‹ Histoire naturelle ... comprenant les cétacés, etcChapitre 225 sur 470 · DU PÉROU · texte numérisé non relu

DU PÉROU

Naia tripudians, Merr. ; Col. Naja, Linn., Gmel.; Col. Peruvii, Lacep.; Vipera Naja, Latr., Daud *.

Nous ne connaissons ce serpent que pour en avoir vu la figure et la description dans Séba 2; quelque rapport qu'il ait avec le naja des Indes Orientales, nous avons cru devoir l’en séparer, parce qu’il n’a pas autour du cou ces membranes susceptibles d’être gonflées, cette extension considérable qui distingue le serpent à lunettes de l’ancien continent; et l'on ne peut pas dire que l'individu représenté dans Séba eût été pris dans un âge trop peu avancé pour avoir autour du cou cette extension membraneuse, puisqu'il était aussi grand que plusieurs naja garnis de ces membranes, que l'on a comparées à une couronne où à un chaperon. Ce serpent à lunettes du Pérou ressemble d’ailleurs beaucoup au naja des grandes Indes ; il a la tête garnie de grandes écailles, une bande transversale d’un gris obscur, qui lui forme un collier, le dessus du corps roux, varié de blanc et de gris, et le dessous, d'une couleur plus claire. Peut-être

« pales îles de l'Océan oriental. Un jésuite, dans certaines re= « latious, parle de quelques autres pierres de serpent qui sont « vertes.

« Je n'en ai jamais vu ni éprouvé de vertes, mais si leurs « propriétés sont, comme il le dit, les mêmes que celles des « pivrres artificielles, je crois être bien fondé à douter de la « vertu des unes et des autres, et à mettre ces Jogues au rang « des charlatans, car ils vont dans les villes commerçantes « dés Indes, portant, autour de leur cou et de leurs bras, des « serpents à chaperon auxquels ils ont soin d'arracher aupa- « ravant toutes les dents (comme l'assure Garcias da Orto), « et d'ôter tout le venin. Je n'ai pas de peine à craire qu'avec «ces précautions , ils s'en fassent mordre impunément, et « encore moins qu'ils persuadent au peuple que c'est à ces « pierres appliquées sur leurs blessures, qu'ils doivent leur « guérison. Ts

« On objectera peut-être comme une preuve de la sympa- « thie de cette pierre avec le venin, la vertu qu'elle a des’at- « tacher fortement aux blessures empoisonnées; mais elle « s'attache aussi fortemeut aux plaies où il n'y a point de « venin, et à toutes les parties du corps qui sont hurnectées « de sang ou de quelque autre liqueur, par la même raison « que s'y attachent la terre sigillée et toute ‘autre sorte de « bol. » Rédi, observations sur diverses choses naturelles, etc. Coll. ac., partie étr., t. IV, p. 541, 542 et 554.

Au resle, le sentiment de Rédi a été confirmé par M. l'abbé Fontana. Voyez son ouvrage sur les Poisons, t. IX, p. 68,

1 Ce serpent, indiqué à tort comme propre au Pérou, appartient à l'espèce du Naja, des Indes orientales, ci-avant décrite, p.347. D.

3 Séba, t. II, pl. 85, fig. 1

faut-il rapporter à cette espèce un petit serpent à lunettes de la Nouvelle-Espagne, qui est éga- Jement figuré et décrit dans Séba !, et quin'a pas autour du cou d'extension membraneuse.

Ce reptile a de grandes écailles sur la tête, un collier noirâtre, et le corps jaunâtre, entouré de petites bandes brunes.

LE SERPENT A LUNETTES

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