DES MERS VOISINES DU JAPON
geux et les plus éclairés, toutes les investigations les plus hardies et les plus attentives des Humboldt , toutes les recherches faites par les savants zoologues du nouveau continent, n’ont ajouté qu’un petit nombre d’espèces aux catalogues déjà dressés par les amis des sciences naturelles. C’est donc une chose assez curieuse que de rencontrer plusieurs espèces non encore connues des naturalistes, parmi ces mammiferes, et particulièrement parmi ceux auxquels on à donné le nom de cétacées , et qui, par la nature et l'éloignement de leurs retraites, se dérobent si souvent aux observations.
Lorsque nous avons essayé d'écrire l’histoire de ces cétacées , nous avons tâché de montrer combien ils méritaient l’attention du naturaliste, du philosophe et de l’homme d'état, par leur grandeur qui surpasse celle de tous les animaux connus , par leur instinct, par leur intelligence, par leurs mœurs que l'influence de l’homme n’a point altérées , par leur conformation qui les oblige à vivre sur la surface des mers , par la longueur de leur vie, par l’étendue de leurs migrations , par l’huile, les fanons , l’adipocire , l’ambre gris, et les autres substances précieuses qu’ils fournissent au commerce, et par la nature de leur pêche à laquelle on doit tant de marins accoutumés à braver les éeueils, les intempéries , les tempétes et les dangers d’un combat-inégal. Depuis longtemps, dans l'Océan atlantique , les grands cétacées sont relégués vers les mers voisines des cercles polaires, dont d'énormes montagnes de glace rendent l’entrée si difficile aux navigateurs. Les Européens et les habitants de l'Amérique les poursuivent maintenant jusque dans le grand Océan ; et c’est dans la partie de ce grand Océan qui avoisine le Japon, qu’on pourra trouver les espèces que nous allons décrire , et qui doivent être , depuis plusieurs années , l’objet de la recherche des Japonais.
Avant la publication de mon Histoire naturelle des cétacées , on ne connaissait encore que vingt-cinq espèces de ces animaux , distribuées dans quatre genres. J’en décrivis trente-quatre pour lesquelles je crus devoir distinguer dix genres différents. Les espèces ajoutées à ces trente-quatre , par M. le chevalier Cuvier , M. de Blainville, et d’autres habiles naturalistes ou observateurs, sont en petit nombre.
J'en décris aujourd’hui huit de plus. Deux appartiennent aux baleines proprement dites ;
quatre au genre des baleinoptères que j’ai établi dans le temps; une au genre des physétères, et une à celui des dauphins.
Les dessins coloriés , d’après lesquels j’ai décrit ces huit espèces de cétacées japonais, ont été communiqués au Muséum royal d'Histoire naturelle , par M. Abel de Rémusat, membre de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres. Ils présentent pour les caractères distinctifs une grande netteté, et tous ces signes de l'authenticité et de l’exactitude que les zoologistes sont maintenant si accoutumés à reconnaître; et voici les traits particuliers de ces huit espèces.
Le tableau placé à la suite de cette note !, rappellera les caractères des cétacées, et ceux des ordres et des genres auxquels appartiennent ces huit mammifères.
Les deux baleines du Japon sont du premier sous-genre; c’est-à-dire qu’elles n’ont pas de bosses sur le dos.
Dans ces deux cétacées, la longueur de la tête est égale au quart de la longueur totale.
Dans la première, que je nomme baleine japonaise, l’évent est placé un peu au devant des yeux ; la nageoire caudale est grande; on voit sur le museau trois bosses garnies de tubérosités, et placées longitudinalement ; la couleur générale est noire ; le ventre est d’un blanc éclatant , et cette grande place blanche est comme festonnée profondément dans son contour ; les mâchoires, les bras ou nageoires pectorales, et la caudale, sont bordés de blanc; des lignes courbes, noires et très-fines relèvent le blanc qui est autour des yeux et de la base des pectorales ; on distingue des groupes de petites taches blanches sur la mâchoire inferieure, et d’autres petites taches de la même couleur sont répandues sur le museau.
J'ai donné le nom de lunulée à la seconde baleine dont l'évent est placé un peu en arrière des yeux, et dont les deux mâchoires sont hérissées à l'extérieur de poils ou petits piquants noirs. La couleur générale est verdâtre, et on voit sur la tête, le corps et les nageoires, un grand nombre de petits croissants blancs.
Les baleinoptères diffèrent des baleines proprement dites, en ce qu’elles ont une nageoire sur le dos.
1 Voyez page 8 au Tableau des ordres, genres et espèces des eétacées les articles supplémentaires.
J'ai donné aux quatre que je vais décrire rapidement les noms de mouchelée, de noire, de bleuätre et de tachetée.
Elles présentent des plis ou sillons longitudinaux sur la gorge ou sous le ventre, comme toutes celles qui appartiennent au second sousgenre; et dans ces quatre cétacées, la longueur de la tête est presque égale au quart de la longueur totale.
Dans la mouchetée, la nageoire dorsale est petite, et située à une distance égale des pectorales et de la caudale; einq ou six bosses sont placées longitudinalement sur le musean ; la tête, le corps et les pectorales sont mouchetés de blanc sur un fond noir; et les lèvres, les sillons longitudinaux et le tour des yeux sont blanes.
Dans la baleinoptère noire , la mâchoire supérieure est étroite, et le contour de cette mächoire se relève au devant de l'œil, presque verticalement; on voit sur le museau ou sur le front quatre bosses placées longitudinaiement ; la couleur générale est noire; les nageoires et Ja mâchoire sont bordées de blane.
La bleuâtre a la mâchoire supérieure conformée comme la noîre; sa dorsale est petite et plus rapprochée de la caudale que l’anus ; on voit plus de douze plis ou sillons inclinés de chaque côté de la mâchoire inférieure, et la couleur générale est d’un gris bleuâtre.
La tachetée a la mâchoire inférieure plus avancée que la supérieure; les orifices des évents sont un peu en arrière des yeux qui sont près de la commissure; la dorsale est à une distance presque égale des bras et de la nageoire
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