‹ Histoire naturelle ... comprenant les cétacés, etcChapitre 421 sur 470 · LA CHIMÈRE ANTARCTIQUE · texte numérisé non relu

LA CHIMÈRE ANTARCTIQUE

Callorhynchus antarctiens, Cuy.; Chimæra callorhyn- Chus, Linn., Gmel., Lacep. ?,

Cette chimère, qui se trouve dans les mers de l'hémisphère méridional , et particulièrement dans celles qui baignent les rivages du Chili et les côtes de la Nouvelle-Hollande , ressemble beaucoup, non-seulement par ses habitudes , mais encore par sa conformation , à la chimère arctique. Elle en est cependant séparée par plusieurs différences, que nous allons indiquer en la décrivant d’après un individu apporté de l'Amérique méridionale par le célèbre voyageur Dombey. La peau qui la recouvre est, comme celle de la chimère arctique, blanche, lisse et argentée ; le corps est également très-allongé, et plus gros vers les nageoires pectorales que dans tout autre endroit. Mais la ligne latérale, au lieu de se réunir à celle du côté opposé, se termine à la nageoire de l'anus; le filament placé au bout de la queue est plus court que sur l’arctique; on voit sur le dos trois nageoires très-distinctes, très-séparées l’une de l’autre, dont la dernière est très-basse, la seconde en forme de faux, ainsi que la première, et la première soutenue vers la tête par un rayon long, très-fort et très-dur. Les nageoires pectorales et ventrales sont attachées à des espèces de prolongations charnues, La tête est arron-

die ; elle présente plusieurs branches des deux

lignes latérales, qui serpentent sur ses côtés, entourent les yeux, aboutissent aux lèvres ou au museau, ou se réunissent les unes aux autres : mais ces rameaux ne sont pas creusés en sillons , ni disposés de la même manière que sur l’arctique; et ce qui forme véritablement le caractère distinctif de la chimère antarctique,

{ Chalgua, achagual, en langne arauqüe. — Roi des ha rengs du Sud, Daubenton, Enc. méth. — Id. Bonnaterre, pl. de l'Enc. méth.— Callorhynchus, Gronov. mus. 59, n, 130, tab. 4. — Pejegallo, Frez. It. 1, p.211, tab. 47, fig. 4. — Elephant-fish, Ellis, premier Voyage de Cook. — Poisson coq, Essai sur l'hist. nat. du Chili, par M. l'abbé Molina,

P 2 Le genre Callorhynque de Gronovius a été adopté par M. G, Cuyier. D,

DES POISSONS

c'est que le bout de son museau, et en quelque sorte sa lèvre supérieure, se termine par un appendice cartilagineux qui s’étend en avant et se recourbe ensuite vers la bouche. Cette extension , assimilée à une crête par certains auteurs , a fait nommer la chimère antarctique /e Poisson Geg, et, comparée à une trompe par d’autres écrivains, a fait appeler la même chimère Poisson Éléphant. La chair de ce cartilagineux est insipide, mais on en mange cependant quelquefois. 11 parvient ordinairement à la longueur de trois pieds.

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