‹ Histoire naturelle ... comprenant les cétacés, etcChapitre 7 sur 470 · VUE GÉNÉRALE DES CÉTACÉES · texte numérisé non relu

VUE GÉNÉRALE DES CÉTACÉES

Que notre imagination nous transporte à une grande élévation au-dessus du globe:

La terre tourne au-dessous de nous : le vaste océan enceint les continents et les îles ; .seul il nous paraît animé. A la distance où nous sommes placés , les êtres vivants qui peuplent la surface sèche du globe, ont disparu à nos yeux ; nous n’apercevons plus ni les rhinocéros., ni les hippopotames , ni les éléphants, ni les crocodiles, ni les serpents démesurés : mais, sur la surface de la mer, nous voyons encore des troupes nombreuses d’êtres animés en parcourir avec rapidité l’immense étendue, et se jouer avec les montagnes d’eau soulevées par les tempêtes.

Ces êtres ;-que de la hauteur où notre pensée

nous a élevés , nous serions tentés de croire les seuls habitants de la terre, sont les cétacées. Leurs dimensions sont telles , qu’on peut saisir sans peine le rapport de leur longueur avec la plus grande des mesures terrestres. On peut croiré que de vieilles baleines ont eu une longueur égale au centmillième du quart d’un méridien.

Rapprochons-nous d’eux ; et avec quelle curiosité ne devons-nous pas chercher à les connaître? Ils vivent, comme les poissons ,,au milieu des mers ; et cepénidant ils respirent comme les espèces EU Ils habitent le froid.élément de l’eau ; et leur sang est chaud ;'leur senleur affection pour leurs sem-

blables très-grande , leur attachement pour leurs petits très-ardent et très-courageux. Leurs femelles nourrissent du lait que fournissent leurs mamelles les jeunes cétacées qu’elles ont portés dans leurs flancs, et qui viennent tout formés à la lumière, comme l’homme et tous les quadrupèdes.

JIs sont immenses , ils se meuvent avec une grande vitesse ; et cependant ils sont dénués de pieds proprement dits, ils n’ont que des bras. Mais leur séjour a été fixé au milieu d’un fluide assez dense pour les soutenir par sa pesanteur, assez susceptible de résistance pour donner à leurs mouvements des points d'appui pour ainsi dire solides , assez mobile pour s'ouvrir devant eux, et n’opposer qu’un léger obstacle à leur course. Élevés dans le sein -de l’atmosphère, comme le condor, ou placés sur la surface sèche de la térre, comme l'éléphant, ils n’auraient pu soutenir ou mouvoir leur énorme masse que par des forces trop supérieures à celles qui leur ont été accordées , pour qu’elles puissent être réunies dans un être vivant: Combien de vérités importantes ne peut donc pas éclairer ou découvrir la considération attentive des divers phénomènes qu'ils présentent !

De tous les animaux, aucun n’a reçu un aussi grand domaine : non-seulement la surface des mers leur appartient, mais les abimes de l’océan sont des provinces de leur empire. Si l'atmosphère a été départie à l’aigle, s’il peut s'élever dans les airs à des hauteurs égales aux profondeurs des mers dans lesquelles les cétacées se précipitent avec facilité, il ne parvient à ces régions éthérées qu’en luttant contre les vents impétueux et contre les rigueurs d’un froid assez intense pour devenir bientôt mortel.

La température de l’océan est, au contraire, assèz douce, et presque uniforme dans toutes les parties LA cette mer universelle un peu éloignées de la surface de l’eau et par conséquent de l’atmosphère. Les couches voisines de cette surface marine, sur laquelle repose, pour ainsi dire , l'atmosphère aérienne, sont, à la vérité, soumises à un froid très-âpre, et endurcies par la congélation dans les cercles polaires et aux environs deces cercles arctique ou antar ctique : mais même au-dessous de ces vastes calottes gelées et des montagnes de glace qui s’y pressent, s’yentassent , s’y consolident , et accroissent le froid dont elles sont l'ouvrage, les cétacées trouvent dans les profondeurs de la mer

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