LES MAKAIRAS
La mâchoire supérieure prolongée en forme de lame ou d'épée, et d'une longueur égale au cinquième ou tout au plus au quart de La longueur totale de l'animal; deux boucliers osseux et lancévlés, de chaque côté de l'extrémité de lu queue ; deux nageoires dorsales.
CABACTÈRES.
| La première nageoire du dos trèsgrande; les deux dorsales et l'a- Lx MAKAIBA Arr) nale, triangulaires ; la caudale grande et en croissant.
ESPÈCE
LE MAKAIRA NOIRATRE.
Makaira nigricans, Lacep., Cuv.; Xiphias makaira, Shaw.
Ce poisson est digne de l’attention des naturalistes qui ne le connaissent pas encore. Il doit être compté parmi les grands habitants de la mer. L'individu dont nous avons fait graver la figure, avait trois mètres et près de trois décimètres de longueur, sur une hauteur d’un mètre. Le makaira doit jouir d’ailleurs d’une puissance redoutäble. Ses mouvements doivent être prompts ; le nombre de ses nageoires, leur étendue, et la forme de sa queue, lui donnent une natation rapide; et comme les xiphias, à côté desquels il faut le placer, il porte, à l'extrémité de sa mâchoire supérieure, une arme dangereuse, une épée qui perce et qui frappe. Ce glaive est sans doute plus court que celui des xiphias, à proportion des dimensions principales de l'animal; mais il est peut-être plus fort; et nous voyons ainsi réunies dans le makaira, la taille, la vitesse, l'adresse, les armes, la vigueur, tout ce qui peut donner l'empire, et même faire exercer une tyrannie terrible sur les faibles habitants de l'Océan.
Il est surprenant qu'avec tous ces attributs, et surtout avec son grand volume, le makaira noirâtre n'ait jamais été remarqué par un obser-
4 M. Cuvier admet le makaira comme un sous-genre dans legenre EsPanON. D.
vateur, d'autant plus que cette espèce ne parait pas habiter loin des côtes occidentales de France. Vraisemblablement il aura été vu très-souvent, mais confondu avec un xiphias. Quoi qu'il en soit, l’individu dont nous avons fait graver un dessin, avait été jeté très-récemment par une tempête sur un rivage de la mer voisin de La Rochelle, où il a fait l’étonnement des pêcheurs et l'admiration des curieux. On lui a donné, je ne sais pourquoi, le nom de Makaira, dont nous avons fait son nom générique. M. Traversay, sous-préfet de La Rochelle, qui est venu à Paris peu de temps après que cet énorme poisson a échoué sur la côte, a eu la complaisance de m'apporter un dessin de cet animal, et une note qui renfermait, avec quelques particularités sur cet osseux, l’indication des principales dimensions de cet apode, que l’on avait mesuré avec exactitude *.
Ce makaira pesait trois cent soixante-cinq kilogrammes. Des habitants de l’île de Ré en ont mangé avec plaisir. Sa chair était cependant un peu sèche.
La mâchoire inférieure n’atteignait qu’au milieu de la longueur de la mâchoire supérieure. On ne voyait pas de dents. Le sommet de la tête était élevé et arrondi; l’œil gros et rond; l’opercule arrondi par derrière, et composé de deux pièces ; chaque pectorale très-étroite, mais presque aussi longue que la mâchoire d’en haut. L'animal pouvait incliner et replier sa première dorsale ; et lorsque cette nageoire était couchée le long du dos, elle ne saillait plus que de deux décimètres. L’étendue de l’anale égalait à peu près celle de la seconde nageoire du dos. Les deux boucliers osseux qui revêtaient chaque côté de l’extrémité de la queue, étaient places
‘Principales dimensions du makaira noirâtre.
centimèlres.
Longueur totale. « : . , + . «+ + » « + +. 550 Longueur de la mâchoire supérieure. . . « . . 63 Hauteur de la première dorsale. , . . . . . . ü2 Longueur de chaque pectorale. . . . . . . . 62 Hauteur de la seconde dorsale. . . . .« . . . . 24 Longueur de chaque bouclier osseux. . . . . . 6 Longueur du côté le plus long de la nageoire de
LADUS eus es Ac elia ie de le de et NRA Distance d'une pointe du croissant formé par la cau-
dale à l'autre point du même croissant. . . . . 130
Nota.— Je reçois de M. Fleuriau-Bellevue de La Rochelle, une note que M. Lamothe le fils a bien voulu lui remettre pour moi, et par laquelle ce deruier observateur, qui demeure à Ars dans l'ile de Ré, m'apprend que le palais du makaira est extrêmement rude, que la chair de ce poisson est blanche , et que sa défense ou son épée est unie, sans sillons, arrondie sur ses bords, et que la partie osseuse de cetle arme a quelques rapports avec l'ivoire.
DES POISSONS. 57
l’un au-dessus de l’autre, et avaient chacun sa pointe tournée vers la tête.