LA GRECQUE, QU LA TORTUE DE TERRE COMMUNE
Testudo (Chersine) græca, Merr., Linn., Schœæpff. — Testudo (Chersine) marginata, Merr., Daud., Schœæpff. — Testudo (Chersine) retusa, Merr. ; Testudo indica, Schneid., Schæpff., Gmel. *.
On nomme ainsi la tortue terrestre la plus commune dans la Grèce, et dans plusieurs contrées tempérées de l’Europe. On l’a, pendant très-longtemps , appelée simplement tortue £errestre; mais comme cette épithète ne désigne que la nature de son habitation, qui est la même que celle de plusieurs autres espèces, nous ayons préféré la dénomination adoptée par les naturalistes modernes. On la rencontre dans les bois et sur les terres élevées ; il n’est personne qui ne l’ait vue ou qui ne la connaisse de nom ; depuis les anciens jusqu’à nous, tout le monde a parlé de sa lenteur : le philosophe s’en est servi dans ses raisonnements , le poëte dans ses images, le peuple dans ses proverbes, La tortue grecque peut, en effet, passer pour un des plus lents des quadrupèdes ovipares.
Elle emploie beaucoup de temps pour parcourir le plus petit espace : mais si elle ne s’avance que lentement, les mouvements des diverses parties de son corps sont quelquefois assez agiles; nous lui avons vu remuer la tête, les pattes et la queue, avec un peu de vivacité. Et même ne pourrait-on pas dire que la pesanteur de'son bouclier, la lourdeur du poids dont elle est chargée, et la position de ses pattes placées trop à côté du corps et trop écartées les unes des autres, produisent presque seules la lenteur de sa marche? Elle a, en effet, le sang aussi chaud que plusieurs quadrupèdes ovipares qui
! En grec, xelwyn xepooio.—En Languedoc, Tourtuga dë Garriga.—En japonais, Zsicame ou Sanki.—La Grecque. M. Daubenton, Encycl. méth.—Rai, Synopsis Animalium, pag. 255, Londres, 1695. Testudo terrestris vulgaris.— Linn., Systema Naturæ, edit. XIII, pag. 552. Testudo græca pedibus subdigitatis, testa postice gibba, margine laterali obtusissimo scutellis planiusculis.—Testudo græca, 16. Schneider. . "
? cet article contient, pag. 150, sous le nom de forlue grecque, la description d'une tortue qu'on croit d'Amérique et qui doit en être distinguée spécifiquement (le Testudo marginalta), et tous les détails historiques se rapportent réellement à la tortue grecque. Notre avis est que toutes les tortues de l'Inde et de l'Amérique, que M. de Lacépède réunit à la tortue grecque, doivent en être séparées comme conslituant autant d'espèces différentes. D,