‹ Histoire naturelle de LacépèdeChapitre 294 sur 535 · ET LE SPARE SMARIS · texte numérisé non relu

ET LE SPARE SMARIS

Sparus Smaris, Linn., Gmel., Lac; Smaris vulgaris, Cuy. ‘?.

On trouve ces quatre poissons dans la Méditerranée.

* On nomme bregin ou bourgin, à Marseille , un filet qui ressemble beaucoup au pelit bouclier, dont nous avons parlé à l'article du Scombre thon.

25 Voyez l'article du Gade colin.

4 6rayons à La membrane branchiale du spare dorade, 4ÿ à chaque nageoire pectorale, 4 rayon aiguillonné et 5 rayons articulés à chaque thoracine, 47 rayons à la caudale.

5 Sparqus. — Sparlus.— Raspaillon, Canté, dans quet ques départ. mérid. — Sparlo, Carlino, Carlinoto, en 1t& lie. — Pizi, en Dalmatie. — Smind, en Turquie. — Spargus, à Malte.— Sparo, et sparaglione, en Sardaigne.— Spargoil, en Espagne. — Annular gilt- head , en Angleterre. — Schwartz-ringel, Ringel-brassem, Sparbrassem, en Allemagne. — Spare sparaillon. Daubenton et Haüy, Enc. méth.— /d. Bonnaterre, pl. de l'Enc. méth.— Bloch, pl.274. — Sparaïllon, Rondelet, part: 1. 1, 5, c, 5.— « Sparus unk

Le sparaillon a la tête petite ; les deux mächoires également avancées; celle d'en haut

garnie de quatre rangs de molaires arrondies ; |

celle d’en bas armée de deux rangées de molaires semblables; la langue libre; de petites

« color flavescens, maculà nigrâ aunulari ad caudam. » Artedi, gen. 57,syn. 57. — Salvian., fol. 176 b. et 177. — Aldrov., L. 2, c. 18, p. 182. — Jonston, 1. 1,15, c. {, a. 40; t.18,n. 411. — Charlet., p. 441. — Willughby, p. 508. — Rai, p.129.—Sparus marinus. Gesner, p. 880 et 1056; el (germ.) fol. 25. b. — Duhamel, Traité des pêches, part 2, sect, 4, c. 2, p. 15, pl. 4, fig. 5.

5 Du genre Sargue, dans la famille des Acanthoptérygiens sparoïdes. Cuv. M. de Lacépède a figuré dans son ouvrage, éd. in-4e, sous le nom de Fariélédu Sparaillon, tom.1v, pl. #4, fig. 1, un poisson d'espèce différente, le glyphisodon sparoïde, Cuv., de la famille des Acanthoptérygiens labroïdes. D.

T Sargo, Sar, Sarg, dans plus. départ., et en Italie. — Pagaro, en Dalmatie. — Base, en Angleterre. —Geissbras-

sem, et brandirle-brassem , en Allemagne. — Spare sar- |

gue. Daubenton et Haüy, Enc. méth. — /d. Bonnaterre, pl. de l'Enc. méth. — Bloch, pl. 264. — Mus. Ad. Frid. 2, p.75. — Sparus lineis transversis varius, macülà nigrà insigni ad « caudam. » Artedi, gen. 57, syn. 58. -— Ô capyos. Arist., li. 8, c. 9,141; 1. 6, c. 17; et 1. 7, c. 2. — Ælian., 1. #, c. 25. p.29; 1.11, c. 19; et 1. 15, c. 2. — Oppian., L. 1, p. 19; 1. 4, .147,54, et 148, 47. — Athen., 1. 7, p.521. — Sargus. Plin., 1.9, c. 47, 51, 59. — Jov., p. 74. — Sargo. Rondelet, part. 1, i. 5, ©. 5. — Salvian., fol, 178, b. 179 et 489. — Gesner, p. 823 et 995 , et (germ.) fol. 24, b. — Aldrov,, L. 2, c. 16, p. 176. — Jonston, l. 4, tit. 5, c. 1, @. 9, t. 19. — Charlet., p. 441. — Willughby, p. 509. — Raï, p. 150. — « Cinædus Corpore « ovato lato, caudà bifurcä, etc. » Gronov. Zooph. n. 219.

s Type du geure Sargue, dans la famille des Acanthoptérygiens sparoïdes. MM. Geoffroy et Cuvier en distinguent deux

espèces; le sargue de Rondelet, 5. raucus, et le sarsue de !

Salviani, $. vulyaris. D.

9 Nigroil, dans quelques départ. mérid. — Ochiado, dans plus. contrées de l'Italie. -— Spare oblade. Daubenton et Hay, Enc. méth. — /d. Bonnaterre, pl. de l'Enc. méth. — « Sparus lineis longitudinalibus varius, maculà nigrä utrin- « que ad caudam. » Artedi, gen. 57, syn. 58. — Meravovocc. Arist.,l. 8, c. 2.— 1d. Ælian., 1. 4, c. 41, p. 48; 1. 12, c: 17.— Id. Oppian., 1. 1, p. 5; 1.5, fol. 139, 57, 59. — /d. Athen., 1.7, p. 513; 1.8. — Melanurus. Columell., 1.8, c. 16. — Jd. Plin., L 52, ©. 41. — Jov., c. 24, p.94. — Nigroil. Rondelet, part. 4, 1.5, c.6.— Salvian., fol. 484, 182. — Gesner, p. 540, 658; et (germ.) fol. b. — Jonston, 1. 1, t.2, c.4, a. 40, t. 14, 2.15. — Charlet., p. 154.— Willughby, p. 540.— Rai, p. 151, Aldrov., 1. 4, C.15, p.64.

+0 Type du genre Oblade de M. Cuvier, dans la famille des |

Acanthoptérygiens sparoïdes. D.

4 Maris.— Cerres, à Naples. — Giroli, et gerruli, à Venise. — Spare picarel. Diubenton et Haüy, Enc. méth, — Id. Bonnaterre, pl. de l'Enc. méth. — « Sparus maculà nigrâ «in utroque latere medio, pinuis pectoralibus caudäque ru- « bris. » Artedi , gen. 56, syn. 62. — Ï c. 50. — /d. Oppian., l. 1, p. 5. — Picarel. Rondelet, part. 1, L5,c. 14. — Smaris,et mœna candida. Gesner, 326 et 616; et (germ.) fol. 55, b. — Aldrov., 1.2, c. 40, p. 228. — Jonston, 1, 1, tit. 5, c. 4, @. 22, t. 20, n. 5, — Willughby, p.519.— Rai. p. 156. — Smaris, Maris, Leucomænides. Charlet., p. 144. — Gerres. Plin., 1. 52, c. 11. — Gerres. Martial. — Picarel. Valmont de Bomare, Dict. d'hist. nat.

41 Le spare Smaris ou Picarel, et quelques autres espèces brment , pour M. Cuvier, un petit genre particulier, qu'il place dans sa famille des Acanthoptérygiens menides. D,

caps. Arist., 1. 8, |

écailles sur la base de la nageoire de l’anus ei sur celle de la caudale ; le dos, les thoracines, l’anale, et le bord de la caudale, noirâtres ; des bandes transversales d’un noir brun; cinq appendices auprès du pylore; le canal intestinal long et très-sinueux,; le péritoine noir. Sa longueur n’excède guère trois décimètres. Il est des parages où sa chair est trop molle pour qu’il soit recherché. Il fraie vers l’équinoxe du printemps, se tient en grandes troupes près des rivages , entre, comme la dorade, dans les lacs salés , suit la marée dans les rivières, fait quel-

quefois des voyages très-longs, se cache pen-

dant l'hiver dans les profondeurs de la mer, en sort très-maigre vers le milieu ou le commencement du printemps, s’il a éprouvé un froid

| assez vif pour tomber dans une sorte d’engour-

dissement, multiplie beaucoup, se nourrit par préférence de moules et de petits crabes, et se laisse prendre facilement à un hamecon garni d’un morceau de crustacée. On le pêche particulièrement dans l’Adriatique, dans les eaux de la Toscane, et dans le lac de Cagliari.

Il ressemble beaucoup à la dorade et au

| sargue.

Ce dernier spare, indépendamment de ses larges incisives et de la double rangée de molaires arrondies que l’on voit à chaque mâchoire, a la partie de l’intérieur de la bouche, qui est située derrière lesincisives d’en hautet derrière celles d'en bas, pavée de dents courtes et aplaties : aussi écrase-t-il avec facilité des corps très-durs, et se nourrit-il des polypes des coraux, et des mollusques des coquilles. Sa langue néanmoins est lisse. Les écailles qui recouvrent les opercules sont plus petites que celles du dos. La partie supérieure du corps est comme carénée. Trois appendices ou cœcums sont situés auprès du pylore. La couleur générale paraît argentée. Un tres-grand nombre de raies longitudinales dorées, ou jaunes, ou couleur d'orange, la relèvent, ainsi que la ligne latérale, qui est composée de petits traits noirs, les bandes étroites et transversales que le tableau générique indique , et la nuance noirâtre de la nuque, du dos, des thoracines, d’une partie de la queue, et du bord de la caudale.

Le sargue ne vit pas seulement dans la Méditerranée : on le trouve aussi dans l'Océan, au moins auprès de plusieurs côtes de France, dans la mer Rouge et dans le Nil , où i’on pêche

| un assez grand nombre d'individus de cette es-

DES POISSONS

pèce pour en transporter jusqu’au mont Sinaï ; et il y parvient quelquefois à la longueur de six ou sept décimètres.

Aristote a eu raison de compter le sargue parmi les poissons qui se réunissent en troupes et qui fréquentent les rivages. Peut-être ce grand naturaliste n’a-t-il pas eu autant de raison de dire que ce spare frayait deux fois par an, dans le printemps et dans l’automne.

Comme dans presque toutes les espèces de poissons , on trouve dans celle du sargue plus de femelles que de mâles.

Lorsque ce spare a passé l’été dans une sorte d’abondance , et qu’il a vécu dans des endroits rocailleux , sa chair est tendre et délicate.

A l'égard de l'amour merveilleux qu'Élien et Oppien ont attribué à ce thoracin pour les chèvres, et de la propriété qu'on a supposée dans les incisives ou les molaires de ce spare, qui, portées avec soin, préservent, dit-on , de tout mal aux dents, nous ne ferons pas à nos lecteurs le tort de les prémunir contre des assertions dont l’état actuel de la science ne permet pas de craindre la répétition.

Je crois que nous devons regarder comme une variété du sargue un poisson que le naturaliste Cetti a fait connaitre dans son histoire intéressante des amphibies et des poissons de la Sardaigne, et que le professeur Gmelin a inscrit parmi les spares sous le nom spécifique de Punlazzo, dans la treizième édition de Linnée, qu’il a donnée au public. Ce puntazzo ne nous à paru, en effet, différer du sargue, que par des traits très-peu nombreux ou trèspeu essentiels, à moins que la forme de la caudale de l’un ne soit aussi peu semblable à la forme de la caudale de l’autre que la phrase du professeur Gmelin paraît l'indiquer ; ce dont nous doutons cependant d'autant plus que ce savant lui-même fait remarquer de très-grands rapports de conformation , de grandeur et de couleur, entre le sargue et le puntazzo.

L'oblade a la mâchoire inférieure hérissée de lents petites, aiguës et nombreuses. Son dos est d’un bleu noirâtre. Plusieurs raies longitudinales brunes s'étendent sur les côtés, qui sont argentés, et sur lesquels on voit aussi quelques taches grandes, le plus souvent trèsirrégulières et d’une nuance obscure. Une de ces taches , placée près de la caudale, y représente une bande transversale,

Ce spare ne pèse communément que cinq IL,

hectogrammes. Mais si les individus de cette espèce sont faibles, leur instinct leur donne les petites manœuvres de la ruse . il est assez difficile de les prendre dans une nasse , au filet, et surtout à l’hameçon ; on dirait que l’habitude de n’être poursuivis par les pêcheurs que pendant le beau temps, leur a donné celle de se tenir tranquilles et cachés dans le sable ou dans le limon lorsque le ciel est serein et que la mer est calme. Mais si les ondes sont bouleversées par les vents déchaînés, ils parcourent en grandes troupes de très-grands espaces marins ; ils vont au loin chercher l'aliment qu’ils préferent, sans être retenus par les flots agités qu'ils sont obligés de traverser, et s’approchent sans crainte des rochers des rivages , si ces rives battues par la mer, courroucée leur présentent une nourriture qui leur convienne. Des pêcheurs industrieux ont souvent choisi ces temps de tempête pour jeter dans l’eau de petites masses de pain et de fromage pétris ensemble, que les oblades avalaient sans danger, dont ces spares pouvaient revoir l’image sans méfiance, et auprès desquelles on plongeait bientôt des hameçons garnis d’une composition semblable, dont les précautions ordinaires de ces thoracins ne les éloignaient plus. Duhamel nous apprend que les habitants de la côte voisine d’Alicante en Espagne attirent ces animaux avec de petites boules de soufre; et nous trouvons dans Pline, qu’auprès d’Herculanum et de Stabia les oblades s’approchaient assez de la rive pour prendre le pain qu'on leur jetait, mais qu’elles avaient assez d'attention et d'expérience pour distinguer l’appât perfide qui tenait à un hamecon.

Le smaris a les nageoires pectorales et thoracines terminées en pointe. Une belle tache noire relève la blancheur ou la couleur argentée de ses côtés. Du temps de Rondelet, on prenait sur plusieurs côtes de la Méditerranée, et particulièrement sur les rivages septentrionaux de cette mer, une grande quantité de smaris. Les pêcheurs les exposaient à l’air pour les faire sécher, ou ies conservaient en les imbibant de sel, ce qui donnait à ces poissons un goût trèspiquant et les faisait nommer Picarels dans plusieurs contrées de France, ou les laissaient tremperet fondre, pour ainsi dire, dans de l'eau salée, pour obtenir cette composition nommée Garum, dont les anciens étaient si avides, et qu'ils appelaient une liqueur exquise ?.

41 6 rayons à la membrane branchiale du sparaillon, 14

LE SPARE MENDOLE",

Sparus Mæna, Linn., Gmel. : Sparus Mendola , Lacep.; Mæna vulgaris, Cuv.?.

Le Spare argenté 5, Sparus argentatus, Lin. Gm., Lac. ?.— S. Hurta 5, S. Hurta, Linn., Gmel., Lac. 6. —S. Pagel?, S. erytbrinus, Linn., Gmel.; S. Pagel, Lac.; Pagelus vulgeris'. — $. Pagre*,S. Pagrus, Linn., Gmel., Lacep.; Pagrus mediterraneus, Cuv. {.

La mendole, le hurta et le pagre habitent dans la Méditerranée ; le pagel se trouve dans

chacune des pectorales, 4 rayon aiguillonné et 5 rayons articulés à chaque thoracine, 20 rayons à la caudale. — 6 rayons à la membrane branchiale du sargue, 46 à chaque pectorale, 4 rayon aiguillonné et 5 rayons articulés à chaque thoracine, 22 rayons à la nageoire de la queue. —6 rayons à la membrane branchiale de l'oblade, 15 à chaque pectorale , { rayon aiguillonné et 5 rayons articulés à chaque thcracine, 17 rayous à la caudale. — 6 rayons à la membrane branchiale du smaris, 14 à chaque pectorale, 4 raÿon aïiguillonné et 5 rayons articulés à chaque thoracine , 47 rayous à la nageoire de la queue,

4 Cagarelle, Juscle, Gerle, Mundoure, dans quelques contrées mérid. de France. — Menola , en Sardaigne , dans a Ligurie et à Rome. — Minula. à Malte. — Maris, Serola, par les Grecs modernes. — Menela, à Venise. — Sclave, par es pêcheurs de l'Adriatique. — Scheisser, Schecpserling, Laxir-fisch, par les Allemands. — Zee-schyter, en Holande, — Cackerel, en Angleterre. — Spare mendole. Daubenton et Haüy, Enc. méth.— /d. Bonnaterre, pl. de l'Enc. néth. — Bloch, pl. 270.— « Sparus varius, maculà nigricante « in medio latere, etc. » Artedi, gen. 56, syn. 62.— Ï pote. Arist., 1. 6, c. 15, 17; 1. 8, c. 50; L. 9, c. 2.— Oppiao, 1. 4, c. 5. — Athen , 1.7, p.515. — Mœna. Plin., 1.9, c. 26. — Mendole. Rondelet, part. 4,1. 5, c. 13. — Mendole. Valmont de Bomare, Dict. d'hist. nat.— Gesner, p. 519 et 612; et (germ.) fol. 55, a. — Aldrov., IL. 2, c. 59, p. 224. — Jonston, L. 4, 1.5, c. 1, a. 21, t, 20, n. 4. Charlet., p. 444.— Willughby, p. 518. — Munas Rondelelii. Rai, p. 135.

2 Du genre Mendole de M. Cuvier, placé par ce naturaliste dans sa famille des Acanthoptérygiens menides. D.

5 Houttuyn, Act. Haarl. XX, 2, p. 520, n.8.

4 Ge poisson, qu'il ne faut pas confondre avec le Sparus argenlatus de Bloch, Syst. posth., n'est pas cité par M. Cuvier. D.

5 Mus. Ad. Frid. 2, p. 75 *.— Spare ruhellion. Daubeuton et Haüy, Enc. méth. — {d. Bonnaterre , pl. de l'Enc. méth.

6 M. Cuvier ne cite pas ce poisson. D.

T Pageur, Pageau, Pageu , dans plus. pays du midi de la Frauce.— Pogel, eu Espagne. — Pagello, en Sardaigne. — Pagella, à Malte. — Frangolino . et fragolino, à Rome. — Alboro, et arboro, à Venise. — Roth-schuppe , en Allemague.— Roode brasen, en Hollande. — Sea rough, en Angleterre. — Bouccanégre, aux Antilles. — Spare pagel. Daubenton et Haüy, Enc. iméth. — Zd Bonnaterre, pl. de l'Enc. méth.— Bloch, pl. 274. — Lœfl, 1t., 105. — « Sparus totus « rubens, iride argenteâ. » Artedi, gen. 56, syn. 59, — Ô ëpuboéxos et épuhotves. Arist.,L 4, ©. 411:1.6, c. 15; L 8, c. 15. — Athen., 1.7, ©. 500. — Oppian., I. 4, fol. 108, 24. — Erythiinus. Plin., 1.9, ©. 16, 52;1.5%2, c.9, 10. — Pagel. Roudelet, part. 4, L 5,c. 16. — Gesner, p. 565, et (gerum.) fol. 25, a.— Jonston, 1.1, t. 5, ©. 4, a. 4.— Willughby,p.511. — Rai, p. 154.—Erythrinus, sive r'ubellio.Salvian., fol. 258, ad iconern. — Zd. Aldrov., 1. 2, c. 9, p.154. — /d. Charlet., p. 140. — Fragolinus, pagrus seu phagrus. Jov., c. 15, p,71. — « Eritrinus primus seu major, vulgù boucanëégre « æud Americanos, » Plumier, dessins sur vélia de la bi-

la Méditerranée, dans l'Océan Atlantique, dans le grand Océan équinoxial, dans la mer dy Japon ; et c’est cette dernière mer, si fertile en tempêtes et dont les flots agités font retentir les rivages romantiques des îles japonaises, qui nourrit l’argenté. Jetons un coup d’œil sur les formes et les habitudes de ces cinq spares.

La mendole a les deux mâchoires garnies d’un grand nombre de dents petites, pointues et placées derrière celles que nous avons comparées à des poinçons dans le tableau générique. La langue est lisse ; le palais rude ; la mâchoire supérieure aussi avancée que l’inférieure ; l’opereule garni de petites écailles , et composé de plusieurs pièces.

La couleur générale de cet osseux est blanchâtre , avec des raies longitudinales très nombreuses , étroites et bleues , toutes les nageoires rouges, et une grande tache noire de chaque côté, à peu près au-dessus de l’anus.

Mais la mendole offre un exemple remarquable des changements de couleurs auxquels plusieurs poissons sont sujets. Les nuances que nous venons d'indiquer ne sont communément vives et très-distinctes que dans les parties de la Méditerranée les plus rapprochées de la côte d'Afrique, et vers le milieu de l'été; elles se ternissent lorsque l’animal fait quelque séjour vers des plages moins méridionales ; elles s’effacent entièrement et se changent en une teinte blanche , lorsque l'hiver a remplacé l'été : et

bliothèque du Muséum d'histoire naturelle ". — Pagel. Valmont de Bomare, Dict. d'hist. nat.

# C'est le type du genre Pagel, formé par M. Cuvier, dans la famille des Acanthoptérygiens sparoïdes. D.

* Phagros, en Portugal. — Parghi, Bezogo, en Espagne. — Pagra, en Sardaigne. — Pagru, à Malte. — Pagaro, en Ligurie. — Phagorio, daus plus. autres contrées d'Italie. — Arboretto, à Ancône. — Arbum, en Dalmatie.— Mertsan, en Turquie. — Rothe brassem, et sock flosser,en Allemagne. — Zack brassem, en Hollande, — ZZacke, sea brean, et red gilt-head, en Angleterre. — Arroquero, au cap Bre: ton. — Spare pagre. Vaubenton et Haüy, Enc.méth. — Jd. Bonnaterre, pl. de l'Enc. méth.— Bloch, pl. 267.— « Sparus « rubescens, cute ad radicem pinnarum dorsi et ani in sinum « productä. » Arteli, gen. 56, syn. 64. — Ô pdryocs. Arist., 1. 8,c.13.— Zd. Ælian., 1.9, c. 7, p.517; et 1. 10, c. 19.— Id. Athen., L 7, p.527.— Pagrus. Plin., 1. 9, c. 16; et I. 52, c. 10. — Pagre. Rondelet , part. 4, 1. 5,c. 15. — Phagrus, seu pagrus. Gesner, p. 656 ; et (germ.) fol. 25, b. — Aldrov., L 2, c. 8, p. 151. — Willughby, p. 512, — Rai, p.151. — Jonston, 1.4,t.4,c.1,@. 4,t. 17, fig. 15. — Charlet., p. 159. — Pag'e. Valmont de Bormare, Dict. d'hist. nat.

40 Type du genre Pagre, Pagrus, fondé par M. Cuvier dans sa famille des Acanthoptérygiens sparoïdes. D,

‘ Cette figure, ainsi que le dit M. Cuvier, est celle de son Mesoprion à oreilles noires. MESOP&ION BUCANELLA, dans la famille des Acanthoptérygiens percoïdes. D.

DES POISSONS

n'oublions pas de remarquer, en rappelant ce que nous avons dit de la coloration des poissons dans notre Discours sur la nature de ces animaux, que les couleurs des mendoles sont d'autant plus variées, qu’une habitation moins septentrionale et une saison moins froide les soumettent à l'influence d’une chaleur plus intense, d’une lumière plus abondante, et d’un plus long séjour du soleil sur l’horizon.

Les mendoles sont très-fécondes : on les voit se rassembler en foule près des rivages sablonneux ou pierreux. Comme ces thoracins aiment à se nourrir de jeunes poissons, ils nuisent beaucoup au succès de plusieurs pêches. Leur chair est souvent maigre, coriace et insipide. Cependant, lorsque les mendoles se sont engraissées , leur goût n’est pas désagréable; et l'on dit que les femelles remplies d'œufs sont, dans certaines circonstances, assez bonnes à manger. Il est des endroits dans la mer Adriatique, et particulièrement auprès de Venise, où l’on en prend à la ligne, ou au filet, une si grande quantité, qu’on les vend par monceaux, et qu'on en fait saler un très-grand nombre.

Dioscoride a prétendu que la sauce et la saumure de la mendole, prises intérieurement ou seulement appliquées sur le ventre, avaient une vertu purgative ; et de cette assertion viennent quelques dénominations bizarres rapportées dans la première note de cet article, et employées, pour désigner les mendoles, par les Allemands, les Hollandais et les Anglais.

Au reste, ces spares n’ont ordinairementque deux décimètres de longueur. Leur péritoine est noir, leur pilore garni de quatre cœcums, et leur vésicule natatoire attachée aux côtes.

Ajoutons que les mâles de l’espèce que nous examinons présentent fréquemment desnuances ou reflets noirâtres , surtout sur les nageoires et les opercules, pendant que les femelles sont encore pleines, et que , dès le temps d’Aristote , ils recevaient des Grecs, à cette époque, de l’altération de leurs couleurs en noirâtre ou en noir, lenom de boues (rcæyou). Nous avons vu, dans l’article du sargue, qu'Élien a parlé d'un

prétendu amour de ces derniers poissons pour les |

chèvres. On pourrait trouver l’origine de cette croyance ridicule dans quelques contes absurdes substitués maladroïtement par l'ignorance à une opinion peut-être fausse, mais que l’on ne pourrait pas regarder au moins comme trèsinvraisemblable. L'espèce du sargue et celle de

la mendole ont tant de rapports l'une avec l'autre, que des mâles de la première peuvent très-bien, dans la saison du frai, rechercher les œufs pondus par les femelles de la seconde , et ces femelles elles-mêmes. Cette habitude aura été observée par les anciens Grecs, qui dès lors auront parlé de l'affection des sargues pour les mendoles femelles. Ces mendoles femelles auront été désignées par eux sous le nom de Chèvres, comme les mendoles mâles l’étaient sous celui de Boucs ; et dans un pays ami du merveilleux , et où l’histoire de la nature était perpétuellement mêlée avec les créations de la mythologie et les inventions des poëtes, on aura bientôt dit et répété que les sargues avaient une sorte d’amour assez violent, non pas pour des mendoles appelées Chèvres, mais pour les véritables chèvres que l’on conduisait dans les gras pâturages arrosés par la mer.

Le spare argenté, que Houttuyn a fait connaître, n’est ordinairement long que de deux décimètres ; et son épaisseur est à proportion plus considérable que celle de la dorade , à laquelle on l’a comparé.

Le corps et la queue du hurta sont hauts et comprimés ; sa dorsale est reçue dans un sillon longitudinal, lorsque l’animal l’ineline et la couche en arrière,

Le pagel a deux rangées de dents petites et pointues placées derrière les dents antérieures. La langue et le palais de ce spare sont lisses. Chaque opercule est composé de trois lames; le dos caréné, et le ventre arrondi. La grande variété de nuances rouges dont brillent ses écailles à teintes argentines , devrait le faire multiplier dans nos étangs et dans nos petits lacs d’eau douce, où il serait très-facile de le transporter et de l’acclimater et où la vivacité | de ses couleurs charmerait les yeux, en contrastant avec le bleu céleste ou le blane un peu azuré d’une eau pure et tranquille. D'ailleursil | est des saisons et des parages où une nourriture convenable donne à la chair de ce spare une couleur blanche, une graisse abondante, et une saveur très-délicate. Pendant l'hiver, le pagel se réfugie dans la haute mer; mais il vient, au printemps, déposer ou féconder ses œufs près des rivages, qu'il n'abandonne pas pendant l'été, parce que sa veracité le porte à se nourrir des jeunes poissens qui pullulent , pour ainsi dire, auprès des côtes, pendant la belle saison, aussi ! bien qu'à rechercher les moules, les autres tes-

tacées et les crabes, dont il écrase facilement la croûte ou ies coquilles entre ses molaires nombreuses, fortes et arrondies.

A mesure que le pagel vieillit, la beautéde sa parure diminue ; l'éclat de ses couleurs s’efface; ses teintes deviennent plus blanchâtres ou plus grises ; et comme, dans cet état de dépérissement intérieur et d’altération extérieure , il a une plus grande ressemblance avec plusieurs espèces de son genre, il n’est pas surprenant que des pêcheurs peu instruits aient cru, ainsi que le rapporte Rondelet, que ces pagels devenus très-vieux s'étaient métamorphosés en d’autres spares, et particulièrement en Dentés ou Synagres, ete. Mais il est bien plus étonpant qu’un aussi grand philosophe qu’Aristote ait écrit que dans le temps du frai on ne trouvait que des pagels pleins d'œufs, et que, par conséquent, il n’y avait pas de mâles parmi ces spares. Quoique cette erreur d’Aristote ait été adoptée par Plineet par d’autres auteurs anciens, nous ne la réfuterons pas; mais nous ferons remarquer qu’elle doit être fondée sur ce que, dans l’espèce du pagel , comme dans plusieurs autres espèces de poissons, le nombre des mäles est inférieur à celui des femelles, et que d’ailleurs ces mêmes femelles sont contraintes, pour réussir dans toutes les petites opérations, sans lesquelles elles ne pourraient pas toujours se débarrasser de leurs œufs, de s'approcher des rivages plutôt que les mâles, et de séjourner auprès des terres plus constamment que ces derniers.

Au reste, le pagel parvient à la longueur de quatre décimètres.

Le pagre pèse quelquefois cinq kilogrammes.

Indépendamment des dents molaires indiquées dans le tableau , il a le devant de chaque màchoire garni de dents petites, pointues, un peu recourbées, serrées l’une contre l’autre; et derrière ces sortes d'incisives , l’on voit plusieurs rangées de dents bien plus petites, plus courtes, plus serrées, et émoussées. La langue est lisse; les yeux sont gros ; la nuque est large et arrondie ; chaque opercule composé de deux pièces ; la couleur générale d'un rouge mêlé de jaune ; le ventre argenté; la teinte des nageoires rougeâtre ; chaque côté du poisson rayé longitudinalement de jaune ; et la base de chaque pectorale, marquée d’une tache noire, ainsi que le voisinage de chaque opercule.

Le pagre remonte dans les rivières ; et Élien

uISTOIRE NATURELLE

raconte que, de son temps, l'apparition de cct osseux dans le Nil causait une joie générale parmi la multitude, parce que l’arrivée de ce spare né précédait que de peu de jours le débordement du fleuve.

Ainsi que dans beaucoup d'autres circonstances, ce qui d’abord n’avait paru qu’un signe agréable, avait été métamorphosé ensuite en une cause utile: on était allé jusqu’à attribuer l’heureux événement de l’inondation fécondante à la présence du poisson ; et bien loin de le poursuivre pour s’en nourrir, on l'avait placé parmi les animaux sacrés, et on lui rendait les hon: neurs divins.

La chair du pagre est moins délicate pendant la saison où il vit dans les eaux douces des fleuves, que pendant le temps qu’il passe au milieu des flots salés de la Méditerranée ou de l'Océan. Cette différence doit venir de la plus grande difficulté qu’il éprouve pour se procurer dans les rivières l’aliment qui lui convient le mieux. Il parait préférer, en effet, des crustacées, des animaux à coquille, et le frai des sèches ou d’autres sépies que l’on ne rencontre point dans l’eau douce ‘. Quoi qu’il en soit, il abandonne les rivières et les fleuves, lorsque l’hiver approche; il se retire alors dans la haute mer et s’y enfonce dans des profondeurs où la température de l'atmosphère n’exerce presque aucune influence. Pline pensait que si quelque obstacle empêchait le pagre d’user de ce moyen de se soustraire à la rigueur de l'hiver, et le laissait exposé à l’action d’un très-grand froid, ce spare perdait bientôt la vue. En rappelant ce que nous avons dit dans plusieurs endroits de cette histoire, et notamment dans l’article du scombre maquereau, on verra aisément qu’un affaiblissement dans l’organe de la vue, et une sorte de cécité passagère, doivent être comptés parmi les principaux et les premiers effets de l’engourdissement des poissons, produit par un froid très-intense ou très-long. 3

{ Grayons à la membrane branchiale du spare mendole, 13 à chaque pectorale, 4 rayon aiguillonné et 5 rayons articulés à chaque thoracine, 19 rayons à la caudale. — 16 rayons à chaque pectorale de l'argenté, 18 à la nageoire de la queue. — 5rayons à la membrane branchiale du spare hurta, 46 à chaque pectorale, 6 à chaque thoracine, 17 rayons à la caudäale. —5 rayons à la membrane branchiale du pagel, 47 à chaque pectorale, 4 rayon aiguillouné et 5 rayons articulés à chaque thoracine, 20 rayons à la nageoire de la queue. — 6 rayons à la membrane branchiale du pagre ,45 à chaque pectorale, { rayon aiguillonné et 5 rayons articulés à chaque thoracine, 20 rayons à la caudale.

DES POISSONS

Willughby, qui a observé le pagre sur la côte de Gènes, parait être le premier qui ait remarqué dans cet animal cette qualité phosphorique, commune à un grand nombre de poissons vivents, surtout dans les contrées chaudes ou tempérées, et par une suite de laquelle ils resplendissent quelquefois avec tant d'éclat au milieu des ténèbres ‘.

Le pylore du pagre est garni de deux cœcums longs et de deux cœcums courts; son canal intestinal ne présente qu’une sinuosité, et sa vessie natatoire est attachée aux côtes.

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