‹ Histoire naturelle ... comprenant les cétacés, etcChapitre 5 sur 470 · ÉLOGE HISTORIQUE DU COMTE DE LACÉPÈDE · texte numérisé non relu

ÉLOGE HISTORIQUE DU COMTE DE LACÉPÈDE

souvenir du texte ainsi corrigé, tout aussi exactement que du texte primitif. C’est ainsi que le jour il était libre pour les affaires et pour les devoirs de ses places ou de la société, et surtout pour se livrer à ses affections de famille , car une vie extérieure si éclatante n’était rien pour lui auprès du bonheur domestique ; c’est dans son intérieur qu’il cherchait le dédommagement de toutes ses fatigues, mais c’est là aussi qu’il trouva les peines les plus cruelles. Sa femme, qu'il adorait, passa les dix-huit derniers mois de sa vie dans des souffrances non interrompues ; il ne quitta pas le côté de son lit, la consolant, la soignant jusqu’au dernier moment : il a écrit auprès d’elle une partie de

| son Histoire des Poissons, etsa douleur s’exhale

en plusieurs endroits dans les termes les plus touchants. Un fils qu’elle avait d’un premier mariage, et que M. de Lacépède avait adopté, une belle-fille pleine de talents et de grâces, formaient encore pour lui une société douce; cette jeune femme périt d’une mort subite. Au milieu de ces nouveiles douleurs , M. de Lacépède fut frappé de la petite-vérole , dont une longue expérience lui avait fait croire qu’il était exempt. Dans cette dernière maladie, presque la seule qu’il aiteue pendant une vie de soixantedix ans, il a montré mieux que jamais combien cette douceur, cette politesse inaltérable qui le caractérisaient , tenaient essentiellement à sa nature. Rien ne changea dans ses habitudes :

ni ses vêtements, ni l’heure de son lever ou de son coucher; pas un mot ne lui échappa qui püt laisser apercevoir à ceux qui l’entouraient un danger qu’il connut cependant dès le premier moment. « Je vais rejoindre Buffon, » dit-il; mais il ne le dit qu’à son médecin. C’est à ses funérailles surtout, dans ce concours de malheureux qui venaient pleurer sur sa tombe, que l’on put apprendre à quel degré il portait sa bienfaisance ; on l’apprendra encore mieux lorsqu’on saura qu'après avoir occupé des places si éminentes , après avoir joui pendant dix ans de la faveur de l'arbitre de l'Europe, il ne laisse pas à beaucoup près une fortune aussi considérable que celle qu’il avait héritée de ses pères.

M. de Lacépède est mort le 6 octobre 1825.

Il à été remplacé à l’Académie des sciences par M. de Blainville, et sa chaire du Muséum a été remplie par M. Duméril, qui l’y suppléait depuis plus de vingt ans. s

DES CÉTACÉES

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