‹ Histoire naturelle ... comprenant les cétacés, etcChapitre 190 sur 470 · L: chalcide, le seps, &ic · texte numérisé non relu

L: chalcide, le seps, &ic

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Le L. monodactyle,

Ce monodactyle a beaucoup de rapports avec le seps et le chalcide. Ses quatre pattes sont très-menues et si courtes, que leur longueur est à peine égale à la distance d'un œil à l'autre. Chacun de ces quatre pieds ne présente qu'un doigt, et ce doigt est couvert d'écailles très-petites, un peu semblables à celles qui revêtent le dos.

La tête, le corps et la queue sont d'ailleurs cylindriques et si allongés , qu'ils donnent au morodactyle , indépendamment de la brièveté de ses pattes, une très-grande ressemblance avec une couleuvre. Le dessus de la téte présente douze lames de dilférentes figures et de grandeurs inéga'!es. Les deux plus grandes de ces lames sunt placées l’une devant l'autre, et les dix moins grandes sont distribuées autour de ces deux premières. Le museau est délié et mousse, la langue piate, courte , large, arrondie par le bout ; et l'ouverture de l’oreille, située auprès de l'angle des lèvres. Le dessus et le dessous du corps et ue la queue sont garnis d'écailies allongées, pointues et relevées par une arête. Ces écailles , qui antie cipent latéralement l’une sur l'autre, forment des rangées transversales , placées en païtie l'une au-dessus de l'autre , et qui paraissent comane festonnées.

Dans l'individu que nous avons décrit, la tête avait 46 millimètres de longueur, le corps 97, et la queue 375. La longueur totale de ce reptile était done de 488 millimètres.

Le tétradactyle a les quatre pieds très-meuus comme ceux du monodactyie , et si courts, que leur longueur n'égale pas celle de la tête, et qu'ils peuvent à peine atteindre à terre. Aussi le tétradactyle est-il un véritable reptile, de mème que le monodactyle , le seps, le chalcide, le lézard serpent décrit daus Linnée au n° 75 de l'édition de Gmelin ; et de même que tous les vrais serpents, il ne se meut que par le moyen des ondulations de son corps, et de sa queue qu'il peut plier en demi-cercle et étendre alternativement.

On compte quatre doigts à chaque pied; le premier et le quatrièrge sont l'un et l'antre extrêmement courts ef difficiles

à voir ; le second est à peu près deux fois plus long que le premier, et le troisième deux fois plus long que le second.

L'ensemble de l'animal est, comme celui du monodactyle, allongé, cylindrique et semblable à celui d'une couleuvre. Le corps est six fois plus long que la tête , et la queue trois ou quatre fois plus longue que le corps et la tête pris ensemble.

Les formes et la distribution des petites lames qui recouvrent la tête ont beaucoup d'analogie avec celles des lames qui revétent le dessus de la tête de presque toutes les couleuvres. Leur nombre est de onze ; elles sont inégales en surface. Voici quelle est ler disposition : on en voit d'abord une , ensuite une seconde, de chaque côté de laquelle paraît une rangée de trois autres écailles; la neuvième, la dixième et la onzième forment un dernier rang placé transversalenent, et dans lequel celle du milieu est la plus petite.

Les deux ouvertures des narines sont situées à l'extrémité du museau, qui est délié et arrondi ; la langue plate, courte, large et un peu arrondie par le bout.

Un sillon est creusé de chaque côté de l’animal, depuis l'angle des mâchoires auprès duquel on aperçoit l'ouverture de l'oreille, jusques à la patte de derrière.

Le dessus du cou et celui du corps sont garnis de petites écailles presque carrées, relevées par une arête , et disposées de manière à représenter des demi-anneaux qui s'étendent d'un sillon à l’autre. On compte soixante-cinq de ces demianneaux, dont le premier est composé de vingt petites écailles,

Le dessous de la tête, du cou et du corps, est revêtu d'écailles un peu plus grandes que celles du dos , hexagones et unies. :

La queue est comme renfermée dans une gaîne composée de cent quatre-vingt-un anneaux, dont chacun est formé d'écailles carrées et semblables à celles du dos.

L'individu que nous avons eu sous les yeux avait 291 millimètres de longueur totale.

cet individu , ainsi que celui de l'espèce de monodactyle, ‘que nous avons examiné, était conservé dans de l'alcool, et faisait partie de la nombreuse collection cédée à la République française par la République de Hollande.

Dans notre distribution méthodique des quadrupèdes ovipares, nous avons divisé le genre des lézards en huit sous-genres , et compris dans le sixième ceux de ces reptiles qui n’ont que trois doigts à chaque pied ; nous compterons dorénavant deux sous-genres de plus dans ce même genre ; nous inscrirons le tétradactyle dans l’un de ces deux sous-genres nouveaux, qui sera distingué par les quatre doigts de chaque pied ; nous placerons le monodactyle dans l'autre, dont le caractère distinctif sera un doigt unique à chacun des pieds de l'animal : l’un de ces sous-genres précédera celui des lézards à trois doigts ; et l’autre sera inscrit à la suite de ces reptiles tridactyles , sur le tableau général des quadrupèdes ovipares.

Le monodactyle et le tétradactyle appartiennent tous les deux au onzième sous-genre de lézards, établi dans la treizième édition de Linnée, que nous devons aux soins du professeur Gmelin; et, d’après les principes que M. Alex. Brongnfart a suivis dans son ouvrage sur l’ordre naturel des reptiles, il faudra placer le tétra-

dactyle et le monodactyle dans le genre auquel il a appliqué le nom de Chulcide.

Nous ne terminerons pas ce mémoire sans rendre compte du résultat des observations que nous avons faites sur deux espèces curieuses de lézards, le Gecxo et le Geckorte. Depuis la réunion de la collection ci-devant stathoudérienne à celle de la République française, nous avons été à même d’examiner un très-grand nombre de geckottes et de geckos. Nous avons vu une série de geckos , que nous avons arrangés d’après l’altération plus ou moins grande de leurs formes extérieures, présenter toutes les nuances de diminution dans les tubercules globuleux dont cette espèce de lézard est ordinairement recouverte, jusqu’à la disparition totale ou du moins presque totale de ces tubers cules arrondis. Nous ignorons si ces différences dans la grosseur de ces grains tuberculeux doivent être rapportées au climat, à la nourriture, à l’âge ou au sexe. Mais quelque gecko que nous ayons eu sous les yeux, il ne nous a jamais présenté que des tubercules demi-sphériques, soit que ces tubercules fussent très-grands ou à peine visibles. Ce n’est que sur les geckottes que nous avons vu, indépendamment des petits grains plus ou moins durs, par le moyen desquels leur peau paraît légèrement chagrinée, des tubercules ordinairement assez grands, inégaux en volume, et toujours conformés comme de petites pyramides à trois faces. Ces tubercules pyramidaux hérissent le dessus de la tête et du corps. Ils revêtent aussi la totalité ou une partie de la queue, pendant que l’animal est encore jeune. Ce sont ces tubercules à facettes, dont la présence nous a paru l'indication la plus sûre pour faire distinguer un geckotte d'avec un gecko. Les geckos ont souvent de gros tubercules, mais ils n’en ont jamais aucun qui présente une petite pyramide ; et tous les geckottes présentent un nombre plus ou moins grand de ces petites pyramides à trois faces sur leur tête et sur leur corps.

Ce caractère indicateur nous paraît devoir être préféré à celui que nous avons proposé dans l'Histoire naturelle des Quadrupèdes ovipares, et qui consiste dans la présence ou dans l’absence d’unerangée de tubercules creux, disposés régulièrement sur la face interne de chaque cuisse. Nous n’avions encore vu de ces tubercules creux, et destinés à filtrer et à répandre une liqueur plus ou moins abondante

D'UN QUADRUPÉDE OVIPARE

que sur les cuisses du gecko; mais nous nous sommes assurés depuis, par la comparaison attentive d’un grand nombre d’individus, que plusieurs véritables geckos sont privés de ces tubercules, et, d’un autre côté, que plusieurs vrais geckottes en sont pourvus. Il en est de même dans l’espèce de lézard que Houttuyn a fait connaître, que l’on a nommé le Rayé, dont M. Alex. Brongniart a publié une figure très-exacte, et qu’il faut placer dans le même sous-genre que les geckottes et les geckos.

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Parmi les très-nompreux individus de cette espèce d’Houttuyn, que renferme la collection du Muséum, nous en avons vu plusieurs avec des tubercules creux sur les cuisses, et d’autres entièrement dénués de ces organes. Nous tâcherons de savoir si la présence ou l’absent@ de ces tubercules, qui peuvent être le signe d’une diversité assez remarquable dans l’organisation intérieure, dépend de l’âge, ou du sexe, ou de toute autre cause.

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