Hétérocirrhe multibranche. H. multibranchis
Heterocirrus multibranchis , Grube, Trosch. arch. t. XXIX, p. 49, pl. 5, fig. 2.
Corpus segmentis plus 65, oculis parvis, nigris 2. Cirri tentaculares 2 dorsuales longissimi. Tubercula setigera haud conspicua. Fasciculi setarum utrinque distichi. Branchiæ filiformes in segmentis 2°etproximis 11 omnibus visæ deinde rariores (Grube).
Hab. Neresine.
Je ne crois pas que cette espèce doive rester dans ce genre. Elle devra peut-être former un genre nouveau quand elle aura été plus complètement étudiée. Peut-être devra-t-elle passer dans le genre suivant.
Genre NARAGANSÈTE. NARAGANSETA.
Tête de Cirrhatule dépourvue d’yeux.
Corps cylindrique, composé d’anneaux, dont les premiers seuls portent des branchies filiformes.
Premier anneau (peut-être l’anneau buccal) portant 3 paires de gros cirrhes inégaux, qui sont ou des cirrhes Aentaculaires ou de vrais tentacules.
A. ERRANTES PROPREMENT DITES
Pieds multiramés (?), portant des soies capillaires et des soies en cuillère.
Caput Cirratuli oculis destitution.
Corpus cylindricum; annuli anteriores pauci tantum branchiis filiformibus insignes.
Annulus primus ( forsan annulus buccalis ) crassorum cirrorum tentacularium ( aut tentaculorum ) incequalium paria 3 gerens.
Pedes multiremes (?), setis capillaribus et cochlear if or mibus armati.
Naragansète des coraux. N. corallii.
Naragansela corallii , Leidy, Coast of Rh. Isl. and N. Jers., p. 12, pl. XI, fig. 46-48.
Bien que je place ici cette Annélide, qui a évidemment les plus grands rapports avec le genre précédent, il faut reconnaître qu’à certains égards elle s’éloigne beaucoup des groupes précédents, et l’on ne peut considérer que comme provisoire le rang que je lui assigne.
ESPÈCES INCERTÆ SEDIS.
Lunibricus filigerus , Cirratulus filigerus , Delle Chiaje, Descr. et not.
degli Anim. invert., pl. 80, fig. 1.
Cirratulus Lamarckii, Delle Ciuaje.
Ces deux espèces appartiennent à la mer de Naples.
FAMILLE DES CHLORÈMIENS.
CHLORÆMEA.
Pherusea, Grube.
Le groupe que j’ai proposé d’établir sous ce nom (1), ne comprend qu’un petit nombre d’espèces qui, cependant, ont fort embarrassé les naturalistes, par suite des caractères presque contradictoires qu’elles présentent à l’extérieur. Loin de diminuer ces difficultés, l’étude anatomique ne fait en quelque sorte que les accroître, car elle nous révèle des particularités qu’on ne rencontre dans aucun autre
(1) Mémoire sur la famille des Chlorèmicns, Ann. des s c. nat., 3e série, t. 12, p. 277, 1849.
CHLORÈMIENS.
groupe d’Annélides. J’ai déjà indiqué la plupart de ces faits remarquables dans les généralités de cet ouvrage. Il me suffira de les résumer rapidement en les complétant par quelques autres détails.
Chez tous les Chlorèmiens, la tête est distincte, mais, en général, elle peut se cacher plus ou moins dans un faisceau de soies partant des premiers pieds. Cette tête porte des antennes préhensiles proportionnellement très-grosses et longues, que j’ai, à tort, appelées du nom de tentacules dans mon premier travail. Inclinées en avant et en bas, ces antennes peuvent aussi se cacher en entier dans l’espèce de cage formée de soies dont je viens de parler. L’anneau buccal porte, sur la face supérieure, des branchies en forme de lanières simples, contractiles, formant deux faisceaux distincts pouvant aussi se cacher plus ou moins, et qui rappellent, à beaucoup d’égards, celles de certains Sabelliens.
Le corps tantôt nu, tantôt couvert de poils, est peu allongé et généralement fusiforme. Il est pourvu de pieds biramés qui se ressemblent d’une extrémité à l’autre de l’animal. Toutefois, le genre Lophiocéphale fait exception à cette règle. Ici, tous les pieds sont uniramés, à l’exception des deux premiers; mais rien dans le corps de ces Annélides ne permet de distinguer des régions séparées. Il ne faut donc voir, ce me semble, dans cette disparition d’une des deux rames, qu’un fait de dégradation analogue à ceux que présentent les derniers pieds dans une foule d’espèces. Sous tous les autres rapports, les Lophiocéphales se rapprochent trop des Chlorèmes pour qu’on puisse les en écarter.
On rte trouve, du reste, de véritables soies à crochet chez aucun Chlorèmien.
L’appareil digestif, chez les Chlorèmiens dont on a étudié l’organisation, s’est toujours montré très-différent de ce qu’on observe chez toutes les autres Annélides. Il se complique de poches plus ou moins nombreuses et diversement disposées, qui paraissent jouer le rôle d’autant de véritables estomacs et auxquelles fait suite un intestin très-
A. ERRANTES PROPREMENT DITES
grêle et diversement replié sur lui-même (1). Le système circulatoire offre aussi des particularités remarquables que j’ai indiquées dans l’ Introduction et représentées dans l’atlas de cet ouvrage (2). Toutes les espèces étudiées ont le sang vert.
De cet ensemble de faits, il résulte que les Chlorèmiens forment, à bien des égards, un groupe spécial très-nettement circonscrit, mais dont les affinités réelles ne sont pas aisées à reconnaître. Sous certains rapports, ils semblent établir le passage entre les Annélides Errantes et les Annélides Sédentaires. La place qu’on est conduit à leur assigner par l’analyse des caractères, telle que je l’ai faite dans le tableau général des familles, leur sera-t-elle conservée lorsqu’on connaîtra un plus grand nombre d’espèces et de types? Je n’oserais répondre d’une manière affirmative, mais dans l’état actuel de nos connaissances, il me semble difficile de leur en donner une autre sans s’exposer à des objections plus fortes que celles que soulève le rang que je leur attribue provisoirement.
A ces observations générales et aux faits que j’ai déjà indiqués, je crois devoir ajouter quelques détails empruntés à l’histoire du C. Dujardinii.
La bouche consiste en une simple ouverture plissée; mais au-delà, en dedans de la cavité buccale, se trouvent deux fortes lèvres, ou mieux deux mâchoires latérales, très-différentes de tout ce qu’on rencontre ailleurs. Ce sont deux forts renflements d’un tissu granuleux, trèsdense et très-propre à broyer des aliments de faible consistance. Vient ensuite une sorte de gésier, rappelant la région dentaire de la trompe de certains Néréidiens, et
(1) Introduction, p. 46 et pl. 1, fig. 2. Voir sur ces dispositions du tube alimentaire des Chlorèmiens, V Introduction de cet ouvrage, le Mémoire d’Otto sur le Siphonostome (Nov. act. nat. c«r.,t.X); celui de M. Costa sur diverses Annélides de la mer de Naples {Ann. des sc. nat., 2e série, t. 16). Voyez aussi mon propre travail sur les Chlorèmiens {Ann. des sc. nat., 3e série, t. 12), et celui de Rathke dans ses Deïtrage sur vergleichenden anatomie { Neust . Schrif. der Naturforsch. Gessell. in Danzig, t. III).
(2) Introduction et pl. 1, fig. 2.
CHLORÈMIENS.
enfin un œsophage très-long, très-étroit, formant une anse et débouchant dans l’intestin. Des glandes salivaires, en forme de cæcums très-longs et formant divers replis, s’insèrent sur les côtés de la portion antérieure de cet appareil proboscidien, fort différent, on le voit, de ce que nous avons rencontré jusqu’ici.
Sans revenir sur ce que j’ai dit du tube digestif, je rappellerai qu’à la portion renflée de l’intestin s’ajoutent, sur le côté droit, deux poches stomacales qui n’ont pu être reproduites ici, dans une figure destinée en grande partie à montrer les dispositions de l'appareil vasculaire (1).
La nature des branchies est nettement caractérisée par leur structure, qui rappelle ce que j’ai dit ailleurs (2). Rappelons encore que d’après les observations de Huxley, le liquide de la cavité générale paraît jouer un rôle dans la respiration du sang proprement dit (3).
Le système nerveux se voit très-bien par transparence, parfois même chez des individus qui ont séjourné dans l’alcool. Il se laisse aussi très-aisément isoler par la dissection. Le cerveau se compose de deux lobes accolés fournissant les nerfs antennaires, les nerfs optiques, et peutêtre aussi deux fdets buccaux. Je crois avoir reconnu un ganglion postérieur qui appartiendrait au système stomatogastrique. La chaîne abdominale est formée par des ganglions qui occupent la place ordinaire et que réunissent des connectifs longs, très-grêles et très-distincts.
Caractères. — Tête portant des antennés préhensiles ; plus ou moins exsertile et rétractile dans une sorte de cage formée par les soies des premiers pieds.
Branchies dorsales cirrhiformes insérées sur l’anneau buccal.
Corps peu allongé, ne comptant jamais un grand nombre d’anneaux.
Pieds presque toujours biramés, portant des soies simples ou composées.
(1) PI. 1, fig. 2. Voyez le Mémoire déjà cité.
(3) Introduction, p. 73.
A. ERRANTES PROPREMENT DITES
Caput antennis prehensilibus instructum , exsertile et in caveâ setosâ plus minusve rétractile.
Rranchiœ dorsales cirriformes annulo buccali affixœ. Corpus breve paucis annulis compositum.
Pedes fere semper biremes , setis simplicibus aut festucis armati.
TABLEAU DES GENRES
(couvert de poils ( Chl . proprement dits) Chlorème.
/ Tête /Tous lesiTête très-distincte. Siphostome.
^ sans poils [protégée! pieds
oj ou [ par de |biramés.(Tête peu distincte. Phéruse. à poils /longues)
[très-courts] soies. \Les 1er» pieds seuls biramés. Lophiocéphale. \ (Chl. nus). I
\Tête entièrement découverte Brada.
Genre CHLORÈME. CHLORÆMA.
Chlorème, Dujardin, Quatrefages.
Siphonostomum , Grube.
Tête très-distincte, pouvant se cacher en entier dans la cage formée par les soies des premiers pieds.
Bouche subterminale, placée entre les deux antennes. Corps couvert de poils, allongé, fusiforme.
Poils très-nombreux, tordus en divers sens, renflés à leur extrémité, et comme noyés dans une gelée transparente.
Rame supérieure des pieds portant des soies simples, la rame inférieure, excepté au premier pied, pourvue de soies simples et de soies composées.
Caput distinctissimum, in caveâ setosâ penitus occultabile. Os inter antennas subterminale.
Corpus pilis obtectum, elongatum , fusiforme.
Pili numerosissimi contorti ad finem tumefacti , in mucore hyalino intricati.
Remus superus setis , inferus excepto primopede setis et festucis instructus.