DEUX CENT VINGTIÈME GENRE
LES GYMNOMURÈNES?.
Point de nageoires pectorales; une ouverture branchiale sur chaque côté du poisson: Le corps et la queue presque cylindriques; point de nageoire du dos, ni de nageoire de l'anus ; ou ces deux nageoires si basses et si enveloppées dans une peau épaisse, qu'on ne peul recon= naître leur présence que par La dissection.
CARACTÈRES
L’anus beaucoup plus près du bou de la queue que de la tête; la 4. couleur générale brune: soixante La GYMNOMURÈNE CER- (ou environ) bandes transversa- CLÉE. les, blanches, trés-étroi es, et formant presque loutes une zône
autour du poisson.
ESPÈCES
1M. Cuvier a cilé, dans la première édition du Règne animal, celle espèce comme appartenant au sous-genr Mu- RÈNE, dans le grand genre ANGUILLE, de l'ordre des Malacoptérygiens apodes, D.
3 Les Gymnomurènes de M. de Lacépède sont rangées par
ESPÈCES. CARACTÈRES
° L’anus plus près de la tête que du
RE Re bout de la queue; la caudale très- LA GRAS ee: courte; le corps et la queue mar-
brés de brun et de blanc.
LA GYMNOMURÈNE CERCLÉE!,
Muræna Zebra, Cuv.; Gymnomuræna doliata, Lac. ?.
ET LA GYMNOMURÈNE MARBRÉE®, Gymnomuræna marmorata, Lac. *.
La description de ces poissons n’a pas encore été publiée. Ils ont été observés par Commerson, auprès des rivages de la Nouvelle-Bretagne. Nous les avons séparés des murénophis, parce qu’ils manquent de nageoire dorsale et de nageoire de l'anus, ou n’ont qu’une anale et une dorsale très-difliciles à distinguer ®. Ces traits de conformation les placent à une distance des serpents encore plus petite que celle qui sépare ces repliles des marénophis.
La longueur de fa cerclée est de trois pieds, ou environ, Outre Îes zones dont nous avons parle dans la table générique , quelques bandes transversales plus où moins longues, irrégulières et interrompues, paraissent sur les côtés de l'animal. La tête présente plusieurs petites raies irrégulières et blanches. Le corps et la queue sont un peu comprimés. La mâchoire d’en haut est un peu plus avancée que celle d’en bas : des dents moiaires garnissent le disque formé par chaque mâchoire, Les narines ont chacune deux orifices ; et il paraît que l’orifice antérieur est placé au bout d’un petit tube noir à son extrémité el qui ressemble à un barbillon. Les arcs de cercle qui soutiennent les branchies sont entièrement lisses. On ne voit pas de véritable ligne latérale. On ne peut s'assurer de l’existence de la dorsale et de l’anale, ni reconnaître les rayons qui les composent, qu'après avoir enlevé la peau qui les recouvre.
M. Cuvier dans son sous-genre MuRÈNE, l’un de ceux qui divisent le grand genre ANGUILLE. D.
1 « Conger brunneus, zonis transversalibus albis, utrinque «cireiter sexaginla; pinnis dorsi el ani dubiis, pectoralibus <nullis, ano caudæ mullolies propiori quam capili. » Commerson, manuscrils déjà cités.
2 Du sous-genre MuRÈNE, dans le grand genre ANGUILLE, Cuv. D.
3 «Congerbrunneus albo-marmoratus, pinnis pectoralibus, «dorsi et ani nulli . » Commerson, manuscrits déjà cités,
* M. Cuvier ne cite pas celte espèce. D.
$ Le mot gymnos, qui, en grec, signifi® nu, désigne la nudité du dos et du dessous de la queue, c'est à-dire le défaut
d'anale et de dorsale, ou la petitesse de la dorsale et de la nageoire de l'anus, re
Lors de la basse mer, on trouve souvent les Cerclées sous de grosses pierres ou des blocs d> rocher, qu'on retourne pour découvrir ces gymnopurènes laissées à sec. On (ue alors ces osseux à coups de bâton ; mais on ne les saisit qu'avec précaution, pour éviter les douleurs aiguës que peut causer leur morsure.
Les Marbrées ont des dimensions très-peu différentes de celles des Cerclées. On les voit souvent cachées à demi sous des roches peu submergées, levant leur tête au-dessus de l’eau dans lattente de leur proie, la lançant, pour ainsi dire, avec rapidité contre leurs victimes, et les mordant avec force et même acharnement.
Elles peuvent d'autant plus déchirer ce qu’elles saississent, qu'indépendamment d'une rangée de dents très-aiguës qui garnit chaque mâchoire, des dents semblables hérissent le palais.
Le museau est allongé; les joues sont comme gonflées, ainsi que le derrière des yeux. La màchoire d’en bas est un peu moins avancée que celle d'en haut.
Nous eroyons que l’orifice antérieur de chaque narine est placé au bout d’un petit tuyau, que l'on peut comparer à un barbillon, et qui s’élève vers le bout du museau.
Il n’y à pas de ligne latérale.
L'iris est doré.
On ne peut découvrir aucune nageoire, excep= té à extrémité de la queue, où l’on aperçoit sur le bord un rudiment de caudale.
La peau, dénuée d’écailles facilement visibles, est enduite d’une humeur très-visqueuse.