne fit peut-être que l'accentuer en faisant comprendre encore mieux aux habitants de cette région, la Bourgogne actuelle, qu'il était grand temps de réunir en un seul faisceau toutes les forces éparses de là Gaule, sans quoi la patrie deviendrait la proie irrémédiable des Romains.

César fit donc diligence avec ses troupes pour gagner Decetia (Decise), où Divitiac et les autres prêtres l'appelaient. Voici pourquoi. Tous les ans, les Eduens, d'après des usages qui se perdaient dans la nuit des temps, élisaient un magistrat suprême auquel il était strictement défendu de sortir du'territoire. Il prenait, nous disent les Commentaires, le titre de Vergobreith, un mot gaulois dénaturé qui semble avoir été fear-go-breith, homme qui rend les jugements. Le peuple de notre pays tient tellement à ses vieilles traditions, que jusqu'à la Révolution française le premier magistrat d'Autun, cette ville qui remplaça Bibracte, prit le titre de vierg ou de verg. On voit que la filiation n'est pas difficile à

établir entre ce mot et vergobreith. Tout nous porte à croire que l'organisation du pouvoir chez les Eduens différait de ce que nous savons qu'elle était dans le reste des Gaules. En effet nulle autre part il n'est fait mention de la haute fonction qui nous occupe. Le Vergobreith avait droit de vie ou de mort *. César, pour définir le pouvoir qui lui était confié, ne craint pas d'employer ces mots ; regia potestas, puissance royale.

Il semble qu'à côté de cette charge il en ait existé une autre qui ne lui cédait guère en importance^ et qui pourrait d'ailleurs se confondre avec elle. Le proconsul n'a point pour but, dans ses Commentaires, de faire connaître véritablement les Gaules. Il n'est donc pas possible, d'après ses écrits, de se faire une idée bien nette de ce que pouvait être la constitution du peuple éduen. Les textes qui devraient nous renseigner sont très confus. Un d'eux même se prête à une double interprétation. Le sens que lui donnent quelques traducteurs est tout à fait en contradiction avec celui que d'autres, non moins savants, lui trouvent. Nous ne prendrons parti pour personne, et nous nous contenterons de raconter les faits.

Deux citoyens avaient été revêtus du titre de Vergobreith, et chacun d'eux prétendait que son élection était valable. L'un, qui s'appelait Convictolitan, était jeune et d'une naissance illustre. L'autre, nommé Cot, était, lui aussi, issu d'une des anciennes familles delà Confédération. Il était également puissant par son crédit et par ses alliances. César cita à comparaître devant lui à Decetia tous les sénateurs et les deux prétendants. Dans ses Commentaires , il nous apprend que € presque toute la nation s'y trouva réunie *j>. Nous pouvons nous faire une idée de ce qu'étaient ces assemblées où tous les membres d'une peuplade assistaient. Autour de Decetia, qui devait être une bourgade dont l'importance provenait d'un pont jeté sur la Loire, des tentes avaient été dressées. Les hommes des divers clans éduens campaient autour

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