‹ Histoire naturelle des annelés marins et d'eau douce (volume 2)Chapitre 312 sur 424 · Chlorème de Dujardin. C. Dujardini · texte numérisé non relu

Chlorème de Dujardin. C. Dujardini

Lhlorœma Dujardinü, Quatrefages, Ann. des sc. nat., 3e sér., t. XII, p. 282, pl. 9, fig. 1-9 et pl. 10.

(1) Pl. 12, fig. 2.

CHLORÈMIENS.

Caput quasi monoculatum. Antennæ longæ, crassæ, prorectæ. Setæ caveæ longissimæ, incurvatæ. Corpus elongatum, hyalinum, propter intestinum in raedio ruliens.

Hab. St-Vaast. C. M.

C’est sur cette espèce, longue de 15 à 20 millimètres, qu’ont porté principalement les recherches dont j’ai déjà parlé à diverses reprises.

La tète du Chlorème de Dujardin est parfaitement distincte, et semble se bifurquer en avant pour former les deux antennes, qui sont fortes, épaisses, plissées en travers, mais nullement articulées. En arrière, sur la ligne médiane, se trouve un œil unique en apparence, mais résultant en réalité de l’accolemcnt de deux yeux distincts. Entre les deux antennes s’ouvre la bouche munie de deux forts bourrelets latéraux, d’un tissu assez résistant, et propres à broyer les aliments qui offrent peu de résistance.

Les branchies, au nombre de huit à dix de chaque côté, forment, quand elles sont développées, deux faisceaux bien distincts.

Tout le corps du Chlorème de Dujardin est parfaitement transparent, à peine teinté de brun jaunâtre en avant. Aussi distingue-t-on très-bien, à travers les téguments, la vive couleur rouge des portions antérieures de l’intestin.

Les pieds sont peu proéminents. Les rames sont formées par un simple mamelon sétigère. Dans la plus grande partie du corps, la rame supérieure porte une forte et longue soie simple, de couleur légèrement ochracée, et cinq à six autres soies également simples, mais bien plus grêles et plus courtes. La rame inférieure (1) est armée de soies simples et très-fines, et d’une soie composée jaunâtre, dont j’ai décrit et figuré le développement (2).

Le nombre des soies simples s’accroît dans les pieds antérieurs, surtout à la rame supérieure. Au second, elles sont déjà trèsnombreuses, très-fortes, et dépassent l’extrémité de la tête. Au premier pied, les mamelons pédieux sont remplacés par des espèces de plaques d’où sortent, en rayonnant, des soies encore plus nombreuses et plus longues, dont l’ensemble forme l’espèce de cage dont nous avons parlé. C’est sous cet abri qu’à la moindre alarme l’animal retire et cache tout son appareil céphalique.

(1) PI. 2, fig. 7.

(2) PI. 2, lig. 8, 9, 10 et 11.

A. ERRANTES PROPREMENT DITES

Les poils recouvrent le corps tout entier, à l’exception de la face ventrale. Ils sont formés par une tige très-gréle, qui se renfle brusquement à l’extrémité. Ce renflement est ordinairement presque piriforme aux poils voisins des pieds (1), et simplement arrondi sur le reste du corps (2). A l’intérieur, on distingue des cloisons cellulaires irrégulières, qui rappellent celles de l’âme d'une plume. Ces poils sont beaucoup plus longs autour des pieds, dont ils atteignent et dépassent parfois les grandes soies simples ou composées. Partout ils sont noyés dans une mucosité parfaitement transparente, semblable à celle que sécrètent la plupart des Annélides, mais peut-être plus résistante ici qu’ailleurs.

Le Chlorème de Dujardin vit en parasite sur les Oursins. A St-Vaast, j’en ai trouvé jusqu’à dix ou douze sur un seul de ces Echinodermes.

2, Chlorème sordide. C. sordidum (3).

Chlorœma sordidum, Quatrefages, loc. cit., p 283, pl. 9, fig. 10.

Caput oculalum (?). Antennæ brèves, graciles, infra incurvatæ. Cavea setosa, parvula, caput branchiasque abscondens. Corpus crassius, semi-byalinum, propter intestinum viridifuscum.

Hab. l’archipel de Bréhat. C. M.

Cette espèce se distingue de la précédente au premier coupd’œil. Elle est plus grande, car elle atteint une longueur de 30 millimètres. J’y ai compté 40 anneaux.

La tête est moins allongée que dans le Chl. de Dujardin; les antennes bien plus grêles et plus courtes; les branchies, de même forme, mais plus nombreuses ; la cage céphalique proportionnellement plus petite.

Le corps est demi-transparent, légèrement brunâtre, et de plus habituellement souillé de vase qui adhère à la mucosité dont il est enveloppé.

Les pieds portent, à la rame supérieure, un fort faisceau de soies simples mêlées de poils. La rame inférieure présente quel-

(1) Pl. 2, fig. 13.

(2) Pl. 2, fig. 12.

(3) Pl. 12, fig. 3-6. Voir le Mémoire sur la famille des Chlorèmiens déjà cité.

CHLORÈMIENS. 475

ques soies simples très-fines, et deux fortes soies composées, très-semblables à celles de l'espèce précédente (1).

Les poils ressemblent à ceux du Chlorèmc de Dujardin, mais ils sont plus forts, et par cela même leur structure est plus évidente. Le renflement terminal est généralement sphérique chez ceux du corps (2), et plus ou moins allongé chez ceux qui s’élèvent dans le voisinage des rames pédieuses (3). Ces derniers sont en outre inégaux entre eux, et plus longs que ceux du corps, qui sont tous à peu près de mêmes dimensions (4).

J'ai trouvé cette espèce lors d’une grande marée, sur les fucus, dans l’archipel de Bréhat.

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