‹ Histoire naturelle de LacépèdeChapitre 45 sur 535 · ET LA MURÈNE MYRE · texte numérisé non relu

ET LA MURÈNE MYRE

Muræna longicollis, Cuv. ; Muræna Myrus, Lacep.

Forskael a vu dans l’Arabie la murène tachetée , et en a publié le premier la description. Cette murène a la mâchoire inférieure plus avancée que la supérieure, comme l’anguille, avec laquelle elle a d’ailleurs beaucoup de ressemblance ; mais elle en diffère par une callosité placée entre les yeux, par le nombre des rayons de ses nageoires ainsi que de sa membrane branchiale #, et par la disposition de ses couleurs. Elle est d'un vert de mer, relevé par un grand nombre de taches noires ; et une tache plus grande est placée auprès de la tête, de chaque côté du corps.

La myre habite dans une mer très-voisine des contrées dans lesquelles on a pêché la tachetée :

1 M. Cuvier dit que nos pêcheurs distinguent quatre sortes d'anguilles, dont ilse propose de donner les figures dans son grand ouvrage sur les poissons : 4° l'anguille verniaux, qui est à ce qu'il paraît, la plus commune ; 2° l'anguille à long bec, dont le museau est plus comprimé et plus pointu; 5° l'anguille plat bec (grig-eel des Anglais), qui l’a plus aplati et plus obtus, l'œil plus petit ; 4° l'anguille pimpermeaux (glut-eel des Anglais), qui l'a plus court à proportion, et dont les yeux sont plus grands qu'aux autres. Reg. an., t. IF, p-549. D.

2 Forskael, Faun. Arab., p. 22, n. 1. — Murène poncluée, Bonnaterre, pl. de l'Enc. méth.

5 Murëne myre, Daubenton, Enc. méth. — Id. Bonnaterre, pl. de l'Enc. méth.— « Serpens marinus alter, caudé « compressà. » Willughby, p. 108. — Raï, p. 56.— « Muræna « rostro acuto, lituris albidis vario, etc. » Artedi, gen. 28, syn. 40.

4 À la membrane branchiale de la murène tachetée 4 rayons, à la nageoire du dos 45, à chacune des pectorales 9, ou à peu près, à la nageoire de l'anus 56, à celle de la queue 10,

on la trouve dans la Méditerrance. Son museau est un peu pointu ; les bords des mâchoires et le milieu du palais sont garnis de deux ou trois rangées de petites dents presque égales ; deux appendices très-courts et un peu cylindriques sont placés sur la lèvre supérieure’. Plusieurs raies blanchâtres, les unes longitudinales et les autres transversales , règnent sur la partie supérieure de la tête. La nageoire du dos, celle de la queue et celle de l’anus, qui sont réunies, présentent une beile couleur blanche et un liséré d’un noir foncé. Telles sont du moins les couleurs que l’on remarque sur le plus grand nombre des myres : mais Forskael a fait connaître une murène qu’il regarde comme une variété de l'espèce que nous décrivons, et qui est d’un gris cendré sur toute sa surface?. On a soupconné que cette variété contenait dans sa tête un poison plus ou moins actif. Pour peu qu’on se souvienne de ce que nous avons dit au sujet des qualités vénéneuses des poissons, on verra sans peine de quelle nature devront être les observations &ont cette variété sera l'objet, pour que l’opinion des naturalistes soit fixée sur la faculté malfaisante attribuée à ces murènes myres d’une couleur cendrée. Au reste , si l’existence d’un véritable poison dans quelque vaisseau de la tête de cette variété est bien constatée , il faudra, sans hésiter, la considérer comme une espèce différente de toutes les murènes déjà connues.

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