LE CYPRIN JESSE
Leuciscus Jeses, Cuv.; Cyprinus Jeses, Linn., Gmel, BL., Lac.?.
Le Cyprin Nase 3, Leuciscus Nasus, Cuv.; Cyprinus Nasus, Linn., Gmel., BL, Lacepf.— C. Aspe$, Leuciseus Aspius, Cuv.; Cyprious Aspius, Bloch, Linn,. Gmel., Lac 6. — C Spirlin?, Leuciscus bipunctatus, Cuv.; Cyprinus bipunc talus, BI, Linn., Gmel.; Cyprinus Spirling, Lacep #. — € Beuviére®, Leuciscus amarus, Cuv.; Cyprinus armarus BI, Liun., Gmel., Lacep.10, — C. Américuin , Cyprinuf americanus, Linn., Gmel, Lac.l2, — C. Able 3, Leuciseus Alburous, Cuv.; Cyprinus Alburnus, Linn., Gmel., Bloch Lac, — C Vimbé, Abramis Vimba, Cuv.; Cyprinus Vimba, Bl., Linn., Gmel., Lac.'6 — C, Bréme 17, Abramis communis, Cuv.;Cyprinus Brama, Linn , Gmel, Lac.t8, — C. Couteau ?, Leuciscus culiratus, Cuv; Cyprinus cultratus, Linn., Gmel., Bl., Lae 2, — C, Farène 1, Cyprinus Farenus, Linn., Gmel., Lac.??.
Le jesse a le front large et noirâtre; le dos et les opereules sont bleus; les côtés sont jaunes
rayons à la nageoire de la queue du cyprin ide. — 48 rayons à la caudale du cyprin buggenhagen. — 20 rayons à la nagroire de la queue du eyprin rotengle.
1 Vilain. — Meunier. — Chevanne. — Chevesné. — Chevenne. — Testard.— Barbottenu. — Garbottin. — Garbotteau. — Chabo.xseau. — Genglin, quand il ne pèse pas deux hvres; Bratfisch, quand il pèse deux livres el au-dessus, en Autriche, — Deverckesogi, en Hongrie. — Dæbel, quand il est encore tlrès-jeune; &icbel, Dikkopf, lorsqu'il est plus âgé , en Saxe. — Aland, ans le Brandebourg. — Hwkopf. lagenfisch, Divel, dansla Ponéranie. — Gæse, en Prusse. — Cyprin jesse, Daubenlon et Haüy, Euc. méth, — 1d. Bonuaterre, pl. de l'Enc niéth. — Bloch, pl. 6. — Cyprinus cubitulis. Arledi, syn. 7.—-«Capito fluvialis cæruleus, et «capilo fluvialilis ille que jesem voc. ni, ele. » Gesner, Paralip.,p 9, et(germ), p. 469 — « Capito cæruleus Ges- «neri. » Aldrov., L 5, ©. 49, p. 603. — 14. Willughb, Ichth. p-. 256, ab. Q. 6, fig. 3. — Id. Rai, p.126. — « Cyprinus « dobula, etc. » Leske, Spec., p. 34, n. 5. — Klein, Miss. pisc. 5, p. 68, n. 43. — Munier, ou viluin, premiére espèce de muige, Roudelet, part. 2, Poissons de rivière, C. 42. — Marsig Dauub. 4, p. 53, tab. 48, fi3. 1. — Meunier. Valmont de Bomare, Dict. d’hist. nat.
2 Du sous-senre ABLE, Leuciscus, dans le grand genre Cxpiun, de la famille des Cypriuoïdes, ordre des Malacopiérygiens abdominaux, Cuv. D.
3 Écrivain. — Ventre noir. — Poisson blanc, pendant qu'il est jeune. — Savetta, Suelta, en Atalie. — Nasting, en Autriche. — Æsling, en Allemagne. — Schnæper, Schwarabauch, en Poméranie. — Schneider fisch, aux euvirons de Dantzig. — Cyprin nase. Daubenton el Haüy, Euc, meth, — id. Bounaterre, pl. de l'Enc. méth — Bioch, pl. 3, — «Cyprious rostro nasiformi prominente, etc.» Ariedi, gen. 5 syn. 6. — Nasus, ele. Gesner, 620, et (germ.), {. 470 b. — 14 \idrov, L. 5, ©. 26, p. 610. — Id. Schonev., p. 52. — Id. Charleton, p. 456. — Id. Jonston, 1.3, L 4, €. 9, tab. 24 fig. 45.—Nasus Alberti, Willughby, p. 254, lab. Q. 40, fig. 6 — Id. Rai, p. 449.— Gronov. Mus. 2, n. 147; Zocph, p. 105, n. 332; Act. Helvet. 4, p. 268, n. 484. — Kramer, El., p. 394 n. 42. — Klein, Miss. pisc. à, p. 66, n. 6, tab. 46, fig. 4. — Nasus. Marsig. Danub. 4, p. 9, tab. 3. — Nase. Meyer. Thierb. 2, p. 3, L 44.
4 Du sous-genre ABLE, Leuciscus, Cuv., dans le gran geure CYPRIN. D.
5 Srheed, en Autriche. — Rappe, en Silésie, — Raubalet Aland, en Saxe. — Rapen, en Prusse, — 45p, em Suède. —
DES POISSONS
au-dessus de la ligne latérale, et d’un bleu ar— gentin au-dessous ; une série de points d’un jaune brun marque cette même ligue; le bas des
Bla-spol, en Norvège. — Cyprin aspe. Daubenton el Haür. Enc. méth. — 1d. Bonnaterre, pl. de l'Enc. mélh. — Raphe. Bloch , pt. 7. — Faun. Suecic, 361. — « Cyprinus maäagnus «Crassus argenteus, ete. e/ cyprinus maxillà inferiore lon- « giore, cum apice elevato, ele. » Artedi, gen. 6,, spec 45, syn, 8 el 44. — «Rappe, ec capito fluviatilis rapax, etc.» Gesner, Paral., p. 9 (ed. Franef.), fol, 469, b, et (germ.) 170. — Id, Gesneri. Aldrov., l: 5,6. 20, p. 604. — Id. Jonston, 1.3, 1,0. 6, à, 3, Lab. 26, fig. 8. — Id. Willughby, p. 256. — Id. Rai, p. 120. — Rupax. Schonev., p. 30. — Kramer, El., p. 391, n. 4 — Leske, Spec., p: 56, n. 12. — Klein, Mispise. 5, p. 65, n. 4. — Marsig. Danub. 4, p. 20, tab. 7, fiz. 2.
6 Du sous-senre ABLE, Leuciscus, dans le grand genre des Cyprins, Cuv. D
1 Lauben, en Bavière.— Aland bleke, en Westphalie. — Cyprin spirlin. Bonnaterre, pl. de L'Euc. méth. — Bloch, pl. 8, fig. 1.
$ Du sius-genre ABLE, Leuciseus,. dansle grand genre CyPRiN, Cuv. D.
9 Bitterling, en Allemagne. — Cyprin Bouvière. Bonnaterre, pl. de l'Enc. méth — Bloch, pl. 8, fig. 3.
10 Dans la première édition du Règne animal, M. Cuvier cile ee poisson comme apparlenant à son sous-genre ABLE Leuciseus, dans le grand genre Cyprin. La cilalion de celte espèce est supprimée dans la seconde édition du même ou vrage. D.
1 Silverfish, dans la Caroline. — Cyprin azuré. Daubenton et Haüy, Enc. méth. — Id. Bonnaterre, pl. de l'Enc. méth. — «Cyprinus americanus, »— «Cyprinus pinnâ ani «radiis sexdecim, corpore argenteo, pinnis rufis. » Bosc, notes manuscriles déjà citées,
12 M. Cuvier n’a cité le cyprin américain que dans la prerière édition du Règne animal Il le rapporte au sous-genre ABLE, Leuciscus, du genre CypriN. D.
13 Ablette. — Ovelle. — Borde. — Nesteling, Zuwmpal fischlein, en Allemagne. — Schneider fischel, Spitzlauben, Windlauben, en Autriche, — Bälte, Blercke, Oche'betze, Vecheley, Weidenblatt, en Saxe. — Ockeley, en Silésie. — Gusezova, en Pologne. — Aukschie, en Lithuanie. — Plite, Maile, Wulykalla, en Livonie. — Kalinkan, en Russie. — Loja, en Suède. — Mort, en Norvège. — Skalle, Luyer, Blikke, en Danemarck. — Witinck, Witecke, en Schleswig. — Mayblecke, en Westphalie. — 4/phenaur, en Hollande. — Bleak, en Angleterre: — Cyprin able, Daubenton el Haüy, Enc. méth. — 14. Bonnaterre, pl. de l'Enc. méth. — Bloch, pl. 8, fig. # — Able, Valmont de Bomare, Dict. d’hist nat. — Faun. Suec. 377, — Kramer, El., p. 395, n. 14. — Müll. Prodr. Zool. Danic., p. 51, n. 439. — « Cyprinus quiu- «cuncialis, ele. » Artedi, gen. 6, spec. 17, syn. 40. — 4/burnus. Auson. Mosell. v. 426. — Id Wotton,l. 8,e. 490, f 469. b. — Rondelet, part. 2, Poissons de rivière, €. 30. — Alburnus Ausoniü. Gesner, p. 23; el (germ.) f. 459 a — Id. Atdrov., 1.5, € 37, p. 629. — Id. Jonston, L 3, L. 3, © 4, p. 446, lab. 29, fig. 13. — Id. Charlel., p. 164 — Id Willughby, p. 263, tab, Q. 10, fig. 7. — Id. Raï, p. 123. — Ablat Bélon. — 4Abula minor. Schonev., p. 44. — Gronov. Mus 1. n. 40; Zvoph , p 106, n.336; Act Ups. 174, p. 75, n. 58 — Leske, Spec., p 40, u. 7. — Brit. Zoo! 3, p.345, n, 10. — Klein, Miss. pise. 5, p.68, n 16, lab 48, üg. 5.
14 Ce poisson est le type du sous-genre ABLE, Leuciscus, admis, par M. Cuvier, dans le grand genre ds Cyrrins, D
15 Zurthe,en Aliemagne. — Wengalle, Wemgulle, Siebris, en Livonie. — Taraun, en Russie. — Cyprin vimbe, Daubenton, et Haüy, Enc. méth. — Id. Bonnaterre, pl. de l'Enc. méth. — Bloch, p. 4. — Faun. Suecic. 368, — Müll. Prodr. Zool. Dan., pl. 5, n. 440, — « Cyprinus anadroa mus, elc., eéeyÿprinus rosiro nasiformi, etc.» Artedi, gen. 6
écailles est bordé de bleu, ainsi que la caudale ; les pectorales, les ventrales et l’anale sont d’un violet clair,
Le cyprin jesse nage avec force; il aime à lutter contre les courants rapides, et cependant il se plait dans les eaux dont le mouvement est retardé par le voisinage des moulins. Le frai de ce poisson dure ordinairement. pendant huit jours, à moins que le retour du froid ne le force à hâter la fin de cette opération. IL pèse de huit à dix livres, mais il croît lentement. Il mulliplie beaucoup: le défaut d’eau ne lui ôte pas tès-promptement la vie. Sa chair est grasse, molle, remplie d'arêtes, et devient d’une cou-
spec. 18, syn. 8 et 44. — Capito'anadromus, Gesn., p. {1 eL 1269 ; et (germ.) f. 480 ; et Paral., p. 41.—Id. Aldrov:, l. 4. c.7. p. 513. — Id. Jonston, l. 2, t. 4, c. 5, L 23, fig. 6. —Id. Charleton, p.151.— 14. Willuhghy, p. 257.— Id. Rai p., 420, — Leske, Spec. p. 4, n. 8. — Klein, Miss. pise. 5, p. 65, n. 3. — Marsig. Danub. 4, p. 17, tab. 6.
15 Du sous-genre Brème , 4bramis,, dans le grand genre des Cyprins, Cuv. B.
17 Braexen, en Portugal. — Scarda, Scardola , en Italie. Breilzen, Brassen, Braden, Windluuben, lorsque ce poisson es encore jeune. — Pessegi, en Hongrie. — Bleye , Brassle, en Saxe.—Schoss-bley, lorsque la brême n'a qu’un an ou deux; Bley-flinnk, lorsqu'elle a trois ans, dans la Marche électorale.—Bressmen, eu Prusse. — Rhein braxen, à Dantzig —Klorzez, en Pologne.—Flussbrachsen, Plaudis, Lattikar, en Livonie,—Letsch, en Russie.—Brax, en Suède,
— Brasem, en Danemarck. — Bream, en Angleterre, — Cyprin Bréme. Daubenton et Haüy, Enc. méth. — 1d Bonnaterre, pl. de l'Enc. méth. — Bloch, pl. 13. — Faun.
Suecic 360.— Wulff kchth. Bor:, p 49, n. 66.— Müil. Prod. Zoo. Danie., p. 31, n 441. — « Cyprinus pinnis omnibus «nigrescentibus, etc. » Artedi, gen 6, spec. 22, syn. 4. — Abramus, ete. Charlelon, 462. — Brame, Rondelet, part. 2, voissons des lacs, €. 6. — «Cyprinus latus sive brama. » Gesner, p. 316, 347; el (germ.) 465 b. — Id. Willughby, p- 248, tab. Q. 10, f. 4. — Id. Rai, p. 146.— 1d. Schon., p. 33. — Aldrov., [. 5, c. 42, p. 641-642. — Jonston, | 3, L. 3, c. 8, p.165, tab. 29, fig. 5 — Gronoy. Mus. 1, n.44; Zooph. 4, u. 345.— Kicin. Miss. psc. 5, p. 71, n. 4. —Ruysch. Theatr. anim. 4, p. 473, Lab. 29, fig. 5. — Marsig. Danub. 4, p. 49: tab, 16-17.— Brit. Zool. 3, p. 309, n. 5. — Meyer, Thierb. 4, L 72
18 La Bnème est le lype d’un sous-genré particulier, Abramis, formé par M. Cuvier, dans le genre Cyprin. Di
19 Sichel, en Autriche. — Sæblar, en Hongrie. — Ziege, en Prusse, — Zicke, en Poméranie. — Skerknif, en Suède — Zuble. Tschecha, en Russie, — Tschekou, sur les rives du Wolga. — Cyprin couteau. Waubenton et Haüy, Enc. méth.— 14. Bonnaterre, pl. de l'Enc métb. — Bloch, pl. 37. — 1. Scan 82, t 2. — Faun. Suecic. 370. — Krammer. El, p.392, 0.5. — Wulff. Ichth. Bor., p. 40, n. 51. — Klein Miss. pisc..5, p. 74, n. 2 eL3, Lab. 20. fig 3.—Mars. Danub. 4 p: 21, lab. 8.
2 Le couteau ou Rasoir, Cyprinus cultratus, Linn., ape partient, selon M. Cuvier, au sous-senre ABLE, Lenciscus, dans le grand genre Cxpmin. Il forme, avec quelques espèces de Pinde, un petil groupe auquel Buchanam a imposé le noi de Chela. D.
2 Faren. Artedi, spec. 23— Faun. Suecic. 369. — Cyprin furène. Daubenton et Haüy, Enc. méth. — 14. Bonnaterre, pl. de FEuc. méth.
2 Ce poisson n’est pas cilé par M. Guvier. D,
leur jaune lorsqu’elle est cuite. On le trouve dans les fleuves et dans les rivières de presque toute l'Europe tempérée et septentrionale.
Ses œufs sont jaunes, et de la grosseur d’une graine de pavot. L'épine dorsale est composée de quarante vertèbres. On compte dix-huit côtes de chaque côté.
Le nase a le péritoine noir. Les nageoires sont rougeâlres, excepté la dorsale qui est presque poire, et la caudale, dont le lobe inférieur est rougeâlre, pendant qu’une nuance noirâlre règne sur le lobe supérieur. La nuque est noire; le dos noirâtre, et chaque côté blanc, de même que le ventre, Lorsque ce eyprin pèse deux livres, il arrive souvent que ses nageoires offrent une couleur grise.
Il se plait dans le fond des grands lacs, d'où il remonte dans les rivières, lorsque le printemps, c’est-à-dire la saison du frai, arrive. Ses œufs sont blanchâtres, et de la grosseur d'un grain de millet. Pendant que cette espèce se débarrasse de sa laite ou de ses œufs, on voit sur les jeunes mâies des taches noires dont le centre est un petit point saillant. Sa chair est molle, fade, et garnie de beaucoup d’arêtes. Son canal intestinal présente plusieurs sinuosités ; chaque côté de l’épine dorsale, dix-huit côtes, et cette même épine, quarante-quatre vertèsres. Le nase habite dans la mer Caspienne, ainsi que dans un très-grand nombre de rivières ou fleuves de l’Europe, particulièrement de l’Europe du nord.
On pêche à peu près dans les mêmes eaux l’aspe, dont la nuque est d’un bleu foncé ; l’opereule d’un bleu mêlé de jaune et de vert; le dos noirâtre ; la partie inférieure blanchâtre; la dorsale gnse pendant la jeunesse de l’animal, et ensuite bleue; la caudale également grise et bleue successivement; et l’anale peinte, ainsi que les pectorales et les ventrales, de jaunâtre quand le poisson est peu avancé en âge , et de bleuâtre mêlé de rouge lorsqu'il est plus âgé.
L'aspe parvient souvent au poids de dix ou douze livres. Ce cyprin peut alors se nourrir de très-petits poissons, aussi bien que de vers, de yégétaux, et de débris de corps organisés. Il préfère les rivieres dont le fond est propre, et le courant peu rapide. Il est rusé, perd aisément Ja vie, a beaucoup d’arêtes, une chair molle et grasse, trois sinuosités à son canal intestinal, dix-huit côtes de chaque côté, et quarante-quatre vertèbres,
Les eaux douces de l'Allemagne nourrissent k spirlin. Sa dorsale est plus éloignee de la tk que les ventrales. Cette nageoire est verdâtre ainsi que celle de la queue ; les autres sont d'unv couleur rougeâtre. Une tache verte paraît sur le haut de l'iris; les joues montrent des reflets argentins et bleus; le dos est d’un gris foncé ; un brun mêlé de vert règne sur les côtés au-dessus de la ligne latérale, dont le rouge fait ressortir la double série de points noirs qui distingue le spirlin; et la partie inférieure de ce cyprin est d’un blanc argenté. À mesure que l'animal vieillit, ou que ses forces diminuent, on voit s’affaiblir et disparaître le rouge de la ligne latérale.
Le spirlin ne se plaît que dans les courants rapides, dout le fond est couvert de sable ou de cailloux. Il se tient ordinairement très-près de la surface de l’eau, excepté pendant le temps du frai. Ses œufs sont tres-petits et très-nombreux; sa chair est blanche et de bon goût; ses côles sont au nombre de quinze de chaque côté, et son épine dorsale est composée de trente-trois vertèbres.
La bouvière est un des plus petits cyprins:
aussi est-elle transparente dans presque toutes ses parties. Ses opereiles sont jaunâtres ; le dos est d’un jaune mêlé de vert, les côtés sont jaunes au-dessus de la ligne latérale, qui est noire ou d’un bleu d’acier ; la partie inférieure du poisson est d’un blanc éclatant ; la dorsale et la caudale sont verdâtres; une teinte rougeàtre est répandue sur les autres nageoires.
La bouvière habite les eaux pures et courantes de plusieurs contrées de l’Europe, et particulicrement de l'Allemagne. On ne la voit commu nément dans des lacs que lorsqu'une rivière les traverse. Sa chair est amère : ses œufs sont trèstendres, très-blancs et très-petits #,
Le savant naturaliste Bose a vu le cyprin américain dans les eaux douces de la Caroline, Il nous à appris que ce poisson a les deux lèvres presque également avancées; que les orifices des narines sont très-larges ; que l’opercule est petit; l’iris jaune ; le dos brun; que la partie du ventre comprise entre les ventrales et l'anus es carénée, et que cet abdominal parvient à la lonsueur de huit à douze pouces.
Le cyprin américain se prend facilement à l'hameçon, suivant notre confrère Bosc; et lors-
1 On compte qualorze côles de chaque côté de l'épine dorsale du eyprin bouvière; et cette même épine renferme trente vertèbres.
DES POISSONS
qu’il est très-jeune, on l’emploie comme une excellente amorce pour pêcher les truites. Il sert pendant tout l’été à la nourriture des habitants de la Carol ne, quoique sa chair sente la vase. Il varie beaucoup suivant son âge et la pureté des eaux dans lesquelles il passe sa vie.
La mer Caspienne est la patrie de P’able, aussi bien que les eaux douces de presque toutes les contrées européennes. Ce eyprin a quelquefois huit à douze pouces de longueur; et sa chair n’est pas désagréable au goût. Mais ce qui la fait principalement rechercher, c'est l'éclat de ses écailles. L’art se sert de ces écailles blanches et polies, comme de celles des argentines et de quelques autres poissons, pour dédommazer, par des ornements de bon goût, la beauté que la fortune a moins favorisée que la nature, et qui, privée des objets précieux que la richesse seule peut procurer, est cependant forcée, par une sorte de convenance impérieuse, à montrer l'apparence de ces mêmes ohjets. Ces écailles argentées donnent aux perles factices le brillant de celles de l'Orient. On enlève avec soin ces écailles brillantes; on les met dans un bassin d’eau claire; on les frotte les unes contre les autres ; on répète celte opération dans différentes eaux, jusqu'à ce que les lames écailleuses ne laissent plus échapper de substance colorée; la matière argentée se précipite au fond du vase dont on verse avec précaution l’eau surabondante : ce dépôt éclataut est une liqueur argenline, qu'on nomme essence orientale. On mêle celte essence avec de la colle de poisson; on en introduit, à l’aide d'un chalumeau, dans des globes de verre creux, très-minces, couleur de girasol ; on agite ces pelites boules, pour que la liqueur s’étende et s'attache sur toute leur surface intérieure ; et la perle line la plus belle se trou\e imitée dans sa forme, dans ses nuances, dans son eau, dans ses reflels, dans son éclat.
Toutes les écailles de l’able ne sont cependant pas également propres à produire celle ressemblance. Le dos de ce cyprin est en effet olivâtre.
Ses joues sont d’ailleurs un peu blenes ; des points noirs paraissent sur le front; l'iris est ar gentin ; les pectorales sont d’un blanc mêlé de rouge ; l’anale est grise; la caudale ver: âtre; la dorsale moins proche de la tête que les ventrales; l'œil grand ; la ligne latérale courbée; la chair remplie d’arêles.
Bloch rapporte qu'il a vu des poissons métis
provenus de l’Able et du Rotengle. Ces mulets avaient les écailles plus grandes que l’able, le corps plus haut, et moins de rayons à la nageoire de l’anus.
La vimbe a l'ouverture de la bouche ronde; l'œil grand ; l'iris jaunâtre; des points jaunes sur la ligne latérale : la partie supérieure bleuätre; l’inférieure argentine; le péritoine argenté; une longueur d’un pied et demi: la chair blanche et de bon goût; dix-sept côtes de chaque cÔlé, quarante-deux vertèbres à l’épine du dos.
Elle quitte la mer Baltique vers le commencement de l'été : elle remonte alors dans les rivières, aime les eaux claires, cherche les fonds pierreux ou sablonneux, ne se laisse prendre facilement que pendant le temps du frai, perd aisément la vie, a été cependant transportée avec succès par M. de Marwitz dans des lacs profonds et marneux, croît lentement, mais mulliplie beaucoup, et a été envoyée marinée à de grandes distances du lieu où elle avait été péchée,
On dirait que la tête de la brème a été tronquée. Sa bouche est petite; ses joues sont d'um bleu varié de jaune; son dos est noirâtre; cinquante points noirs, ou environ, sont disposés le long de la ligne latérale; du jaune, du blane, el du noir, sont mélés sur les côtés; on voit du violet et du jaune sur les pectorales, du violet sur les ventrales, du gris sur la nageoire de l’anus.
Ce poisson habite dans la mer Caspienne; if vit aussi dans presque toute l’Europe. On le trouve dans les grands lacs, et dans les rivières qui s’échappent paisiblement sur un fond composé de marne, de glaise et d’herbages.
Il est l’objet d’une pêche importante. On le prend fréquemment sous la glace; et il est si commun dans plusieurs endroits de l’Europe bo= réale, qu’en mars 1749 on prit d’un seul coup de lilet, dans un grand lac de Suède, voisin de Nordkiæping, cinquante mille brèêmes qui pesaient ensemble plus de dix mille livres.
Plusieurs individus de cette espece ont plas de dix-huit pouces de longueur, et pèsent vingt livres. +
Lorsque, dans le printemps, les brêmes cher chent, pour frayer, des rivages unis ou des fonds. de rivière garnis d’'herbages, chaque femelle es souvent suivie de trois ou quatre mâles Elles font un bruit assez grand en nageant en trou-
pes nombreuses; et cependant elles distinguent le son des cloches, celui du tambour, ou tout autre son analogue, qui quelquefois les effraie, les éloigne, les disperse, ou les pousse dans les filets du pêcheur.
On remarque trois époques dans le frai des brèmes. Les plus grosses fraient pendant la première, et les plus petites pendant la troisième. Dans ce temps du frai, les mâles, comme ceux de presque toutes les autres espèces de eyprins, ont, sur les écailles du dos et des côtés, de petits boutons qui les ont fait désigner par différentes dénominations, que lPon avait observés dés le temps de Salvian, et que Pline même a remarqués.
Si la saison devient froide avant la fin du frai, les femelles éprouvent des accidents funestes. L'orilice par lequel leurs œufs seraient sortis, se ferme et s’enflamme; le ventre se gonfle, les œufs s’altérent, se changent en une substance granuleuse, glaante et rougeätre; l'animal dépérit et meurt.
Les brêmes sont aussi très-sujeltes à renfermer des vers intestinaux, et très-exposées à une phthisie mortelle.
Elles sont poursuivies par l’homme, par les poissons voraces, par les oiseaux nageurs. Les buses et d’autres oiseaux de proie veulent aussi, dans certaines circonstances, en faire leur proie; mais il arrive que si la brème est grosse et forte, et que les serres de la buse aient pénétré assez avant dans son dos pour s'engager dans sa charpente osseuse, elle entraine au fond de l’eau son ennemi qui y trouve la mort.
Les brèmes croissent assez vite. Leur chair est agréable au goût par sa bonté, et à l'œil par sa blancheur. Elles perdent diflicilement la vie lorsqu'on les tire de l’eau pendant le froïd ; et alors où peut les transporter à vingt-cinq lieues sans les voir périr, pourvu qu'on les enveloppe dans de la neige, et qu'on leur mette dans la bouche du pain trempé dans de lalcool.
M. Noël nous a écrit qu’on avait cru reconnaître dans la Seine trois ou quatre variétés de la brème.
On peut voir à la tête d’une troupe de brêmes un poisson que les pècheurs ont nommé chef de ces e\prins, et que Bloch était tenté de regarder comme un métis provenu d’une brême et d'un rotengle. Ce poisson à Pœil plus grand que la brème ; les écailles plus petites et plus épaisses ; licis bleuâtre; la tête pourpre; les nagcoires
pourpres et bordées de rouge ; plusieurs taches rouges et irrégulières; la surface enduite d’une matière visqueuse très-abondante.
Bloch considère aussi comme des métis de la brême et du cyprin large, des poissons qui ont la tête petite ainsi que le corps tres-haut du eyprin large, et les nageoires de la brème.
Ce dernier abdominal a trente-deux vertèbres, et quinze côtes de chaque côté de l'épine dorsale.
Le eyprin couteau a été pêché non-seulement dans le Danube, dans l’'Elbe, dans presque loutes les rivières de l’Allemagne et de la Suède, mais encore dans la Ballique, dans le golfe de Fiulande, dans la mer Noire, dans la mer d’Asow et dans la Caspienne.
La dorsale de ce eyprin est située au-dessus de la nageoire de l'anus. Les yeux sont grands. Presque toutes les écailles sont larges, minces, sculptées de manière à presenter cinq rayons divergents, et faiblement attachées. La nugue est d’un gris d'acier; les côtis sont argentins; le dos est d’un gris-brun; les pectorales, dont la longueur est remarquable, l’anale et les ventrales, sont grises par-dessus et rougeâlres pardessous; la dorsale est grise, comme la nageoire de la queue.
Le cyprin couteau parvient à la longueur d’un pied et demi, et au poids de deux livres. Il peut échapper plus difficilement que plusieurs autres poissons aux oiseaux de proie et aux poissons destructeurs, parce que son éclat le trahit,
Ses ovaires sont grands, et divisés chacun en deux par une raie".
Le farène appartient au lac de Suède nommé Méler. Il a les yeux gros; l'iris doré et argenté ; le dos et les nageoires noirâtres; une longueur de douze à quinze pouces; quarantequatre vertèbres, et treize eôtes de chaque côté?
1 Le cyprin couteau a quarante-sept verlèbres, et vingt côtes de chaque côté.
2 20 rayons à la nageoire de la queue du cyprin jesse.—21 rayons à la caudale du cyprin nase —20 rayons à la nageoire de la queue du cyprin aspe.—20 rayons à la caudale du eyprin spirlin.—20 rayons à la nagroire de la queue du eyprin bouvière. — 18 rayons à la caudale du cyprin américain. — 18 rayons à la nageoire de la queue du cyprin able. — 24 rayons à la caudale du cyprin vimbe. — 19 rayons à la nageoire de la queue du cyprin brème.—19 rayons à la caudale
du cyprin couteau.—19 rayons à la nageoire de la queue du cyprin farène.
DES POISSONS