‹ Histoire naturelle de LacépèdeChapitre 220 sur 535 · ET LA TRIGLE GRONDIN · texte numérisé non relu

ET LA TRIGLE GRONDIN

Trigla cuculus, 81., Cuv.; Trigla grunniens, Lacep.s. La première de ces trigles présente une faculté

{ A la membrane des branchies 7 rayons, à la première nageoire dorsale 9, à la seconde 19, à chaque nageoire pectorale 10, à chacune des thoraciues 6, à celle de l'anus 16, à celle de la queue 18.

2 Bellicant, Gourneaw, dans plus. contrées de France. — SchmiedknecAt, dans le Holstein. — See-hahn , ou kurre, ou kurre-fish, à Heiligeland. — Anorhaan, en Hollande. — Tigiega, à Malte. — Aürlanidsi-balück, en Turquie.— Trigle grondin. Daubenton, Enc. méth. — Trigle grondeur. Bounaterre, pl. de l'Enc. métbh. — « Trigla varia, rostro dia- « cantho, aculeis geminis ad utrumyue oculum. » Artedi, gen. 46, syn. 74. — Gronov. Mus. 1, p. 44, n. 101; Zooph., p. 84, n.285.— Brünn. Pisc. Massil., p.74, n.90.— Gurneau. Bloch, pl. 58. — Charlet. Onom., p. 459. — « Corystion gra « cilis griseus, etc. » Klein, Miss. pisc. 4, p. 40, n. 5, tab. 44, fig. 5. — Coccyx aller. Bélon, Aquät., p. 204. — Grey gurnard. Brit. Zool. 5, p. 251, n.1.— Willughby, Ichth., p. 279 tab. 5, 2, fig. 1. — Raï, Pisc., p. 86.

3 Cette Trigle est désignée par M. Cuvier, par les noms de Grondin proprement dit. Gornaud ou Gurnard. Grey Gurnard des Anglais. D.

4 Morrude, Rouget, Rouget grondin, Perlon, Galline, Hondela, dans plus. départ. — Hunchem, daus le nord de la Frauce. — Sehe-hanen, dans plus. contrées du nord de l'Europe. — The red gurnard , Ret chet, en Angleterre. — Cocchouw, aux environs de Naples. — Cabriggia , dans la Ligurie. — Organt , sur plus. côtes de l'Adriatique. — Trigle perlon. Daubenton, Enc. méth. — /d. Bonnaterre , pl. de l'Enc. méth. — Mus. Adolph. Frid. 2, p.95". — « Trigla tota «rubens, rostro parùm bicorui, operculis branchiarum

5 Ce poisson, qui est quelquefois appelé Rouget, est nommé Grondin rouge, par M.Cuvier. D.

DES POISSONS

semblable à celle que nous avons remarquée dans la lyre. Elle peut faire entendre un bruissement très-sensible parle frôlement de ses opercules, que les gaz de l’intérieur de son corps font, pour ainsi dire, vibrer, en s’échappant avec violence lorsque l’animal comprime ses organesinternes ; et voilà d'où lui vient le nom de Gurnau qu’elle porte. Ce gurnau a d’ailleurs plusieurs rapports de conformation avec la lyre, ct, de plus, il ressemble beaucoup au grondin, qui est doué, comme la lyre, de la faculté de siffler ou de bruire. Mais indépendamment des différences indiquées sur le tableau du genre des trigles , et qui séparent le grondin du gurnau, le grondin a la tête et l'ouverture de la bouche plus petites que celles du gurnau : celui-ci peut parvenir à la longueur d’un mètre ! ; celui-là n'atteint ordinairement qu'à celie de troisouquatre décimètres?. Les écailles qui revêtent le gurnau, sont blanches ou grises, et bordées de noir; des taches rouges et noires sont souvent répandues sur son dos ; ses nageoires de la poitrine etde la queue offrent une teinte noirâtre ; celles de l’aaus et du dos sont d’un gris rougeûtre ; la première dorsale est parsemée de taches blanches ; les lames épaisses et larges quirecouvrentlaligne latérale sont noires et bordées de blanc. Le grondin a les lames de ses lignes latérales blanches et bordées de noir; la partie supérieure de son corps et de sa queue, rouge et pointillée de blanc ; la partie inférieure argentée ; les nageoires caudales et pectorales, rougeûtres ; celle de l'anus, blanche; et les deux dorsales blanches et pointillées d’orangé.

Au reste, le gurnau etle grondin ont tous les deux les thoracines blanches. Leur chair est trèsagréable au goût : celle du grondin est même quelquefois exquise. Ils habitent dans la Mé-

«striatis. » Artedi, gen. 45, syn. 74. — Rouget, et r'ouget grondin. Bloch, pl. 59. — Ô zéxxvË. Arist., L 4, c. 9; et L 8, €. 15. — Ælian., 1. 10, ©. 11. — Oppian., 1. 1, p. 5. — Athen., 1.7, p. 508. — Cuculus. Gaz. Arist.-- Morrude, ou rouget. Rondelet, part. 4, 1. 10, c. 2. — Gesner, p. 505 et 506, et (germ.) fol. 17, b. — Aldrovand., 1. 2, c. 4, p.159. — Jonsion, isc., p. 64, tab. 17, fig. 41. — Willughby, p. 281. — Rai, p. 89. — « Cuculus minor. » Bélon, Aquat., p. 104. — « Cucu- « lus lyræ species. » Schonev., p. 52.—ZLyra. Charlet., p. 259. — « Corystion capite conico, etc. » Klein, Miss. pisc. 4, p. 46, 2. 6, tab. 4, fig. 4. — Red gurnard. Brit. Zool. 5, p. 253, np, 2. - 4 A la première nageoire dorsale du gurnau 7 rayons, à la econde 19, à chacune des pectorales 40, à chacune des thoracines 6, à celle de l'anus 17, à celle de la queue 9. 2 À la première nageoire dorsale du grondin 10 rayons, à la econde 18, à chacune des pectorales 10, à chacune des thora- 6, à celle de l'anus 12, à celle de la queue 15.

diterranée ; on les trouve aussi dans l'Océan Atlantique , particulièrement auprès de l’Angleterre ; et c’est vers le commencement ou la fin du printemps que l’un et l’autre s’avancent et se pressent, pour ainsi dire, près des rivages pour y déposer leurs œufs , ou les arroser de la liqueur fécondante que la laite renferme *,

LA TRIGLE MILAN ?.

Trigla Milvus, Lacep. ‘.

Plusieurs trigles ont reçu des noms d'oiseaux; onlesa appelées Hirondelle, Coucou, Milan,ete. Il était en effet assez naturel de donner à des poissons ailés qui s'élèvent dans l’atmosphère, des dénominations qui rappelassent les rapports de conformation, de facultés et d’habitudes, qui les lientavec les habitants de l'air. Aussi ces noms spécifiques ont-ils été imposés par des observateurs et adoptés assez généralement, même dès le temps des anciens naturalistes ; et voilà pourquoi nous avons cru devoir en conserver deux. La trigle milan a été aussi appelée, et même par plusieurs célèbres naturalistes, Lanterne ou Fanal, parce qu’elle offre d’une manière assez remarquable la propriété de luire dans les ténèbres, qui appartient nonseulement aux poissons morts dont les chairs commencent à s’altérer et à se décomposer, mais encore à un nombre assez grand d’osseux et de cartilagineux vivants ‘. C’est principalement la tête du milan, et particulièrement l’intérieur de sa bouche , et surtout son palais , qui brillent, dans l'obscurité, de l’éclat doux ettranquille querépandent, pendantles belles nuitsde l'été des contrées méridionales, tant de substan-

41 On voit deux aiguillons auprès de chaque œil du grondin.

2 Belugo, c'est-à-dire étincelle, Galline, dans plus. départ, mérid. — Organo, dans la Ligurie. — Cocco, dans les Deux. Siciles. — Trigla lucerna. Linnée, éd. de Gmelin, — Trigle milan. Daubenton, Enc. méth.— « /d. Bonnaterre. pl, de lEnc. méth. — « Trigla rostro parüm bifido, lineä laterali, « ad caudam bifurcä. » Artedi, gen. 45, syn.75. — Milan marin. Rondelet, part. 4, L. 10, c.7.— Aildrov.; 1.2, c. 38, p. 276. — Lucerna, milvuus, et milvago. Gesner, p. 497; et (germ.) fol. 47, a. — Zucerna Venetorum. Willughby, p. 281. — Rai, p.88. — Cuculus. Salvian., fol. 490, 191. — Gronov. Mus. {, n- 100; Zooph., p. 84, n. 284.

3 M. de Lacépède rapporte à ce poisson, dont la synonymie est fort incertaine, le Trigla Lucerna de Linnée; mais M. Cuvier démontre que ce dernier est une espèce factice. Le vrai T. Lucerna de Brunnich ; morrude, orgue ou organo, de M. Cuvier, Trigla Milvus et T. Lucerna , RissO, est caractérisé par sa ligne latérale garnie d'écailles plus hautes que larges, et par la deuxième épine dorsale qui est prolongée en filet. D.

4 Voyez le Discours sur la nature des poissons.

ces phosphoriques vivantes ou inanimées. Lorsque dans un temps calme:, et après le coucher du soleil, plusieurs centaines de trigles milans,

exposées au même danger, saisies du même ef- |

froi, emportées hors de leur fluide par la même nécessité d'échapper à un ennemi redoutable , s’élancent dans les couches les plus basses de l'air et s’y maintiennent pendant quelques instants, en agitant leurs aies membraneuses, courtes à la vérité, mais mues par des muscles puissants, c’est un spectacle assez curieux que celui de ces lumières paisibles qui montant avec vitesse au-dessus des ondes , s’avançant, retombant dans les flots, dessinant dans l’atmosphère des routes de feu qui se croisent , se séparent et se réunissent, ajoutent une illumination aérienne, mobile, et perpétuellement variée, à celle qui repose, pour ainsi dire, sur la surface phosphorique de la mer. Au reste, les milans volant ou nageant en troupes, offrent pendant le jour un coup d’œil moins singulier, mais cependant agréable par la vivacité, la disposition, et l'harmonie de leurs couleurs. Le rouge domine fréquemment sur leur partie supérieure; et l'on voit souvent de belles taches noires, bleuesou jaunes, surleursgrandesnageoires pectorales. Leur lignelatéraleest garnie d’aiguillons, et divisée en deux vers la queue. On les trouve dans l’Océan Atlantique aussi bien que dans la Méditerranée. Leur chair est presque toujours dure et sèche ‘ ;.et il se pourrait que ces milans ne fussent qu’une variété desitrigles hirondelles.

LA TRIGLE MENUE 2.

Trigla minuta, Linn., Gmel., Lacep. 5,

Le nom de cette trigle désigne sa petitesse : sa longueur n’égale ordinairement que celle du doigt. Les deux saillies longitudinales qui forment la fossette propre à recevoir les nageoires du dos lorsque l'animal les incline et les plie, sent composées de petites lames un peu redres-

# A la première nageoire du dos 10 rayons, à la seconde47, à chacune des pectorales 10, à chacune des thoracines 6, à zelle de l'anus 15.

? La petile Trigle. Bonnaterre, pl. de l'Enc. méth.

“La Trigla minuta de Linnée, annoncée comme asiatique, paraît être une vraie trigle; mais ce que dit Linnée de ses caractères, convient à tant d'espèces , et les rayons des nageoires sont comptés d'une facon si contraire à ce que l'on voit dans les autres, que M. Cuvier, qui fait cette remarque, ue peut la croire bien déterminée, et ne l'admet pas dans son énumération. D.

sées et piquantes. Le museau est échancré et dentelé. On compte deux aiguillons au-dessus des yeux ; deux autres aiguillons !, et deux piquants plus forts que ces quatre premiers, aupres de l’occiput; et une épine assez grande, à proportion des dimensions de l'animal, garnit la partie postérieure de chaque opercule.

On trouve la trigle menue dans les mers de l'Inde.

LA TRIGLE CAVILLONE 2.

Trigla Cavillone, Lacep. ; Trigla aspera, Viviani, Cuy. 5.

Rondelet a décrit cette trigle, dontil a aussi publié une figure gravée. N'ayant que: deux rayons articulés et isolés à chaque nageoirepectorale , non-seulement elle est séparée des: espèces que nous venons de décrire, mais elleappartient même à un sous-genre particulier. On l'a appelée Cavillone dans plusieurs départements français voisins de la Méditerranée, à cause de sa ressemblance avec une cheville, que l’on y nomme caville. L'animal est en effet beaucoup plus gros vers la tête que vers: la nageoire de la queue. Il est couvert d’écailles petites, mais dentelées, âpres et dures. La ligne latérale est très-droite et très-voisine du dos. On voit un piquant au-dessus de chaque œil, et six aiguillons très-grands et un peu aplatis à la partie postérieure de cette sorte de casque ou d’enveloppe lamelleuse et ciselée, qui défend.la tête.

La cavillone est d’un très-beau rouge, lequel fait ressortir la couleur de ses ailes, qui sont blanches par-dessus, et d’un vert noirâtre pardessous *. Ses dimensions sont ordinairement aussi petites que celles de la menue. Son foie est tres-long ; mais son estomac est peu étendu, et son pylore garni d’un petit nombre d’appen- dices ou cœcums. La chair de cette trigle est dure, et peu agréable au goût.

45 rayons aiguillonnés à la première nageoire du dos, 25 rayons à la seconde, 8 à chacune des pectorales, 6 à chacune des thoracines, 14 à celle de l'anus, 10 à celle de la queue.

2 Autre espèce de surmulet, dite cavillone, Muliusiasperus. Rondeïet, part. 1, 1.10, c. 5.

* Du sous-genre des Trigles proprement dites, selon M. Cuvier. D.

47 rayons aiguillonnés à la première nageoire du dos, qui. est triangulaire.

IDES POISSONS

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