‹ Histoire naturelle de LacépèdeChapitre 385 sur 535 · NOM ILE · texte numérisé non relu

NOM ILE

LE

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DES POISSONS

L'illustre Franklin nous a fait connaître le procédé employé avee suceès ; pour maintenir pendant longtemps un calme presque parfait à une certaine distance autour de la: barque. Une -petite quantité d'huile que l’on répand sur la surface de la mer, et qui surnage autour du bâtiment, rend cette surface unie, presque immobile, et très-propre à laisser parvenir les rayons de la lumière jusqu'au pleuronecte que l’on Gésireide distinguer.

Onta d'autant plus de motifs de pêcher la sole, qu'une saveur exquise n'est pas la seule qualité précieuse de la chair de ce poisson.

Cette même chair présente aussi la propriété de pouvoir être gardée pendant plusieurs jours, non-seulement sans se.corrompre, mais encore sans cesser d'acquérir un goût plus fin. Voilà pourquoi, tout égal d’ailleurs, les soles de l'Océan sont meilleures à Paris qu'auprès du Havre, et celles de la Méditerranée à Lyon, par exemple, qu'à Toulon ou à Montpellier.

Les écailles de la sole sont dures , raboteuses, dentelées , et fortement attachées à la peau, sur le côté gauche, comme sur le côté droit. L'ouverture de la bouche représente un croissant. On voit plusieurs rangs de dents petites et poin-

tues à la mâchoire inférieure, et des barbillons |

blancs et très-courts au côté gauche des deux mächoires. Deux os arrondis et deux os allongés, tous les quatre hérissés de petites dents, sont placés autour du gosier. La ligne latérale est droite. Un piquant assez fort parait auprès de l'anus, qui est très-près de la gorge. De petites écailles garnissent la base des longues nageoires de l’anus et du dos. Le côté droit est olivâtre; et le gauche, plus ou moins blanc.

Le canal intestinal offre plusieurs sinuosités ; il n’y a point de cæcums auprès du pylore; la colonne vertébrale est composée de quarantehuit vertèbres. :

D’après une note que M. Noël a bien voulu nous faire parvenir, on doit regarder comme une variété de la sole un pleuronecte que l’on pêche auprès de l'embouchure de l'Orne, etque l’on nomme Cardine. La tête de cette cardine est beaucoup plus grande et plus allongée que celle de la sole; le côté droit de ce thoracin est d’un fauve roux assez clair, et sa chair est moins recherchée que celle du poisson que nous venons de décrire !. j

46 rayons à la membrane branchiale du pleuronecte sole,

LE PLEURONECTE PLIE#,

Pleuronectes Platessa, Linn., Gmel., Bl., Lac., Cuv. 2.

La plie est bonne à manger; mais, moins agréable au goût, moins tendre et moins délicate que la sole, elle est moins recherchée. Elle habite dans la Baltique, dans l'Océan Atlantique boréal, et dans plusieurs autres mers. Le cûté gauche de ce thoracin est d’un blanc bleuä tre pendant la jeunesse du poisson, et rougeâtre lorsqu'il est plus âgé; l'ouverture de la bouche petite; la mâchoireinférieure plus avancée que la supérieure, et garnie, comme cette dernière , d’une rangée de dents petites et mousses; le gosier défendu, pour ainsi dire, par deux os très-rudes; la langue lisse; le palais dénué de dents; la ligne latérale presque droite; la base des nageoires du dos, de l'anus et dela queue, couverte de petites écailles ; l’anale précédée d’un aiguillon assez fort; la hauteur de l’animal plus grande que celle de la sole, à proportion de la longueur totale; l'estomac allongé; le canal intestinal très-sinueux; le pylore voisin de deux ou quatre cœeums ou appendices; et l’épine dorsale composée de quarantetrois vertèbres.

La plie pese quelquefois quinze ou seize livres. Plusieurs de ses habitudes, et les différentes manières de la pêcher, ressemblent beaucoup à celles que nous avons décrites en parlant

40 à chaque pectorale, 7 à chaque thoracine, 17 à la nageoire

1 Platesia, plada, plays, pleis, plaethiz. — Plye, dans quelques départ. de France — Ælotant, à Bordeaux, suivant M. Duthrouil, officier de santé. — Plaise, en Angleterre. — Karkole , en Islande. — Hellebuit , Sondmeer kong, Vaar-guld, Floender slaeter, en Norvège. — Skalla , en Suède. — Rwdspaœtle, Schickpleder, Schuller, en Danemarck. Schulle, auprès de Hambourg. - Platteis, Pladise, Scholle, en Allemagne. — Scholle, en Hollande. — Come, Jei, au Japon. — Bot, aux Moluques. — Pleuronecte plie. Daubenton et Haüy, Enc. méth. — /d. Bonnaterre, pl. de l'Enc. méth. — Bloch, pl. 42 — « Pleuronectes tuberculis « sex. » Faun. Suecic. 528. — Müll. Prodr. Zool, Dauic., p. 44, n. 575. — It. Wgoth. 179. — Pleuronectes slaetvar. It. Scan. 526. — « Pleuronectes.. tuberculis sex in dextra capi- « lis. » Artedi, gen. 17, syn. 50. — Plie. Rondelet, part. 1, 1.1,c. 6. — Passer, vel platessa. Gesner, p. 664 et 670 ; et (germ.), fol. 52, a. — Id. Schonev., p. 61. — Zd. Willughby, p.96,t.5.— Jd. Rai, p.51, 0.5. — Passer lœvis. Aldrov., 1. 2, c. 47, p. 245. — Id. Jonston, 1. 4, t. 5, c.5,4a.2, punet. 4, tab. 22. fig. 7 et9. — /d. Charl. 149. — Gronoy. Mus. 4, p. 44, 0.56; Zooph., p. 72, n. 246. — Act. Helvet. 4, p- 262, n.142.— Klein, Miss. pisc. 4, p. 55, n. 5: et p. 54, n.6. — Bélon, Aquat., p.141. — Ruysch, Theatr. anim., p. #9, 66, tab. 22. fig. 7 et 9. — Brit, Zool. 5, p. 486, n. 5. — Plie. Valmont de Bomare, Dict. d'hist. nat.

2 Type du sous-genre Pur, Platessa de M, Cuvier, dans le grand genre des PLEULONECTES. D.

de la sole. Souvent on la sale ou on la sèche à air.

On a eru pendant longtemps, sur quelques côtes de France ou d'Angleterre , que la plie était engendrée par un petit crustacée nommé Chevretle. Le physicien Deslandes chercha, il y a déjà un très-grand nombre d'années, à découvrir origine de cette opinion qui maintenant serait absurde. Il fit plusieurs observations à ce sujet. Il mit des chevrettes dans un vase de trois mètres de circonférence , et rempli d’eau de mer. Au bout de douze ou treize jours, il apereut huit ou neuf petites plies, qui grandirent insensiblement ; et cette expérience lui réussit toutes les fois qu’il la tenta. Dans le printemps suivant, il placa dans un vase des plies, et dans un second des plies et des chevrettes. Il paraît que, parmi les plies des deux vases, il y avait des femelles qui pondirent leurs œufs, et cependant aucun jeune pleuronecte ne parut que dans celui des vaisseaux qui contenait des chevrettes. Deslandes examina alors ces crustacées, et il vit de véritables œufs de plies attachés sous le ventre de ces crabes. II les ouvrit, et s’aperçut non-seulement qu’ils avaient été fécondés, mais encore qu'ils renfermaient des embryons déjà un peu développés.

Ilconclut de tout cequ’il avait vu, que les œufs des plies ne pouvaient se développer que couvés, pour ainsi dire, sous le ventre des chevrettes. Au lieu d'admettre cette opinion que rien ne peut soutenir, ce physicien aurait dù penser que les plies écloses dans ces vases provenaient d'œufs pondus et fécondés près d’un rivage fréquenté par des chevrettes, qui aiment beaucoup à se nourrir du fra des poissons, et particulièrement de celui des pleuronectes. Ces œufs enduits d'une humeur trèsvisqueuse , au moment de leur fécondation, comme ceux de presque tous les habitants des eaux douces ou salées , s'étaient collés facilement contre le ventre des chevrettes qu’il avait prises pour en faire les sujets de ses expériences.

Avant de terminer cet article, nous devons faire remarquer que plusieurs auteurs, et notamment Bélon , Rondelet, Gesner et Aldrovande, ont faitreprésenter la plie avec les deux yeux placés au côté gauche. Cette faute est venue vraisemblablement de ce qu’ils n’ont pas eu le soin de diriger leurs artistes, qui auraient dû dessiner le poisson à rebours. Mais, quoi qu’il

en soit, il parait qu’une faute semblable à eu lieu pour plusieurs espèces du genre de la plie ; et nous pensons avec Bloch, que ce défaut d'attention a dû contribuer à faire compter par les naturalistes récents plus d’espèces de pleuronectes qu’ils n’auraient dû en admettre dans leurs catalogues .

M. Noël, de Rouen, nous a mandé, dans le temps, que l’on connaissait à Caen, sous le nom de franquise, une variété de la plie ou Plie franche, qu’on appelle Carrelet à Dieppe, ainsi qu’à Fécamp, et qu'il ne faut pas confondre avec notre pleuronecte carrelet. Les individus de cette variété remontent jusque dans les guideaux du Tôt, lorsqu'ils sont portés avec violence dans la Seine par les eaux de la barre située à l'embouchure de cette rivière.

LE PLEURONECTE FLEZ 2,

Pleuronectes Flessus, Linn., Gmel., Bloch: Plalessa Flessus, Cuv.; Pleuronectes Passer, BL. 3.

Le Pleuronecte Flyndre+, Pleuronectes platessoides, Linn., Gmel., Lac. 5. — Pleuronecte Pole 6, Platessa Pola, Cuv.; Pleuronectes Cynoglossus, Linn., Gmel., Lac, 7. — Pleuroneclte Languelle #, Pleuronectes Linguatula, Linn., Gmel., Lacep.®. — Pleuronecle glacial 19, Pleuronectes glacialis, Linn,, Gmel., Lacep. {!, — Pleuronecte Limandelle ‘?, Pleuronectes Limandula, Lac. 1% — Pleuronerte chinois, Pleuronectes sinensis. Lacep. 4, — Pleurimecte Limandoide *%, Pleuronectes limandoides, Linn., Gmel., Lac.; Hippoglossus limandoides, Cuv.{t. — Pleuronecte Pégouze ‘7, Pleuronectes Pegusa, Lacep.; Solea oculata, Cuv.; Pleuronectes oculatus, Schn.; Pleuronectes Rondeletii, Shaw. 18,

Le flez se rend, au printemps, vers les rivages de la mer et les embouchures des fleuves,

4 Grayons à la membrane brancbiale du pleuronecte plie 12 à chaque pectorale, 6 à chaque thoracine, 19 à la nagcoire de la queue.

3 Elinder, Flonder, en Prusse. — Flonder, Butte, dans la Livonie, — Buttes, Lestes, Plehkstes, chez les Leltes — Leæst, Kamlias, en Estonie. — Flundra, Slaettskaeda, en Suède.— Skey, Sandskraa, en Norvége.— Kola, Lura, en Islaude.— Butte, Sandskreble, en Danemarck.—Ælounder, But, Flule, en Angleterre. — Bot, Amsterdamse bot, Fey bot, Het-tey, en Hollande. — Pleuronecte fléton. Daubenton et Haüy, Enc. méth. — /d. Bonnaterre , pl. de l'Enc. méth. — Fauv. Suec. 527.— Mus. Ad. Frid. 2, p. 67. — Müll. Prodr. Zool. Dan., p. 45. n. 574. — It. Scan. 526. — Bloch, pl. 41. Gronov. Mus. 2, p.15, n. 40; Zooph., p.75, n. 248. — « Pleu- « ronectes lineà laterali asperä. » Artedi, gen. 47, syn. 51, spec. 59. — « Passer fluviatilis, vulgô fesus. » Bélon, Aquat., p. 144. — Id. Willughby, p. 98. — Flez. Rendelet, part. 4, 1. 11, ©. 9. — « Passeris tertia species. » Gesner, 666. — a Passer niger. » Charlet.. p. 145. — Klcin, Miss. pisc. 4, p.55,n.41et 4, tab 2, fig. 4. — Flounder, Brit. Zool. 8, p.187, n. 4. — Flet, fletelet, et flez. Valmont de Bomnare, Dict. d'hist. nat.

5 Du sousgenre PLIE, Plalessa, dans le grazi genre

PLrunonECTE, Cuv. D,

DES POISSONS

Il pénètre même dans les rivières : on le voit remonter très-avant dans celles d'Angleterre ; et M. Noël nous a écrit qu’on le péchait souvent dans la Seine, jusqu'auprès de Tournedos, quelques myriamètres au-dessus du Pont-de-l’Arche, où on le nomme Flondre et Flondre d'eau douce ou de rivière. Les individus de cette espèce que l’on prend dans l’eau douce ont la couleur plus claire et la chair plus molle que ceux que l’on trouve dans la mer. On pêche le flez pendant la belle saison, parce qu'alors il est plus charnu et plus gros. La bonté de sa chair varie d’ailleurs suivant la nourriture qui est à sa portée, et par conséquent suivant le pays qu'il habite. On prétend qu'aux environs de Memel , sa saveur ést plus agréable que dans les autres parties de la Baltique. On peut le transporter facilement dans des vases et à une distance assez grande de son séjour ordinaire, sans lui faire perdre la vie ; eton a profité de cette facilité, ainsi que de celle avec laquelle il s’accoutume à toute sorte d’eau , pour l’acclimater et le multiplier dans plusieurs étangs de la Frise ‘. Il ne pese pas ordinairement plus de six livres. Deux petits cœcums sont placés au-

4 Picot, sur quelques côtes franc. de l'Océan Atlantique.— O. Fabric. Faun. Groenl., p. 164, n. 119. — Pleuronecte flyndre. Bonnaterre, pl. de l'Enc. méth.

5 Cette espèce de pleuronecte n'est pas citée par M.Cuvier; mais il est probable qu'elle se rapporte au sous-genre des PLIES, Platessa. D.

$ Gronov. Mus. 1, p.14, n. 59; Zooph., p.15, n. 217. — O. Fabric. Faun. Groenl., p. 462, n. 118. — Pleuronccte pole. Bonnaterre, pl. de l'Enc. méth.

1 Du sousgenre PLIE, Plalessa, dans le grand genre PLEURONECTE, Cuv. D.

8 « Pleuronectes. ano adlatussinistrum, dentibus acutis.s Artedi, gen. 17,syn. 51.— Pleuronecte languette. Daubenton et Haüy, Enc. méth. — /d. Bonnaterre , pl. de l'Enc. méth.

° Ce pleuronecte n'est pas cité par M. Cuvier. S'il se rapporte au P. linguatata, Rond. 524, il est du sous-genre Mo- NOCHIRE de M. Cuvier. D.

40 Pallas, It. 5, p. 706, n. 48.— Pleuronecte glacial. Bonpaterre, pl. de l'Enc. méth.

1 Ce poisson, du genre Pleuronecte, n'est pas cité par M.Cuvicr. D.

13 Pleuronecle limandelle. Bonnaterre, pl. de l'Enc. méth.

# Noncité par M. Cuvier. D.

44 Espèce non mentionnée par M. Cuvier. D.

15 Rauhe-scholle, par les Allemands. — Plie rude. Bloch, pl. 186. — Pleuronecte plie rude. Bonnaterre, pl. de l'Enc. méth,

4 Du sousgenre FLÉTAN, Æippoglossus, Cuv., dans le genre Pleuronecte. D.

17 Pleuronecte pégouse. Rondelet, part. 4,1. 44, ©. 11. | 4 Du sous-genre SOLE, Solea , Cuv., dans le grand genre

P :URONECTE, D.

4 Voyez le Discours intitulé Des effets de l'art de l'homme sur la nature des poissons.

près de son pylore.Sa colonne dorsale comprend trente-cinq vertèbres. Les piquants dont sa surface est hérissée sont très-petits, mais paraissent crochus , excepté ceux qui garnissent, du côté droit, la ligne latérale ou la base de la nageoire de l’anus et de celle du dos. Ces derniers sont droits et forment de petits groupes; on en voit de semblables sur la ligne latérale du côté gauche, et sur le bord gauche de la base des nageoires du dos et de l’anus. Ce côté gauche ou inférieur, et par conséquent presque toujours dérobé à l'influencede la lumière, est blane avec quelques nuages bruns et des taches noirâtres, vagues, très-peu foncées. très-peu nombreuses et petites, tandis que le côté droit est d’un brun foncé, relevé par des taches olivâtres, ou d’un vert jaune et noir. Au reste, indépendamment des piquants dont nous venons de parler, les deux côtés du flez sont couverts d’écailles minces, allongées, fortement attachées à la peau, et très-difliciles à voir. La mâchoire inférieure dépasse celle d’en haut; la langue est courte et étroite; deux os ronds et rudes sont situés auprès du gosier. La ligne latérale se courbe vers le bas après s’être avancée vers lanageoire de la queue, jusqu’au delà de la pectorale. Un aiguillon assez fort paraît au-devant de la nageoire de l'anus.

La Baltique n’est pas la seule mer où se plaise le flez; il est aussi très-répandu dans l'Océan Atlantique boréal, ainsi que le flyndre, qui fréquente particulièrement les embouchures des rivières du Groenland. Ce dernier poisson est un des pleuronectes les moins grands et les moins agréables au goût. Il ne parvient ordinairement qu'à la longueur d’un pied ; et on ne le mange le plus souvent que séché. Il se plaît sur les fonds sablonneux, où il se nourrit de vers marins et de petits poissons, et où il dépose ses œufs vers le commencement de l'été. Sa forme générale est un peu semblable à celle d’une navette. Le côté gauche est blane et doux au toucher, ainsi que la tête et la langue. Six tu-

bercules garnis de petites dents entourent l4

gosier. Les pectorales sont courtes. Le flyndre est fréquemment tourmenté par des Gordius, ou par d’autres vers intestinaux.

Le pole habite dans la partie de l'Océan Atlantique qui baigne la Belgique, et dans celle qui avoisine le Groenland. On le trouve pendant l'hiver dans les enfoncements littoraux dont les eaux sont profondes. Sa ligne latérale est

droite; sa dorsale s'étend lepuis les yeux jusqu’à la nageoire de la queue. Son côté gauche est blanc. Il a beaucoup de rapports avec le flétan, mais sa chair est plus délicate; et il n’a communément que deux pieds ou deux pieds et demi de longueur *.

Les mers de l’Europe sont la patrie du pleuronecte languette; et l'Océan Glacial arctique est celle du pleuronecte glacial, dont le nom indique le séjour, et qui en fréquente les côtes sablonneuses.

Les yeux de la limandelle sont ovales et trèsrapprochés ; sa ligne latérale est d’abord courbée et ensuite droite; son côté gauche est blanc; ses pectorales et ses thoracines sont jaunes. Elle est quelquefois longue d’un pied et demi.

Le pleuronecte chinois est encore inconnu des naturalistes. Nous en avons trouvé une image très-bien faite parmi les peintures chinoises que la Hollande a cédées à la France, avec plusieurs belles collections d'histoire naturelle; et nous lui avons donné un nom spécifique qui indique le pays où il a été observé et peint avec beaucoup de soin. Trois ou quatre pièces composent chaque opercule. La hauteur de l'animal surpasse la moitié de sa longueur totale. Des taches brunes, irrégulières, assez grandes et nuageuses, sont répandues sur le côté droit, et varient le fond qui fait ressortir des points noirs arrangés en quinconce. Le côté gauche est d’un blanc-rose ; et l'iris est un peu doré.

On pêche dans l'Océan Atlantique septentrional, et particulièrement aux environs de Heiligeland, le pleuronecte auquel nous conservons le nom de Limandoïde. Ce thoracin habite sur les sables du fond de la mer; il vit de jeunes crabes; il se prend à l’hameçon; sa chair est blanche et d'un bon goût; il a deux laites ou deux ovaires; son foie n’est pas divisé en lobes; deux ou trois ou quatre cœcums sont placés auprès du pylore; plusieurs rangées de dents

? Grayons à la membrane branchiale du pleuronecte flez, 12à chique pectorale, 6 à chaque thoracine, 16 à la nageoire de la queue. — 8 rayons à la membrane Lranchiale du plenronecte flyndre, 12 à chaque pectorale ,6 à chaque thoracine, 16 à la caudale, — 7 rayons à la membrane branchiale du p'euronecte pole, 14 à chaque pectorale, 6 à chaque thoracine. 17 à la nageoire de la queue. —9 rayons à chaque pectorale du pleuronecte languette, 7 à chaque thoracine, 19 à la caudale.— 9 rayons à chaque pectorale du pleuronecte limandelle, 6 à chaque thoracine, 47 à la nageoire de laqueue. — 11 à Chaque pectorale du pleuronecte limandoïde, 6 à chaque thoracine, 13 à la candale,

pointues arment chaque mâchoire; deux os rudes sont voisins du gosier; la langue et le palais sont lisses; les deux ouvertures des narines paraissent dans une sorte de petite fossette; des écailles semblables à celles du dos revêtent la tête et les opercules; le côté gauche est blanc.

La pégouze vit dans la Méditerranée, où on lui a donné, suivant Rondelet, le nom qu’elle porte, parce que ses écailles sont adhérentes à la peau comme de Ja poix, et ne peuvent être détachées facilement qu'après avoir été trempées dans l’eau chaude. On l’a prise aussi dans lés environs de Caen, selon M. Noël ‘; mais elle y est très-rare. Les belles taches de son côté droit sont placées sur un fond d’un roux sale, et souvent entourées d’une bordure très-foncée.

LE PLEURONECTE CŒILLÉ ?,

Pleuronectes ocellatus, Linn., Gmel., Lacep. *

ET LE PLEURONECTE TRICHODACTYLE"‘

Pleuronectes trichodacetylus, Linn., Gmel., Luc. 5.

Ces deux espèces ont beaucoup de ressemblance avec les achires. Elles s’en rapprôchent par le petit nombre de rayons que l’on trouve dans leurs pectorales . et par la petitesse de ces nageoires. La première a la dorsale comme plissée, et vit à Surinam. La seconde a le côté gauche blanchâtre; de très-grands rapports avec la sole; la ligne latérale droite ; les dents si menues, qu’on à de la peine à les distinguer; la pectorale gauche si réduite dans ses dimensions, qu’elle ne montre ordinairement qu’un rayon; et une longueur totale presque toujours au-dessous de quatre pouces. On pêche le trichodactyle $ dans les eaux d’Amboine 7.

4 Note manuscrite communiquée par M. Noël de Rouen.

2 Mus. Ad. Frid. 2, p. 68. — Pleuronecte argus. Daubenton et Haüy, Enc. méth.— /d. Bonnaterre, pl. de l'Enc. méth.

5 M. Cuvier ne fait pas mention de cette espèce de Pleuronecte. D.

4 Pleuronecte manchot. Danbenton et Iaüy, Enc. méth. — Id. Bonuaterre, pl. de l'Enc. méth. —« Pleuronectes « pinuis lateralibus vix conspicuis. » Artedi, gen. 48, spec. 61, syn. 55.

5 M. Cuvier rapporte ce poisson à son sous-genre MONO- CHIRE, Mmonochir, dans le grand geure des PLEURONECTES. D.

5 Le mot grec et composé hrichodactyle désigne l'exiguité et la forme des doigts ou des rayons de chaque ES rale, qui sont deliés comme des filaments,

76 rayons à chaque thoracine du pleuronecte œillé, ta à ala nageoire de la queue. — 6 rayons à la membrane branchiale du pleuronecte trichodactyle, 5 à chaque thoraciue, 16 à la caudale.

DES POISSONS

LE PLEURONECTE ZÈBRE !,

Pleuronectes Zebra, Lino., Gmel., Lac. ?; Solea Zebra, Cuv.

LE PLEURONECTE PLAGIEUSE *,;

éleuronectes Piagiusa, Linn., Gmel., Lac. ; Solea

Plagusia, Cuy. *.

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