Néréide a deux ligxes. N. bilineata
Nereis bilineata, Johnston, Ann. of nat.Hist., t. III, pl. 6, fig. 4. Nereis margaraticea, Quatrefages, Règn. An. ill., pl. 12, fig. 1.
Nereis cultrifera, Gribe, Act. Ech. und Wurm., p. 74, fig. 6, et Fam. der Ann., p. 49 et 126.
Caput basi latâ apice rotundato. Antennæ latérales triannulatæ, mediis longiores. Annulus buccalis maximus. Tentacula inæqualia supero maximo. Maxillæ quadricrenatæ ; denticula numerosa, varie glomerata. Corpus 160-170 annulis compositum. Pedes lingulâ superâ mediocri, trapezoidcâ, in medio cirrum mediocrem gerente. Cirrus inferus mediocris, subulatus.
Hab. les côtes occidentales de France. C. M.
Grube a eu raison de ne pas regarder cette espèce comme identique avec la iV. margaraticea, ainsi que je l’avais fait d’abord; mais il s’est trompé, je crois, en la rapprochant de sa N. cultrifera. Celle-ci présente, dit l’auteur, à la région antérieure
(1) Pl. 7, fig. 8, 9 et 10.
(2) Pl. 7, fig. 3-10.
de la trompe extroversée, G groupes de dcnticules en dessous et 2 en dessus. Or, au même endroit, l’espèce que j’ai observée ne possède que 3 de ces groupes en dessous et autant en dessus. Il est vrai que la distribution des denticules dans l'autre région de la trompe paraît être exactement semblable, mais j'ai bien des fois constaté que deux espèces, d’ailleurs bien distinctes, peuvent présenter une presque identité dans la disposition de ces denticules, et les différences que je viens d’indiquer sont trop profondes pour qu’on puisse les regarder comme purement individuelles ou n’indiquant qu’une variété.
De toutes les espèces auxquelles j’ai comparé celle dont il s’agit en ce moment, la plus voisine est, à coup sûr, la N. bilineata de Johnston. La forme des mâchoires est la même, mais, d’autre part, la distribution des denticules paraît être différente d’après le peu de détails donnés à ce sujet par Johnston, et quelques détails des pieds les distinguent encore l’une de l’autre. Après bien des hésitations , j’ai pourtant regardé ces deux espèces comme identiques; ma principale raison, peut-être, est que j’ai rencontré cette espèce depuis St. -Vaast jusqu’à Guettary et qu’il serait bien surprenant qu’elle n’habitât pas aussi les côtes d’Angleterre. Or, comme c’est une des espèces les plus communes, il me semble impossible qu'elle ait échappé à tous mes prédécesseurs. Quoi qu’il en soit, les ligures données dans le Règne animal, et que je reproduis ici en partie, ont été faites d’après un individu trouvé à Guettary et qui fait partie de la collection du Muséum.
Dans cette espèce, comme du reste dans presque toutes, la tête semble formée de deux parties ou régions. La région basilaire ou postérieure est presque carrée, plus large que longue, elle porte les yeux. La région antérieure, allongée et arrondie antérieurement, n'occupe que le tiers moyen de cette base. Elle porte à son extrémité les antennes internes, qui sont petites et subulées(l). Les antennes externes ou latérales sont, au contraire, très-grosses et s’insèrent à la fois sur les tiers latéraux de la portion basilaire et sur presque toute la hauteur de la région antérieure de la tête (2). Elles sont bien plus longues que la tête et dépassent les antennes internes. En outre, elles sont composées de deux articles, indépendamment de l’article ou appendice terminal ordinaire.
(1) PL 7, fig. 3.
(2) PI. 7, fig. 3.
NÉRÉIDIENS.
Lorsque la trompe n’est pas sortie, l’anneau buccal est presque trois fois aussi long que l’anneau qui suit. Quand la trompe est sortie, il se raccourcit tout en se dilatant, mais il reste encore sensiblement plus long que le premier anneau du corps (1). Les tentacules qu’il porte sont réunis en deux paires très-rapprochées, tout-à-fait sur le côté. Ils vont en décroissant du supérieur à l’inférieur. Celui-ci seul dépasse à peine la tête. Le supérieur a environ 3 fois la longueur de celle-ci (2).
Les mâchoires (3) qui arment la trompe sont fortement recourbées, à pointe assez aiguë et portent, vers le tiers médian, quatre à cinq crénelures largement obtuses. Les dcnticules placés à la région antérieure de la trompe extroversée (région moyenne) forment, en dessus, 3 petits groupes (4); trois autres groupes, mais composés de denticules plus nombreux et plus gros, se trouvent au côté inférieur de la même région (5). La région postérieure porte, en dessus et un peu sur les côtés, deux grands dcnticules lenticulaires oblongs (et nullement falciformes comme ceux de l’espèce de Grube) (6) ; en arrière, et sur la ligne médiane, trois autres denticules sont disposés en triangle. Au côté inférieur de la même région, on aperçoit deux demi-anneaux formés chacun de deux rangées de denticules assez gros (7). Tous ces denticules sont noirs.
Le corps, long de 15-19 centimètres, compte environ 120-170 anneaux. 11 est très-peu atténué en avant, l’anneau buccal étant fort large. En arrière, il se termine par deux cirrhes allongés.
Les pieds (8) présentent, on peut le dire, une sorte de type pour le groupe qui nous occupe. Tout s’y trouve et rien n’y est exagéré. La rame supérieure a ses deux languettes branchiales entre lesquelles est placé le mamelon sétigère d’où sort un seul faisceau de soies. La rame inférieure n’a qu’une seule languette branchiale, et le cirrhe inférieur, conique, effilé, se détache nettement. On ne remarque que des différences légères entre les pieds antérieurs et les pieds postérieurs. La fig. 5 représente un des premiers; la fig. 6 un des seconds.
(1) PI. 7, fig. 3 et 4.
(2) PI. 7, fig. 3 et 4 ccc.
(3) PI. 7, fig. 3, 4 et 7.
(4) PI. 7, fig. 3.
(5) PI. 7, fig. 4.
(6) PI. 7, fig. 3.
(7) PI. 7, fig. 4.
(8) PI. 7, fig. 5 et G.
A. ERRANTES PROPREMENT DITES
Les soies (1) aussi peuvent être considérées comme typiques pour le genre entier. Elles présentent ici trois formes, les deux premières (2) se rencontrent dans les deux rames, la troisième (3) ne se trouve qu’à la rame inférieure. Toutes sont composées. Dans les deux premières formes, la tête, en quelque sorte fourchue, supporte un appendice' allongé trcs-aigu, très-finement dentelé sur le tranchant; dans la troisième forme, la tête échancrée, prolongée en pointe, a un appendice court un peu recourbé, comme pectiné sur son tranchant. Les acicules, dont il existe un à chaque rame, sont robustes, aigus et d’un brun noirâtre.
La couleur de cette espèce est, pendant la vie, d’un vert foncé plus ou moins irisé en avant. Cette teinte, qui se prolonge surtout sur les côtés, passe, en arrière, à une teinte d’un rouge de chair qui règne seule sur les derniers anneaux. La double ligne blanche dont parle Johnston n’est pas constante, si tant est que la N. bilineata de cet auteur soit bien réellement celle que je viens de décrire.