‹ Histoire naturelle de LacépèdeChapitre 81 sur 535 · ET LE GADE CIMBRE · texte numérisé non relu

ET LE GADE CIMBRE

Gadus cimbricus, Schn., Lacep., Cuv. #.

La mustelle a beaucoup de ressemblance avec la lote par l’allongement de son corps, la

‘ Galea , Pesce moro, Donzellina, Sorge marina, sur plus. côtes d'Italie. — Gouderopsaro, sur plus. rivages de la Grèce. — Whistle fish, en Angleterre. — Krullquappen, auprès de Hambourg, et dans quelques autres contrées septentrionales. — « Gadus mustella, Gadus tricirratus B, ef Gadus russicus y. » Linnée, éd. de Gmelin.—Gade mustelle Daubenton, Enc. méth. — Id. Gade la brune, Bonnaterre, pl. de l'Enc. méth. — Mustelle, Valmont de Bomare, Dict. d'hist. nat. — Müller, Prodrom. Zool. danic., p. 42, n. 545. — « Gadus dorso dipteryzio , cirris maxillæ superioris qua- « tuor ; inferioris uno. » Mus. ad. fr. 4.— « Gadus dorso dip- « terygio, sulco ad pinnam dorsi primam , ore cirrato. » Artedi, gen. 22, syn. 37. — « Galea Venetorum, seu Asellcrur: « altera species. » Bélon. — « Id. Mustella vulgaris , et Mus- « tella marina tertia. » Gesner, p. 89, 90 et 105, (Germ.) fol. 41, B, et 42, A. — Mustelle vulgaire, Rondelet, part. 4, L 9,

2 Type du sous-genre Motelle dans le genre Gade, selon

M.Cuvier. D.

5 Gade cimbre, Bonnaterre, pl. de l'Enc. méth. 4 Le gade peintre est encore du scus-genre Motelle de

M. Cuvier. D.

DES POISSONS. 95

petitesse de ses écailles, et l'humeur visqueuse dont elle est imprégnée : mais elle n’habite pas, comme ce poisson, au milieu de l’eau douce; elle vit dans l'Océan atlantique et dans la Méditerranée. Elle y parvient jusqu’à la longueur de six décimètres. Elle s’y nourrit de cancres et d'animaux à coquille; et pendant qu’elle est jeune, petite et faible , elle devient souvent la proie de grands poissons, particulièrement de gades et de plusieurs scombres. Le temps de la ponte et de la fécondation des œufs de cette espèce est quelquefois retardé jusque dans l'automne , ou se renouvelle dans cette saison. La mustelie est blanche par-dessous , d’un brun jaunâtre par-dessus , avec des taches noires et d’un argenté violet sur la tête. Les nageoires pectorales et jugulaires sont rougeàtres; les autres sont brunes avec des taches allongées, excepté la nageoire de la queue, dont les taches sont rondes. L'on trouve cependant plusieurs individus sur lesquels la nuance et la figure de ces diverses taches est constamment différente, et même d’autres individus qui n’en présentent aucune. Il est aussi des mustelles qui ont quatre barbillons à la mâchoire supérieure , d’autres qui n’y en montrent que deux , d’autres encore qui n’y en ont aucun ; et ces diversités dans la forme plus ou moinstransmissibles par la génération , ayant été comparées, par plusieurs naturalistes, avec les variétés de couleurs que l’on peut remarquer dans l'espèce que nous examinons, ils ont cru devoir diviser les mustelles en trois espèces, la première distinguée par quatre barbillons placés à une distance plus ou moins petite des narines, la seconde par deux barbillons situés à peu près de même, et la troisième par l’absence de tout barbillon à la mâchoire supérieure. Mais après avoir cherché à peser les témoignages et à comparer les raisons de cette multiplication d’espèces, nous avons préféré l'opinion du savant professeur Gmelin ; et nous ne considérons l’abgnce ou le nombre des barbillons de la mâchoire d’en haut, ainsi que les dissemblances

c. 44. — Id. Aldrov., lib. 5, cap. 8, fol. 290. — Willughby, p.121. — Rai, p.67, n.1.— Mustela, Jonston, lib. 1, tit. 1, Cap. 1, À, 2, tab. 1, fig. 4. — Mustela altera, Schonev.. p. 49. — Mustela marina tertia. — Gronov. Zooph., n.514, Mus. {, p.21, n. 2; Act. ups. 1742, p.95, tab. 5. — Spotted whistle fish, et Brow whistle fish, Brit. Zool. 5, p. 164; 2. 13 e sn n. — « Enchelyopus cirris tribus, altero è « mento, etc. » Klein, Miss. pisC. 4, p.37, n. 14, — W

Sohrif. der Berl. naturf. ges. 5. RSI 1e

dans les teintes, que comme des signes de variétés plus ou moins permanentes dans l'espèce de la mustelle.

Au reste, ce gade a toujours un barbillon attaché vers l’extrémité de la mâchoire inférieure , soit que la mâchoire supérieure en soit dénuée, ou en montre deux, ou en présente quatre. De plus, la langue est étroite et assez libre dans ses mouvements. La ligne latérale se courbe vers les nageoires pectorales , et s’étend ensuite directement jusqu’à la queue. Mais ce qu'il ne faut pas passer sous silence , c'est que la première nageoire dorsale est composée de rayons si petits et si courts , qu’il est très-difficile de les compter exactement, et qu’ils disparaissent presque en entier dans une sorte de sillon ou de rainure longitudinale. Un seul de ces rayons , le premier ou le second, est trèsallongé , s'élève par conséquent beaucoup audessus des autres ; et c'est cette longueur ainsi que l’excessive brièveté des autres, qui ont fait dire à plusieurs naturalistes que la première dorsale de la mustelle ne comprenait qu’un rayon*.

La première nageoire du dos est conformée de la même manière que dans le gade cimbre, qui ressemble beaucoup à la mustelle : néanmoins on trouve dans cette même partie un des caractères distinctifs de l’espèce du cimbre. En effet, le rayon qui seul est très-allongé, se termine dans ce gade par deux filaments placés l’un à droite et l’autre à gauche, et disposés horizontalement comme les branches de la iettre T°.

De plus, on compte sur les mâchoires de la mustelle einq, ou trois, ou un seul barbillon. Il y en a quatre sur celles du cimbre : deux de ces derniers lilaments partent des environs des narines; le troisième pend de la lèvre supérieure ; et le quatrième, de la lèvre inferieure.

Le cimbre habite dans l'Océan atlantique, et particulièrement dans une partie de la mer qui baigne les rivages de la Suède. Il a été découvert et très-bien décrit par M. Strussenfeld”®.

45 rayons à la membrane branchiale de la mustelle, 4 rayon très-allongé et plusieurs rayons très-courts à la première nageoire dorsale, 56 rayons à la seconde, 18 à chacune des pectorales, 6 à chacune des jugulaires, 46 à celle de l'anus, 20 à celle de la queue.

24 rayon très-allongé et plusieurs rayons très-couris à la première nageoire dorsale du gade cimbre, 48 rayons à la seconde , 16 à chacune des pectorales, 7 à chacune des jugulai-

res, 42 à celle de l'anus, 25 à celle de la queue. # Mém, de l'Acad. de Stockholm, t. XXXIIE, p. 46.

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